07 mai 2020

D'où vient le Coronavirus ?

D'où vient le virus responsable de la maladie du Covid-19, le coronavirus SARS-CoV-2 selon sa dénomination officielle?

Avec une pandémie mondiale, plus de 3,5 millions de victimes infectées et 250'000 morts en ce mois de mai, et des dégâts économiques chiffrés en milliers de milliards de dollars, on pourrait penser que la question a quelque importance. Mais non. Les médias "d'investigation" sont étonnamment peu curieux.

C'est d'autant plus étrange que ces derniers jours ont donné lieu à des progrès fulgurants sur cet aspect du dossier. Mentionnons donc ici les quelques informations dont nous disposons et dont les médias de masse parleront peu, ou mal.

Il y a deux mois et demi, même le Global Times, la Pravda du régime communiste chinois, avouait que le virus ne provenait pas du marché exotique de Wuhan - ce qui n'a pas empêché les médias des pays dits "libres" de continuer à propager cette fable.

À la même date, le New York Post - un respectable quotidien américain publié depuis deux siècles - avait accusé le virus de provenir d'un laboratoire chinois.

Depuis, tous les regards des rares personnes que cela intéresse se tournent vers le fameux laboratoire P4 (pour Pathogènes de classe 4) de Wuhan, situé à moins d'un kilomètre du fameux marché exotique de la ville...

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Le laboratoire P4 de Wuhan (image Yahoo! News)

Pour un aperçu du site et de l'affaire en cours, BFMTV donne un résumé intéressant:

Selon le quotidien Washington Post, l'ambassade des États-Unis à Pékin, après plusieurs visites à l'institut, a alerté en 2018 les autorités américaines sur des mesures de sécurité apparemment insuffisantes dans un laboratoire qui étudiait les coronavirus issus de chauves-souris.

La chaîne américaine Fox News, citant "plusieurs sources" anonymes, a incriminé le laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4) du site, sans donner de preuves précises. Il s'agit d'une installation de très haute sécurité, qui héberge les souches les plus dangereuses des virus connus, comme Ebola.

Ce lieu ultrasensible a été réalisé avec la collaboration de la France, même si la coopération franco-chinoise a été un échec. Les laboratoires P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan devait collaborer. "On peut dire sans dévoiler un secret d'État que depuis 2016, il n'y a pas eu de réunion du comité franco-chinois sur les maladies infectieuses", a déclaré Alain Mérieux, qui était membre du comité de pilotage, à la cellule investigation de Radio France. 

Le laboratoire permet de mener des recherches de pointe. Ambition: réagir plus rapidement à l'apparition de maladies infectieuses. Bien que la presse américaine évoque à chaque fois le P4, les germes moins pathogènes comme les coronavirus sont en théorie plutôt étudiés dans les P3, un type de laboratoire dont dispose également l'institut.

D'un coût d'environ 40 millions d'euros, le laboratoire a été financé par la Chine. Les chercheurs y travaillent en confinement absolu. Il existe moins d'une trentaine de P4 dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis. L'Institut de virologie de Wuhan possède par ailleurs la plus grande collection de souches de virus en Asie, avec 1'500 spécimens différents, selon son site internet.

Interrogé, l'institut a refusé de répondre aux questions de l'AFP. Le chercheur français qui y travaille n'a pas voulu non plus s'exprimer, invoquant son "devoir de réserve". Nous ne sommes donc pas en mesure de confirmer formellement que des coronavirus ont bien été étudiés avant l'épidémie dans ces laboratoires.


On notera les tournures de styles venimeuses propres au journalisme à la française, parlant de mesures de sécurité "apparemment" insuffisantes - l'éventualité qu'un virus mortel s'échappe n'est peut-être pas un motif suffisant de remise en question? - ou la vilaine chaîne américaine Fox News "citant des sources anonymes" et "ne donnant pas de preuves précises", avec le gros sous-entendu que tout ceci n'est que pire calomnie... Pas le genre de choses auxquelles un journaliste français oserait s'abaisser! Il n'y a même pas le lien vers l'article incriminé, afin d'éviter qu'un Internaute curieux aille vérifier de lui-même. Le voici donc.

BFMTV passe comme chat sur braise sur le fait que le laboratoire de Wuhan a été financé par la Chine et construit par la France dans le cadre d'une collaboration internationale avec la bénédiction de l'OMS tenue par les Chinois. Son "accréditation niveau P4" est inaugurée en février 2017 par le Premier ministre français de l'époque Bernard Cazeneuve, accompagné de la ministre française des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, ainsi que d'Yves Lévy, président de l’INSERM, et accessoirement conjoint d'Agnès Buzyn, proche d'Emmanuel Macron et candidate LREM pour la Ville de Paris... La même qui expliquait dès janvier au Président la gravité de l'épidémie à venir, à une date où tout pouvait encore être sauvé! L'amère découverte de ce timing a fort logiquement donné naissance au hashtag #ilsSavaient.

La page Wikipédia française de l'Institut de virologie de Wuhan n'ayant pas encore été "rectifiée", elle contient encore de nombreuses informations intéressantes. Il n'est même pas certain d'ailleurs que l'attention portée au secteur P4 de l'Institut de Virologie de Wuhan soit appropriée. Le travail sur les Coronavirus a pu être mené en zone P3, moins sécurisée.

Mais revenons aux vilaines accusations parues dans les médias anglo-saxons.

Quinze pages accablantes

Les services de renseignement de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis collaborent dans le cadre du traité UKUSA et leur alliance est parfois appelée les "Cinq Yeux". Enquêtant sur la source de l'épidémie depuis qu'elle s'est révélée au monde, ils ont rassemblé leurs découvertes dans un document de quinze pages... Qui a forcément fuité dans la presse.

Le Daily Telegraph australien s'en fait l'écho. Si l'entier du document n'est pas encore disponible, il contient nombre d'éléments accablants. Comme une sorte de fil rouge dans le rapport, les auteurs soulignent que la négligence et les mensonges de la Chine ont entraîné la "mise en danger de pays tiers", alors que le Parti Communiste Chinois (PCC) faisait taire ou "disparaître" les médecins qui rompaient le silence:

Les médecins qui ont courageusement parlé du nouveau virus ont été arrêtés et condamnés. Leurs détentions ont été relayées par les médias de l'État chinois avec un appel de la police de Wuhan afin que "tous les citoyens ne fabriquent pas de rumeurs, ne répandent pas de rumeurs, ne croient pas aux rumeurs."

Un tweet du Global Times du 2 janvier déclare: "La police de Wuhan, en Chine centrale, a arrêté 8 personnes répandant des rumeurs sur une épidémie locale de #pneumonie non identifiable. Des articles en ligne précédents disaient que c'était le SRAS. Cela a eu pour effet de faire taire les autres médecins qui pourraient être enclins à s'exprimer."


De plus, des preuves ont été détruites, et la Chine a refusé de fournir des échantillons vivants à des scientifiques internationaux travaillant sur un vaccin.

Le document obtenu par [le quotidien] parle de "suppression et destruction de preuves" et pointe "des échantillons de virus commandés détruits dans les laboratoires de génomique, les cages pour faune animale passées à la javel, le refus de partager au public la séquence du génome, la fermeture du laboratoire de Shanghai pour" rectification", des articles universitaires soumis à un examen préalable par le Ministère des sciences et de la technologie, et les données sur les "porteurs silencieux" asymptomatiques gardées secrètes".


Le dossier pointe du doigt les mensonges continuels de la Chine à propos du virus, notant que les preuves de transmission d'humain à humain existent depuis le début décembre, mais que "les autorités nient cette éventualité jusqu'au 20 janvier", appuyée en cela par l'OMS prenant une posture identique. Pourtant, des officiels de Taïwan soupçonnent cette transmission dès le 31 décembre, et des experts de Hong-Kong le 4 janvier.

Le 23 janvier, alors qu'ils fuient la capitale régionale contaminée, la Chine piège des millions de personne dans la ville. Pendant tout le mois de février, Pékin lance une offensive diplomatique auprès des États-Unis, de l'Inde, de l'Australie, de ses voisins du Sud-Est asiatique et d'autres pays afin qu'ils renoncent à se protéger à travers des restrictions de voyage, alors même que la Chine impose les restrictions de déplacement les plus sévères entre ses propres régions. La Chine bloque ses ressortissants tout en faisant tout pour qu'ils puissent circuler librement à l'étranger. De décembre à février, pas moins de 500'000 Chinois se seront ainsi rendus aux États-Unis.

Un virus naturel ou artificiel?

Bien que le dossier divulgué ne tranche pas sur la question de l'origine naturelle ou artificielle du Covid-19, il mentionne une étude de l'Université de technologie de Chine méridionale datée du 6 février suggérant que "le coronavirus tueur est probablement né d'un laboratoire à Wuhan."

Si le document d'étude a finalement été retiré, officiellement parce que son auteur principal a déclaré être en manque de preuves directes, le savant Yanzhong Huang précise le 5 mars que "nul scientifique n'a confirmé ni réfuté les conclusions de l'article."

Le 16 mars, même le professeur Luc Montagner, prix Nobel déclara que le virus a été fabriqué par l'homme au labo de Wuhan dans l'espoir de trouver un vaccin au virus du SIDA, et qu'il en serait sorti à la suite d'un accident. Les médias tirèrent sur le messager. Mais il n'est pas le seul témoin...

Le consensus actuel - et la position officieuse de nombreux États - est que le virus n'a pas été conçu artificiellement, mais s'est échappé soit de l'Institut de virologie de Wuhan, soit du CDC chinois, qui est situé à moins d'un kilomètre du marché de Wuhan à partir duquel une grappe de premiers cas est apparue. Pour l'heure, on ne sait pas si l'épidémie a commencé par contact avec des animaux infectés ou si elle était le résultat d'un accident dans un laboratoire.

Toutefois, le dossier du renseignement met en évidence les recherches menées par les scientifiques Shi Zhengli et son protégé Peng Zhou, dont les travaux sur le coronavirus de chauve-souris, et qui modifiaient le coronavirus de chauve-souris pour tester sa transmissibilité à d'autres espèces...

Une étude réalisée en novembre 2015 par Zhengli et son équipe, en collaboration avec l'Université de Caroline du Nord, conclut que le coronavirus de type SRAS pouvait passer directement des chauves-souris aux humains, et qu'il n'y a actuellement aucun remède ni traitement.

Le dossier mentionne au sujet de cette étude: "Pour examiner le potentiel d’émergence (c'est-à-dire le potentiel d'infection des humains) des CoV de chauves-souris en circulation, nous avons construit un virus chimérique codant pour une nouvelle protéine de pointe du CoV zoonotique - à partir de la séquence RsSHCO14-CoV qui a été isolé des chauves-souris rhinolophes chinoises - dans le contexte de la charpente du SRAS-CoV adaptée à la souris."

"Ce virus est hautement pathogène et les traitements développés contre le virus du SRAS d'origine en 2002 et les médicaments ZMapp utilisés pour lutter contre le virus Ebola ne parviennent pas à neutraliser et à contrôler ce virus particulier", a déclaré le professeur Ralph Baric de l'Université de Caroline du Nord, co-auteur du document de 2015.

Quelques années plus tard, en mars 2019, le Dr Shi et son équipe, dont Peng Zhou, qui a travaillé en Australie pendant cinq ans, publient une étude intitulée Bat Coronaviruses in China dans la revue médicale Viruses, où ils écrivent qu'ils "visaient à prédire les points chauds des virus et leur potentiel de transmission inter-espèces", décrivant cela comme une "urgence à étudier les coronavirus de chauves-souris en Chine pour comprendre leur potentiel à provoquer une autre épidémie." Leur étude conclut: "Il est très probable que les futures épidémies de SRAS ou de MERS comme les coronavirus proviendront de chauves-souris, et il y a une probabilité accrue que cela se produise en Chine."


Tant Shi et Zhou passèrent trois ans au Laboratoire de Santé Animale d'Australie, géré par l'agence nationale scientifique CSIRO. Entre 2011 et 2014, Zhou organisa la capture et le transport de chauve-souris sauvages depuis la région du Queensland jusqu'au laboratoire en Victoria, où les animaux furent euthanasiés, disséqués et étudiés dans le but d'y dénicher des virus mortels.

Est-il à ce point impensable que des chercheurs manipulant des virus soient à l'origine du Coronavirus? Chacun croira ce qu'il veut ; mais à ce stade, même si elle est entièrement responsable de la pandémie, il paraît certain que la Chine ne plaidera pas coupable.

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Le Daily Telegraph australien rappelle enfin le cas de Huang Yan Ling, une chercheuse de l'Institut de Virologie de Wuhan dont on pense qu'elle serait le "patient zéro", ayant été la première diagnostiquée avec la maladie.

Puis vinrent les nouvelles de sa disparition, et la biographie et sa photo effacées du site web de l'Institut de Virologie de Wuhan.

Le 16 février, l'Institut nia qu'elle fut le patient zéro et qu'elle était vivante et en bonne santé, mais il n'y a plus eu la moindre nouvelle de son existence depuis, suscitant de nombreuses spéculations.


Le 9 novembre 2015, l'Institut de Virologie de Wuhan publiait une étude révélant la création artificielle d'un virus en laboratoire à partir du SARS-CoV. Était-ce un galop d'essai?