09 mars 2011

La fuite en avant

Un flux continu de nouvelles vont dans le même sens: toujours moins de liberté, toujours plus d'interdictions, de limites, de restrictions, le tout habillé d'une guimauve sucrée et collante de bons sentiments. De quoi avoir franchement la nausée.

Grand écart. "J'aime la voiture, pourvu qu'elle soit verte", a dit la Présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey lors de sa visite en territoire ennemi, au Salon de l'Automobile de Genève. Elle a annoncé la couleur - et ainsi officialisé le divorce entre la population et la classe politique, résumée dans le titre d'un article de 24Heures, les Suisses se ruent sur les 4x4, les élus les pénalisent, dont je conseille vivement la lecture.

Range-Rover-Evoque-Geneva-front.jpgEh oui, les 4x4 sont populaires. Et en plus ils peuvent être tout à fait propres! Les constructeurs ont fait de gros efforts. Comme l'écrit le journaliste:

Land Rover remporte la palme du 4x4 pollueur… et celle du plus écolo! Son modèle Range Rover Sport à essence rejette 348 grammes de CO2 (l’Union européenne ambitionne de ne plus dépasser les 130 g dès 2015), par contre sa Range Rover Evoque, un diesel, se situe parmi les meilleurs élèves: elle rejette moins de 130 g. Enfin, le prototype Range e, un hybride diesel rechargeable, émettrait moins de 90 g.

 

On s'éloigne à grand pas de l'initiative anti-4x4 des écologistes, visant à interdire les véhicules qui émettent plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre. Il suffirait en définitive d'attendre (et de laisser le peuple rejeter l'initiative) pour que, sans rien faire, la pollution diminue nettement. Mais c'est tout le contraire qui arrive! Les élus suisses suivent tellement la ligne écologiste que ceux-ci n'ont plus guère de raisons de maintenir leur projet:

Le parlement a privilégié l’instauration d’une moyenne d’émission de 130 g par importateur. Si cette valeur limite est dépassée, une amende est prévue. En clair, les voitures polluantes pourraient toujours rouler en Suisse. Mais leur prix d’achat ne manquera pas d’augmenter de manière sensible, puisqu’il y a fort à parier que les importateurs répercuteront les amendes sur le prix des 4x4.

 

Faut-il être naïf pour croire que c'est l'importateur, et non le consommateur, qui payera la moindre amende! Même le journaliste a compris l'arnaque. Voilà où nous arrivons au bout du compte: le consommateur aura le choix entre une voiture haut de gamme hybride ou autre, peu polluante et très chère, ou une voiture classique mais surtaxée par des amendes, donc chère elle aussi. Résultat: voiture plus chère pour tout le monde. Donc, un renouvellement plus lent du parc automobile. Donc, des Suisses conservant plus longtemps leur vieilles guimbardes. Donc plus de véhicules anciens sur les routes. Donc plus de pollution.

Encore une belle victoire de l'étatisme!

En attendant la zone 30 sur autoroute? Pauvres Espagnols! Ecrasés par un gouvernement socialiste jamais à court d'arguments fallacieux, les automobilistes de la péninsule ibérique subiront désormais une limite à 110 km/h sur autoroute, une information également reprise au journal de la TSR. Mais le scandale vient surtout de la tentative de justification: la mesure serait décidée par le gouvernement pour limiter la consommation de carburant face à l'envolée des prix du pétrole, découlant de la crise en Libye!

Aberrant!

Les gens payent de leur poche chaque goutte d'essence qu'ils consomment. L'offre et la demande suffisent à réguler la consommation. Si les Espagnols estiment que de rouler vite leur coûte trop cher, ils lèveront le pied d'eux-mêmes sans que personne n'ait à les forcer à quoi que ce soit.

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Les premières limitations de vitesse en France dans les années 70 ont été instaurées au prétexte du prix du pétrole. Dans les années 80, les chocs pétroliers étant passée, on les a maintenues au nom de la sécurité routière (et qu'importe que les accidents mortels aient lieu en ville!). Les années 90 ont vu l'arrivée de l'écologisme triomphant et les limitations de vitesse justifiées par la pollution. En 2011, en Espagne, on en revient au prix du pétrole: la boucle est bouclée. Qu'importe la raison pourvu qu'on ait la limitation de vitesse!

Du point de vue purement financier, c'est carrément contre-productif. Si l'économie était vraiment l'équivalent de 28,6 millions de barils de pétrole par an, comme le prétend le ministère de l'Industrie, il faudrait aussi mettre en rapport la baisse des rentrées fiscale conséquente à une moindre consommation d'essence, car c'est aussi ça de moins en taxes sur l'essence, ce qui me fait douter de la sincérité du discours... D'autant plus qu'on sait incidemment que 117 radars gérés par l'Etat espagnol ont été "actualisés" avec la nouvelle limite de vitesse.

Quelque chose me dit que c'est par ce biais que le gouvernement de M. Zapatero va vraiment profiter de rentrées d'argent frais!

Pour un climat étouffant. Cette fois-ci, encore en "réponse" à une initiative des écologistes qui boivent décidément du petit lait, la Chambre Haute du Parlement helvétique a choisi de s'attaquer aux émissions de CO2. Objectifs "ambitieux": une réduction de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990. L'initiative prévoyait 30%, on voit la grande résistance de nos autorités face à ce projet funeste! Evidemment, avec de telles complicités le peuple pourrait ne même pas avoir son mot à dire.

Alors, pour atteindre ce chiffre, je vous le donne en mille, on va taxer à mort. Original, non? 28 centimes de taxes de plus par litre d'essence. 36 francs par tonne de CO2 pour le mazout de chauffage, que le gouvernement pourra augmenter jusqu'à 120 francs si les objectifs intermédiaires ne sont pas atteints (on parie qu'ils ne le seront pas?)

C'est du pur délire.

Au vote d'ensemble, la révision de la loi a passé la rampe par 28 voix pour, 6 voix contre et 5 abstentions.

Voilà la triste situation au Conseil des Etats - et ce n'est guère mieux au National. 71% des Sénateurs prêts à démolir la prospérité suisse en sacrifice aux dieux absurdes d'un réchauffement climatique inventé. Peu importe que le protocole de Kyoto soit mort et enterré, que le CO2 ne soit ni un polluant ni un gaz avec un quelconque effet mesurable sur un prétendu réchauffement, ni qu'il soit totalement absurde de chercher à réduire une éventuelle pollution en Suisse, alors que le pays est déjà un modèle étouffant de protection de l'environnement. Non, le Conseil des Etats veut réduire de 20% les émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 1990, et ce uniquement en Suisse voyez-vous: là où c'est le plus difficile, le plus inefficace et le plus cher.

Il faut boire le calice jusqu'à la lie, livrer jusqu'au dernier homme un combat d'arrière-garde contre des chimères.

La Suisse se distingue une fois de plus par son empressement à avancer le long de la Route de la Servitude. C'est comme si les politiciens, sentant vaguement l'heure de leur non-réélection arriver, s'empressaient de commettre le plus de dégâts possible à la société avant que les électeurs ne se rappellent à leur bon souvenir. Vivement qu'ils s'en aillent! J'en viens à envier la Belgique, à l'abri de telles décisions grâce à la crise qui paralysie sa classe politique alors que sa croissance est au beau fixe. S'il fallait une démonstration que la société civile se porte très bien sans politiciens, la voilà!

La Suisse n'a nullement besoin d'une catastrophe naturelle pour se ruiner: l'oreille bienveillante des parlementaires aux thèses millénaristes des écologistes suffit largement.

05 mars 2011

Les Migrants votent UDC!

J'ai eu hier le privilège d'animer une conférence de presse sur un thème hautement symbolique alors que le gouvernement s'apprête à brader la nationalité: l'engagement des étrangers au sein de l'UDC. Dans une salle réservée pour l'occasion en gare de Lausanne, sous le thème "Les Migrants Votent UDC", Yorick Cazal, Monika Deillon et moi-même avons tenu à tordre le cou à quelques idées reçues sur les relations entre les étrangers et l'UDC.

Les thèmes abordés:

  1. Les raisons de l'engagement des migrants et des naturalisés au sein de l'UDC.
  2. Le refus des migrants de voir la Suisse adhérer à l'Union Européenne.
  3. La nécessité de renvoyer les étrangers criminels et d'avoir une frontière sûre.
  4. Pour une politique migratoire stricte cessant de mélanger immigration économique et asile.

J'étais notamment en charge du premier point; voici donc l'argumentaire que j'ai livré à aux journalistes présents sur place.


La presse nous donne régulièrement un aperçu de la façon dont certains politiciens mettent en avant leurs origines étrangères pour séduire l'électeur non-suisse aux élections communales. Un article récent faisait ainsi un petit tour d'horizon de ces pratiques à Genève. Rien que dans le canton du bout du lac, les exemples ne manquent pas:

  • Sami Kanaan (PS) rappelle ses origines libanaises à ses compatriotes;
  • Sandrine Salermo (PS) utilise ses racines italiennes;
  • Michel Chevrolet (PDC) met en avant son ascendance argentine et fait des discours électoraux en 6 langues;
  • Carlos Medeiros (MCG) insiste sur sa nationalité portugaise;
  • Rémy Pagani (Ensemble à Gauche) fait valoir ses séjours en ex-Yougloslavie, en République Démocratique du Congo et en Turquie pour séduire les communautés étrangères correspondantes...

Rien qui sorte de l'ordinaire là-dedans. Des cas similaires pourraient être retrouvés dans la plupart des grandes communes de Suisse romande. Mais vous n'entendrez jamais pareil discours tenu par un candidat de l'UDC d'origine étrangère - et il y en a: 17% des candidats de l'UDC pour ces élections 2011!

migrants_final.jpgPourquoi ces nuances dans le discours? Pourquoi, une fois de plus, cette différence étonnante entre l'UDC et les autres partis?

L'origine étrangère d'un candidat est un élément indéniable de son identité. Il ne s'agit pas de la nier ou de la cacher. Il y a pourtant un monde entre la mention d'une origine étrangère à titre informatif et son utilisation comme argument de campagne. Cela nous ramène à la vision qu'ont les uns et les autres de la place de l'électeur étranger dans la société.

Séduire l'électeur sur la base d'une affinité nationale plutôt que sur un programme politique revient à cultiver un communautarisme démocratique. C'est une perversion dangereuse des droits démocratiques, pour cinq raisons.

1. Elle nie la diversité des opinions individuelles. On aurait ainsi un "vote kosovar" ou un "vote portugais" d'après les papiers de chacun et non de ce qu'il pense, une négation flagrante du libre-arbitre.

2. Elle mine l'assimilation en mettant en exergue l'appartenance envers son pays d'origine; avoir à cœur les intérêts de son pays d'accueil est dès lors présenté comme un reniement de ses racines.

3. Elle dresse les communautés étrangères les unes contre les autres. Dans une élection, les postes à pourvoir ne sont pas légions; seule la minorité étrangère la plus nombreuse a voix au chapitre.

4. Elle divise et corrompt la société sur la base de l'appartenance étrangère, car un élu insistant sur son origine "italienne", une fois élu, renverra nécessairement l'ascenseur à la communauté "italienne" qui l'a porté au pouvoir (à moins que sa démarche ne soit mensongère, ce qui est un autre problème!)

5. Finalement, elle provoque la méfiance de la population suisse vis-à-vis des communautés étrangères et désavoue la classe politique dans son ensemble, le vote communautaire étant par définition guidé par autre chose que l'intérêt commun.

Je pense que cette petite liste décrit assez bien les pièges de l'approche communautaire de la démocratie et les raisons pour lesquelles il faut l'éviter. Et l'UDC l'évite!

L'UDC choisit au contraire une approche unificatrice autour de valeurs communes, au centre desquelles l'amour de la Suisse, indépendamment de toute origine. Il ne s'agit pas d'une affection irrationnelle mais d'un respect raisonné et objectif basé sur des particularités helvétiques reconnues: la démocratie directe, la paix du travail, une fiscalité plus avantageuse que dans le reste de l'Europe, la neutralité, l'aspiration à une vie paisible et en sécurité…

Les étrangers satisfaits de leur pays d'accueil se retrouvent parfaitement dans les valeurs de l'UDC - d'autant mieux qu'ils apprécient en connaisseurs les différences entre la Suisse et leur pays d'origine.

Les politiciens opportunistes rappelant sans cesse leur origine étrangère aux électeurs immigrés les insultent. Ils sous-entendent que l'origine ethnique ou culturelle se suffit à elle-même comme gage de fidélité à une idéologie que, comme par hasard, ils prétendent incarner: "Tel pays est socialiste, moi je suis socialiste, voilà, ça vous suffit, vous autres qui venez de là-bas, votez pour moi!" Mais ils oublient la raison pour laquelle les immigrés se retrouvent en Suisse. Il y a fort à parier que ces politiciens incarnent précisément ce qui a poussé ces gens à émigrer!

Pourquoi les étrangers chercheraient-ils à transformer la Suisse pour qu'elle ressemble davantage à ce qu'ils ont choisi de quitter?

Les hommes et les femmes ne s'installent pas dans ce petit pays simplement parce que les vents les ont poussés ici. Peut-être est-ce vrai pour certaines catégories d'étrangers peu concernés par la vie politique, mais certainement pas ceux qui souhaitent à terme exercer leurs droits démocratiques. Ces gens-là ont un projet de vie. Ils ont choisi la Suisse. Ils s'y sentent bien. Ils souhaitent lui éviter les fondrières dans lesquelles les politiciens europhiles et pusillanimes tirent le pays. S'ils ne le font pas pour eux, ils le font souvent pour les enfants qu'ils ont eu ici.

Quel que soit l'amour qu'ils portent à leur contrée d'origine, les immigrés savent mieux que personne que la prospérité ne doit rien au hasard. Que leurs connaissance économiques et sociologiques soient assez vastes pour saisir les mécanismes de la prospérité ou non, ils reconnaissent le succès helvétique et veulent le préserver. Mieux vaut ne pas jouer aux apprentis-sorciers avec un modèle qui fonctionne!

Naturalisés suisses ou fraîchement arrivés sur place, les étrangers vivant en Suisse connaissent de première mains les recettes étatiques que des politiciens locaux essayent de vendre. Ils ont vu les désastres qu'elles entraînaient ailleurs, là où elles étaient adoptées - paupérisation, corruption, impôts, chômage, absence de sécurité, censure et mépris du peuple. Ils en ont tellement souffert qu'ils ont choisi l'exil!

Voilà pourquoi tous les gens qui se retrouvent dans l'amour de ce pays, Suisses ou étrangers, en viennent naturellement à soutenir l'UDC.