31 octobre 2021

Infréquentable

Donald Moos, Président fraîchement élu de l'UDCVr (UDC section Valais Romand) n'est pas un type bien. Ni même un type fréquentable. Dixit Le Nouvelliste. Dixit 24Heures.

Qu'a-t-il donc fait? Il a commis le plus impardonnable des péchés - le délit d'opinion.

Évoquons donc rapidement les trois principaux griefs reprochés à M. Moos, pour reprendre le palmarès établi par Le Matin.

L'élection américaine truquée

Ayant modestement couvert le sujet, je ne suis guère surpris que la spectaculaire fraude électorale ayant eu lieu lors des élections présidentielles américaines de 2020 ne fasse l'objet d'aucune couverture de ce côté de l'Atlantique. Trump étant la réincarnation d'Hitler - mais un Hitler qui ne déclencha aucune guerre et amena une prospérité jamais atteinte chez les minorités raciales américaines, allez comprendre - tout ce qui était contre lui était d'office validé, fut-ce une fraude massive, systématique, organisée et prouvée - mais jamais examinée par les tribunaux pour l'instant.


La liste des états dont des comtés clés stoppèrent simultanément le décompte des voix lors de l'élection présidentielle américaine de 2020, pendant plusieurs jours, sans avancer la moindre raison - et sans qu'aucune explication n'ait été livrée à ce jour.

Pour la route, il y a toujours cette base de données des fraudes, des fois qu'un journaliste romand passe dans les parages.

Convergences malsaines

Pudique, Le Matin évoque "une convergence malsaine d’intérêts particuliers [qui] dirige la société". Ah! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises, dit Philinte à Alceste dans Le Misanthrope.

Parle-t-on de la pédophilie des élites? De Jeffrey Epstein et de son non-assassinat?

À moins qu'il ne s'agisse du Great Reset, le complot le moins secret du monde? Faut-il rappeler qu'il y a un lien là-dessus jusque dans le site du Forum de Davos? Et que Klaus Schwab écrit directement des livres à ce sujet, en reliant explicitement le Great Reset et la pandémie de Covid-19?


Le Great Reset pour les nuls: vous allez adorer être dépossédé de tout.

Franchement, messieurs les journalistes, faites un effort!

Le Covid-19 est d’origine humaine

Je pose la question: en cette année 2021 finissante, y a-t-il encore des gens qui croient à la version officielle d'un virus mutant sautant de la chauve-souris au pangolin à l'homme quelque part dans un marché de Wuhan, à deux pas du Laboratoire P4 de Wuhan de Recherche sur les Coronavirus? Cette théorie pas-du-tout-raciste du "Les-Chinois-bouffent-n'importe-quoi-même-des-animaux-malades"?

Si ces romands existent et parviennent toujours à s'arc-bouter sur la version officielle, il faudrait leur décerner en grandes pompes la médaille d'or de la crédulité journalistique. C'est une médaille en chocolat, évidemment.

Encore une fois, le sujet a été traité entre ces murs. Il y a un an et demi. Et comme d'habitude, la version officielle change elle aussi. Mais comme d'habitude nos journalistes romands pétris de certitudes hautaines se ridiculisent, avec leur train de retard...

Et donc...

Comme on le voit, il y a quelques éléments qui peuvent laisser penser que les thèses proposées par M. Moos ne sont pas complètement absurdes, quoi qu'en pensent les grands pontes de la presse romande. Mais encore faut-il creuser, douter, faire preuve d'un minimum d'opiniâtreté et de recherches journalistiques. Or, la presse romande est la moins curieuse du monde. À sa décharge, elle s'est trouvé le lectorat qu'elle mérite.

J'estime avoir fait ma part pour donner une opinion différente de la doxa officielle sur un certain nombre de sujets. Mais soyons réalistes: les opinions à contre-courant de Donald Moos, tout le monde s'en balance. Le principal défaut de l'intéressé est de s'être fait élire. Devenir Président d'une section cantonale de l'UDC, comme toute autre tête qui dépasse dans ce parti, c'est être la cible d'un permis de tuer. Il faut flinguer le nouveau venu avant qu'il n'ait l'occasion d'évoquer le moindre projet politique. Il faut le vêtir d'un costume ridicule taillé sur pièce avant même qu'il n'entre en scène. Comme ça, le pauvre bougre viendrait-il avec la meilleure idée du monde, l'hilarité générale surviendra dès qu'on le verra, avant même qu'il n'ait ouvert la bouche.

La partie est déjà gagnée.

Pour donner plus de poids à leur sentence, les rédactions se contentent de laisser la meute des commentateurs se charger de la curée. 20 contributions des lecteurs sur Le Nouvelliste, 133 sur 24Heures aux dernières nouvelles, il est rare de voir le lectorat s'épancher ainsi. Mais il y a été encouragé.

Les propos sont négatifs à 90%, évidemment, mais c'est là leur moindre mal. Si vous voulez des exemples de commentaires haineux, bien dans le style de ce dont les mêmes journalistes s'offusquent lorsqu'ils sont écrits par des adolescents boutonneux s'en prenant à des camarades de classe, les exemples abondent. On n'attaque pas le message, encore moins l'opinion. On attaque le messager. Et son parti. Et les sympathisants de son parti. Et tous les gens qui auraient l'audace de remettre en doute la moindre Vérité officielle™.

C'est un peu l'inverse de l'islam et de l'islamisme en cas d'attentat. Lorsque l'UDC est concernée, l'amalgame est plus que conseillé, il est encouragé. Dans certains cas, l'amalgame est un devoir!

Dans la savane, les hyènes rient entre elles. Mais ce sont des créatures infectes qui se nourrissent de cadavres. Tout parallèle avec certains journalistes de Suisse romande ou une partie de leur lectorat ne saurait être que fortuit.

En attendant, comme disait un cynique, la différence entre les théories du complot et la vérité finalement admise, c'est "entre six mois et un an." Raison de plus pour archiver toutes ces belles réactions des lecteurs.


Image d'illustration.

21 octobre 2021

Du désastre énergétique à venir

L'hiver vient, et il sera rude.

L'Europe risque de faire face à une crise de l'énergie au plus fort de la saison froide. Et la Suisse aussi.

La faute à l'UDC!

Pour un aperçu assez convenu des mensonges qui nous seront servis alors, il suffit de se tourner vers Le Matin ou l'Agefi qui reprennent une dépêche de l'ATS. En ce mois d'octobre, on prépare déjà l'opinion publique à ce qui va arriver: "Seule, la Suisse risque une mégapanne d’électricité", nous dit-on. Puis vient pour Le Matin la désignation des coupables: "L’échec de l’accord avec l’UE force le pays à trouver de nouvelles solutions énergétiques. EconomieSuisse veut rouvrir le débat sur le nucléaire."

C'est la faute de l'UDC, vous dis-je! Les méchants! Les vilains!

À cause d'un parti politique refusant la supériorité des juges étrangers sur la démocratie directe helvétique, nous serons privés de courant cet hiver. Que ce soit dit.

Aucune démonstration n'est faite de la relation entre l'accord-cadre institutionnel avec l'UE - qui n'a jamais dépassé le stade des discussions - et l'impossibilité d'acheter de l'énergie en Europe, qui relève du simple commerce et se pratique quotidiennement. Et c'est heureux, car si telle démonstration existait, elle prouverait une relation dominant-dominé humiliante pour la Suisse (certains dans la classe politique helvétique se délecteraient d'une telle perspective).

Non, les difficultés qui nous attendent à la mauvaise saison n'ont rien à voir avec la diplomatie internationale. Elles sont juste les conséquences de choix politiques hasardeux propres à chaque pays.

Plein gaz

Mais ce n'est pas grave. Powerloop, un lobby énergétique avec ses entrées au Parlement, propose de "construire de façon échelonnée environ 2'000 petites centrales à gaz réparties sur une grande partie du territoire national."

2'000 centrales, une paille. Mais attention, de "petites" centrales. Des chose discrètes qu'on remarquera à peine. L'installation de ces 2'000 centrales réparties sur une grande partie du territoire national ne devrait pas requérir de gros travaux, ni pour les ériger, ni pour les alimenter en gaz, on vous dit.

Notre astucieux Roger Nordmann (PS) qualifie la proposition de "prometteuse", nous explique Le Matin. C'est dire si c'est génial. Si Roger Nordmann valide, il faudrait être complètement fou, ou UDC à la limite, pour avoir l'audace de s'y opposer. D'autant plus que la facture sera, on nous explique, raisonnable: elles coûteraient au total 3,4 milliards de francs. Milliards de francs qu'on propose de collecter à travers une modeste "surtaxe" sur les factures d'électricité. Mais tout cela reste "peu en comparaison des coûts d’une panne de courant, estimée entre 3 et 4 milliards par jour, selon le Conseil fédéral".

Le Matin ne rappellera pas que le coût de gestion des déchets de toutes les centrales nucléaires de suisse revient à 1,6 milliards par an, soit moins de la moitié, et qu'avec le nucléaire, il n'y a pas de panne de courant du tout.

Mais pourquoi parler de pannes de courant, au fait?

Une crise artificielle

Car la panne est au centre des discussions. Berne panique tout d'un coup et prépare le terrain pour les pannes d'électricité à venir. Et elles viendront, probablement dès cet hiver. On a beau lorgner sur 2050 dans les discours, les yeux fixés sur l'horizon, l'hiver 2021-2022 sera déjà difficile. Les suivants n'arrangeront rien.

Ayant la chance d'avoir pu discuter avec un professionnel du marché de l'énergie, j'ai obtenu des informations de première main sur la situation énergétique en Europe, les défis qui nous attendent, et la crise énergétique qui nous frappera dès cet hiver. Et les responsabilités n'ont rien à voir avec l'échec de l'accord-cadre avec l'UE, comme on pouvait s'y attendre.

La cause fondamentale tient en deux mots: la transition énergétique.

Lorsque les pays d'Europe de l'Ouest, Allemagne en tête, ont joyeusement décidé que l'avenir devait être neutre en CO2 et non nucléaire, il a fallu se tourner vers les énergies renouvelables. Ces énergies ne sont pas fiables. L'ensoleillement et le souffle du vent dépendent de la météo. Dans les deux cas, la Suisse, avec peu de vent et un faible ensoleillement, ne tire pas son épingle du jeu.

La production énergétique exige une certaine régularité: vous n'aimeriez pas que votre train s'arrête d'un coup en rase campagne, faute de vent pour les éoliennes qui, ailleurs, génèrent le courant qui alimente sa locomotive. Toute installation d'éoliennes, toute ferme de panneaux solaires s'associe donc à une centrale à gaz qui supplée à l'énergie "renouvelable" lorsque les conditions météorologiques ne sont pas au rendez-vous. C'est le secret honteux de la transition énergétique. En Suisse, il y a déjà 950 installations de ce type.

Hormis l'hypocrisie de cette énergie "renouvelable" qui fonctionne peu ou prou au gaz en réalité, le gaz était une solution d'appoint flexible et bon marché il y a quelques années. Avec la multiplication des sources d'énergie "renouvelables" appuyées par des milliers de centrales à gaz ou au charbon à l'échelle de l'Europe, ce n'est plus le cas.

De plus, l'hiver 2020 a été particulièrement long et froid, vidant les réserves du continent européen (Russie incluse). La Russie, un pays du tiers-monde aux équipements dépassés, qui ne peut augmenter sa production d'un claquement de doigt même si elle le voulait - et qui donne de toute façon priorité au chauffage de sa propre population avant d'exporter.

Toutes les conditions sont donc réunies pour une explosion du prix du gaz, et elle a lieu. Depuis le début de l'année, son prix a été multiplié par six. (Il y a deux semaines, dans cet article, il n'était encore multiplié que par cinq). Et nous sommes encore en automne!


L'évolution du prix du gaz d'août à octobre 2020

Les 2'000 "petites centrales à gaz" proposées par Powerloop vont avoir du mal à tourner, et, si elles y parviennent, je n'ose penser à la facture de gaz. Envoyez-la à Roger Nordmann...

Berne se prépare à des pannes d’électricité dramatiques

La transition énergétique, malgré le marketing médiatique de l'énergie "renouvelable", fait lourdement reposer la production d'électricité sur le gaz. Le changement de paradigme, à marche forcée pour contenir les objectifs "climatiques", s'applique à l'échelle du continent européen. Or, les réserves de gaz sont au plus bas et la production ne suit pas.

La loi de l'offre et de la demande risque de rendre l'électricité hors de prix pour beaucoup de monde. Mais nous pourrions aller encore plus loin, une situation où quel que soit le prix il n'y a plus de gaz disponible - c'est-à-dire une pénurie.


Lors des coupures d'électricité au Texas l'hiver dernier, les habitants grelottaient pendant
que les parkings vides du centre-ville restaient éclairés... Tout est question de priorité!

Lorsque ce moment arrivera, les pays victimes subiront des coupures d'électricité. On dira alors que c'est la faute du méchant Poutine qui refuse son gaz russe aux Européens dans le besoin, ou en Suisse la faute de l'échec de l'accord-cadre avec l'Union Européenne (bien qu'à ce stade plus grand-monde n'aura de courant à revendre à qui que ce soit).

L'important, pour les médias et la classe politique aux commandes, sera de préserver dans le grand public l'illusion que les éoliennes, les panneaux solaires et les centrales nucléaires sont tous équivalents. La pénurie quant à elle en incombera au capitalisme, évidemment.

Les choix ont des conséquences, et cela vaut tant pour les délires à l'horizon 2050 que pour le reste. Si une vague de froid frappe l'Europe cet hiver, il y aura de graves problèmes d'électricité et de chauffage. Des gens mourront, sacrifiés sur l'autel de l'énergie renouvelable.

À l'aune des expériences vécues, entre la priorité entre la sécurité de l'approvisionnement, les objectifs climatiques, et la haine irrationnelle des écologistes à l'égard du nucléaire, les électeurs seront amenés à redéfinir leurs priorités. Malgré les coupures et les factures de chauffage et d'électricité hallucinantes, il est possible que la crise ne suffise pas à réveiller les consciences. Il est aussi possible que cela relance le débat de la production énergétique et de la place du nucléaire dans celle-ci.

Le pire n'est pas toujours certain, comme on dit.