29 mai 2021

5 x Non le 13 juin: la loi COVID-19

De tous les objets soumis au vote le 13 juin, la Loi COVID-19 sera sans doute celle qui réunira le plus grand nombre de voix en sa faveur. Non seulement les sondages - s'ils sont authentiques - affirment que la population a plébiscité l'action du Conseil Fédéral pendant les événements sanitaires de 2020, mais en plus le texte est soutenu par l'ensemble de la classe politique.

Ce n'est en rien une raison pour l'approuver. En effet, la Loi COVID-19 représente une énorme avancée du pouvoir administratif et politique sur la population, à titre permanent.

Lorsque l'épidémie de Coronavirus a essaimé de Wuhan dans le monde entier, nous affrontions une maladie dont nous ne savions rien. Tous les pays avançaient à l'aveuglette, guidés seulement par les cris de panique orchestrés depuis la Chine pour ruiner ses ennemis en surchargeant leur service de santé. La partition a été parfaitement jouée ; l'Occident a détruit son économie en se préparant à l'Apocalypse, à coup de confinements et d'interdictions professionnelles, aidé par les complicités locales. Mais, comme à chaque fois, l'Apocalypse n'est pas venue.

Le Conseil Fédéral et la classe politique se sont arrogés des pouvoirs de catastrophe même en l'absence de catastrophe, et veulent les pérenniser. Les variants, l'existence de régions du monde où la vaccination est en retard, et l'ouverture des frontières permettant un afflux de voyageurs au statut sanitaire douteux (et qu'il n'est bien entendu pas question de tester à l'arrivée) seront des excuses merveilleuses pour ne jamais sortir de la crise.

Nous en avons la preuve à travers le portrait fait par l'OFSP, et résumé dans Le Matin, des dix mille morts du Covid-19 en Suisse. Le seuil a été franchi en avril de cette année, ce qui est tout de même modeste pour un fléau biblique. Le canton le plus touché en proportion a été le Tessin avec 249 morts pour 100'000 habitants (la mortalité naturelle est de plus de 1'000 morts par 100'000 habitants). L'âge médian des victimes est de 84 ans, supérieur à l'espérance de vie. 97% des victimes du Covid-19 souffraient d'une comorbidité, c'est-à-dire d'une maladie grave. Les plus fréquentes étaient une maladie cardio-vasculaire (62%), l’hypertension (61%) et les maladies rénales chroniques (28%).

Il ne s'agit pas de minimiser les drames personnels vécus par beaucoup de familles, les hospitalisations et la gravité de symptômes parfois très pénibles. Lorsqu'il se déclenche de façon sévère, le Covid-19 n'a rien d'anodin. Cependant, à l'échelle d'une population, nous sommes très loin des 3 à 5% de de mortalité de la grippe espagnole.

Cela n'a pas empêché le Conseil Fédéral d'emprunter la voie d'urgence, même lorsque l'Apocalypse sanitaire s'est fait attendre. Nous avons eu droit aux pieux mensonges sur l'inefficacité des masques jusqu'à ce qu'ils deviennent soudain obligatoires ; le CF a détruit délibérément des pans entiers de l'économie comme l'hôtellerie, la restauration ou la culture ; des subventions ont été accordé à des entreprises sur une base sélective, comme la presse. Mais à côté, certaines dispositions basiques pour endiguer la pandémie, comme la simple prise de température des passagers arrivant d'un avion, n'ont jamais voulu être considérées.

Il ne s'agit pas de dire que le Conseil Fédéral a eu tout faux, même s'il n'est de loin pas exempt de critiques. Mais bon nombre de ses décisions prises en urgence n'avaient aucun rapport avec la santé, ou même une situation d'urgence. L'Administration traîne des pieds pour le retour à la normale. Aujourd'hui, même si des millions d'habitants du pays sont désormais vaccinés ou guéris de la maladie, les règles absurdes de "distanciation sociale" ou de port du masque sont toujours en vigueur.

Le 13 juin, il ne s'agit pas de juger si ce qui a été fait jusqu'ici était bon, ou même accompli au nom d'objectifs sincères. Même si le Non l'emporte, les aides financières engagées jusqu'ici seront maintenues jusqu’au 25 septembre 2021, et plus loin encore si les parlementaires le décident. La voie politique normale existe toujours.

Le 13 juin, il s'agit de décider si le Conseil Fédéral a le droit, "au nom de l'urgence", de permettre de discriminer l'accès aux lieux publics selon la vaccination. D'autoriser le traçage informatisé des contacts et des déplacements de chacun. De suspendre les droits populaires, comme ils l'ont été en 2020 et malgré le vote par correspondance, au nom de la situation sanitaire. De déclarer qui peut se déplacer où et comment, et accepter ou refuser de tels déplacements. De limiter le nombre d'individus qui peuvent se réunir entre eux, même dans un lieu privé. De décréter arbitrairement quelles entreprises, comme des stations de ski, des cinémas, des compagnies aériennes, des hôtels ou des restaurants, peuvent travailler et accueillir des clients et sous quelles conditions - toujours au nom d'une prétendue "science".

Pour cette raison, il me paraît important de ne pas normaliser la situation que nous vivons. Nous avons dépassé depuis longtemps le stade de la santé publique pour passer subrepticement à autre chose. Et c'est pour cela que je vous invite à voter Non sur ce sujet le 13 juin.

23 mai 2021

5 x Non le 13 juin: les initiatives agricoles

Peu avant l'été, le peuple suisse sera invité à se prononcer sur pas moins de cinq objets en votation fédérale:

  • Initiative populaire Pour une eau potable propre et une alimentation saine
  • Initiative populaire Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse
  • Référendum contre la Loi COVID-19
  • Référendum contre la Loi sur le CO2
  • Référendum contre la Loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme (MPT)

Le volume de la demande démocratique montre que dans le domaine politique aussi, la calamiteuse époque du confinement est en train de refluer. Il était temps. Comme le titre de ce billet l'indique, je m'apprête à voter Non cinq fois, et j'espère que nous serons nombreux à agir ainsi. Aujourd'hui, jetons un œil aux deux initiatives au menu.

Pour une eau potable propre et une alimentation saine remporte facilement la palme du plus bel intitulé marketing. Qui serait assez benêt pour refuser une eau potable propre et une alimentation saine? Faut-il réfléchir davantage? Les initiants espèrent bien que non, nous verrons ce qu'il en est le 13 juin...

Le texte soumis au vote demande à ce que la Confédération "contribue substantiellement à la sécurité de l'approvisionnement en denrées alimentaires saines et en eau potable propre". Cet article vient remplacer l'actuel qui mentionne "la sécurité de l’approvisionnement de la population" de façon plus générale. On introduit donc la notion d'eau potable propre, par opposition à l'eau potable impropre, un oxymore dont on se demande bien à quoi il ressemble. Quant aux denrées alimentaires "saines", elles viendront remplacer les poisons que chacun trouve au rayons fruits et légume frais des commerces du pays...

L'astuce de l'initiative est d'utiliser comme levier la formidable implication de l'administration (et donc des contribuables) dans la production agricole helvétique. Les subventions à l'agriculture seraient donc subordonnées à un ensemble de nouvelles exigences comme "la préservation de la biodiversité", "une production sans pesticide" et "des animaux pouvant être nourris avec le fourrage produit dans l'exploitation", entre autres.

En réalité, il s'agit d'échanger une production quantitative (selon l'article sur la sécurité de l’approvisionnement alimentaire approuvé en 1996 par 78% des voix) pour une production qualitative, prenant le postulat que toute agriculture industrielle est foncièrement mauvaise. Beaucoup de gens pensent ainsi, illustrant de façon criante à quel point les innombrables règlements pour une production indigène helvétique digne et respectueuse des sols et des animaux n'auront servi à rien. Les agriculteurs sont vent debout contre un texte visiblement rédigé en milieu urbain et qui ne tient pas compte, c'est un euphémisme, de la réalité du métier.

Cette initiative idéalise une agriculture figée quelque part au milieu du XIXe siècle et essaye de l'appliquer telle quelle aujourd'hui. Cette agriculture idéalisée n'assurerait jamais les besoins de la population actuelle.

En guise de "protection de l'eau et des sols", l'abandon de toute forme de production agricole de masse aurait le triple effet de diminuer drastiquement la production indigène, d'augmenter les importations de pays plus souples sur leurs normes de production, et au final de renchérir de façon considérables les prix déjà considérables de la nourriture en Suisse.

La Suisse produirait moins de denrées, importerait le reste de pays se livrant à l'agriculture de masse avec moins de contraintes que nous, et le consommateur paierait plus cher. Ce n'est plus un autogoal, c'est le coup du chapeau!

Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse a le mérite de dire plus clairement les choses - avec cette fois-ci le raccourci simpliste "produit chimique = poison".

Si le texte a l'avantage d'être moins tourmenté que l'initiative précédente, elle lance à la Suisse un certain nombre de défis, dans tous les domaines. Pour comprendre, prenons quelques minutes pour lire la définition d'un pesticide dans Wikipédia...

Un pesticide est une substance utilisée pour lutter contre des organismes considérés comme nuisibles. C'est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides et les parasiticides conçus pour avoir une action biocide. Les pesticides s'attaquent respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux « adventices » et aux vers parasites.

Le terme pesticide comprend non seulement les « produits phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » utilisés en agriculture, sylviculture et horticulture mais aussi les produits zoosanitaires, les produits de traitements conservateurs des bois, et de nombreux pesticides à usage domestique : shampoing antipoux, boules antimites, poudres anti-fourmis, bombes insecticides contre les mouches, mites ou moustiques, colliers antipuces, diffuseurs intérieurs, etc.

Dans une acception plus large, comme celle de la règlementation européenne ; ce sont des produits chimiques « fabriqués ou naturels ne contenant pas d'organisme vivant » :


Si on peut espérer que les anti-poux soient encore tolérés, les paragraphes ci-dessus donnent un bon aperçu de toute la faune parasitique qui se retrouvera libérée de toute contrainte avec ce genre d'interdiction. Ce n'est pas une vue de l'esprit: l'initiative est si contraignante que Migros et Coop craignent à juste titre que les stocks de farine soient abandonnés aux rongeurs...

Les rares producteurs suisses qui souhaiteraient encore se tourner vers l'exportation se verraient interdire de vendre leur produit sur les marchés étrangers pour non-respect des conditions d'hygiène. Mais cela ne serait pas très grave. Toutes les importations étrangères impliquant l'utilisation de pesticides de synthèse dans leur élaboration étant tout autant interdite, elles seraient aussi exclues d'office.

Les agriculteurs ne devraient pas être contre ce texte. Les survivants de la profession vendront très cher leurs produits, comme à chaque fois qu'une pénurie survient. La production indigène - qui ne couvre que 60% des besoins aujourd'hui, avec des pesticides de synthèse! - étant la seule qui subsistera, les consommateurs devront se battre comme des chiffonniers pour avoir de quoi manger...

Lorsque les fragiles équilibres de la réalité sont fracassés par l'utopie, les résultats sont toujours riches d'enseignements.