18 juillet 2019

Le racisme, moteur politique des anti-Trump

Dans une série de tweets lancés dimanche, Donald Trump fit une nouvelle fois la preuve de son habileté politique en amenant ses adversaires droit dans son piège. Dire qu'ils auraient mordu à l'hameçon est un euphémisme.

Commençons par les mots du Président par qui le scandale arrive:

494745648.jpgTrès intéressant de voir des élues démocrates du Congrès, “progressistes”, qui viennent originellement de pays dont les gouvernements sont des catastrophes complètes et absolues, les pires, les plus corrompus et le plus ineptes du monde (si tant est qu’on puisse parler de gouvernement) et qui maintenant clament férocement au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment notre gouvernement doit être dirigé.
Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime ? Puis, qu’elles reviennent et qu’elles nous montrent comment elles ont fait. Ces endroits ont bigrement besoin de votre aide, vous n’y partirez jamais trop vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement un voyage gratuit !


N'en déplaise aux chiens de garde de la pensée unique, il n'y a rien de choquant dans ce texte. Trump ne critique ni des peuples ni des cultures, mais des gouvernements. Il mentionne des "élues démocrates", mais sans les citer nommément. Quant à ce qu'elles partent à l'étranger redresser ces pays qui sont à les entendre tellement mieux que les États-Unis, il ne s'agit pas d'un exil, puisqu'il mentionne explicitement qu'elles en reviennent.

La seule flèche réelle est à l'encontre de Mme Pelosi, qui a le plus grand mal à tenir les rênes de ses troupes démocrates à la Chambre des Représentants.

L'inénarrable Le Temps rend évidemment son verdict sans hésitation: ces tweets sont "racistes", point barre. Et il s'inquiète même de ce que les médias américains n'osent pas le clamer assez fort au goût du journaliste de service. Il y a pourtant une raison. Les médias américains savent encore qu'en qualifiant ouvertement ces tweets de "racistes" dans les titres de leurs articles, ils assènent au lecteur un jugement de valeur. Ce faisant, ils quittent la sphère de l'information pour celle de la propagande. Ils ont beau être anti-Trump jusqu'au bout des ongles, ils essayent encore de préserver les apparences.

Le Temps, lui, ne s'embarrasse plus de ces détails depuis longtemps...

Les égéries de la gauche

Quatre élues démocrates se sentirent donc indignées par ces tweets: Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). Trois d'entre elles ne correspondent même pas au portrait brossé par Trump puisqu'elles sont nées aux États-Unis, mais qu'importe, les médias se chargent de tous les raccourcis.

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Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley

Quand on se sent morveux on se mouche, dit l'adage. Pourquoi ces quatre femmes se sont senties visées?

Ayanna Pressley déclencha une polémique il y a quelques jours par une vision de la société uniquement basée sur l'appartenance raciale, religieuse ou sexuelle, soit l'exact opposé du melting pot américain: "nous n'avons pas besoin de visages basanés qui ne veulent pas être une voix basanée. Nous n’avons pas besoin de visages noirs qui ne veulent pas être une voix noire. Nous n'avons pas besoin de musulmans qui ne veulent pas être une voix musulmane. Nous n'avons pas besoin d'homos qui ne veulent pas être une voix homo. Si vous craignez d’être marginalisé et stéréotypé, ne vous présentez même pas, nous n'avons pas besoin de vous pour représenter cette voix." Pour Mme Pressley, quelqu'un est blanc ou noir avant d'être Américain.

Rashida Tlaib, qui grandit dans le paradis socialiste du Nicaragua, devint la première élue musulmane du Michigan. Ce qui n'est pas en soi un problème, si ce n'est qu'elle se fit remarquer dès son arrivée au Congrès par de nombreuses attaques antisémites. Elle traita également Trump de "fils de pute" dans sa première déclaration officielle, ce qui donne le niveau de finesse de la dame. Sur la carte du monde dans son bureau, elle recouvrit Israël avec un Post-It sur lequel il était marqué "Palestine". Elle soutient l'organisation de promotion de l'islam CAIR, proche des Frères Musulmans. Bref, elle affiche clairement son allégeance:

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(Bon, techniquement ce n'est pas l'allégeance à un autre pays puisque la Palestine n'en est pas un.)

Ilhan Omar est née en Somalie et avoua en public son allégeance somalienne. Son statut civil est délicat: des rumeurs persistantes affirme qu'aurait pu être mariée à son propre frère pour s'installer aux États-Unis. Elle est en délicatesse avec le fisc américain pour de fausses déclarations fiscales. Politiquement, elle se fit remarquer par son indifférence à l'égard des attentats du 11 septembre 2001 (rien de plus pour elle que "des gens ont fait quelque chose") mais surjoua son émotion à l'évocation de l'opération de secours "Black Hawk Down" où des soldats américains virent libérer un des leurs dans un hélicoptère abattu dans une mission de maintien de la paix. Enfin, elle refuse toujours de condamner publiquement Al-Qaeda, ce qui permet à un internaute de résumer sa dernière interview en utilisant le mème du PNJ:

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- Tump est raciste en disant que je soutiens Al-Qaeda.
- Vous soutenez Al-Qaeda?
- ...

Alexandria Ocasio-Cortez est la plus souvent mise en avant par les médias, au point d'avoir son abréviation AOC. Issue d'une riche famille de New-York, elle travailla brièvement comme serveuse (permettant de donner corps à ses "humbles débuts" dans son récit personnel) avant d'embrasser la carrière politique. Depuis son élection, son radicalisme de gauche et ses délires utopiques montrent à quel point elle est coupée de la réalité. Ses sorties plongent régulièrement les responsables démocrates dans l'embarras. Elle réussit à faire fuir Amazon qui envisageait de s'installer à New York, perdant ainsi l'opportunité de créer 25'000 emplois, un exploit remarqué. Sans-frontiériste convaincue et imbue de son image, elle se fit aussi photographier dans une poignante séquence où elle pleure face à une clôture grillagée... Le tout étant en fait une mise en scène dans un parking vide.

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Une belle brochette de championnes, comme on dit. Voilà les "étoiles montantes du parti démocrate" selon nos médias toujours aussi clairvoyants...

Le piège de Trump

Avec des rivales comme celles-ci, Trump pourrait dormir sur ses deux oreilles pour 2020. Leur bêtise et leur extrémisme font fuir les électeurs centristes et provoquent des remous jusque dans le camp démocrate.

Alors, pourquoi ne pas rajouter une bûche au feu?

C'est exactement ce que fit Trump en trois tweets dimanche dernier.

Depuis, la manœuvre - prévisible, prévue et même dénoncée - a réussi au-delà de toute espérance. Trump n'a que faire des accusations de racisme ; il est traité de raciste cent fois par semaine depuis qu'il est Président.

De leur côté, les stratèges démocrates sont on ne peut plus embarrassés par leurs "étoiles montantes". Nancy Pelosi essayait depuis plusieurs semaines de diminuer leur exposition médiatique dans l'espoir de restaurer un semblant de crédibilité au Parti Démocrate pour l'échéance de 2020 ; tout vient de voler en éclat. Les médias ne s'intéressent même plus aux candidats à l'investiture présidentielle. Seules comptent les réactions et les invectives des élues d'extrême-gauche. Pire encore, par réaction, les autres Démocrates ont été contraints de s'aligner avec elles pour prendre leur défense - augmentant encore l'alignement du parti avec ces extrémistes repoussantes pour qui n'est pas un militant d'extrême-gauche.

En poussant le Parti Démocrate dans les cordes de l'extrême-gauche comme il le fait, Trump s'assure que les Démocrates passent pour des fous et des illuminés sans la moindre crédibilité. Les glapissements hystériques d'AOC, la vulgarité antisémite de Rashida Tlaib, l'obsession raciale de Ayanna Pressley et la sympathie affichée d'Ilhan Omar pour les islamistes auront tôt fait de détourner les Américains modérés de se rendre aux urnes pour chasser "l'ignoble Trump" du pouvoir - lui sur lequel il n'y a plus grand-chose à ajouter tant les médias lui envoient quotidiennement du fumier depuis trois ans.

Le site parodique Babylon Bee résume ce qui semble être la stratégie gagnante de Trump:

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La Campagne Trump 2020 envisage de simplement diffuser des séquences de Démocrates prenant la parole

Mais la réalité dépasse la fiction. Pourquoi payer pour diffuser les pires délires démocrates lorsque les médias s'en chargent gratuitement?

11 juillet 2019

Jeffrey Epstein, l'affaire de pédophilie du siècle

Jeffrey Epstein est un nom peu connu de ce côté de l'Atlantique. Les médias européens travaillent à y remédier mais d'une façon assez particulière, comme vous allez voir. En attendant, aux États-Unis, la mèche du plus gros scandale de pédophilie de l'histoire est allumée. L'explosion à venir laissera des traces.

Un milliardaire pédophile légendaire

Jeffrey Epstein, 66 ans, fait carrière dans la banque privée Bear Stearns avant de fonder son propre cabinet de gestion. Discret sur ses clients, il entretient un carnet d'adresse extrêmement fourni l'amenant à côtoyer les personnalités riches et célèbres du monde - politiciens, hommes d'affaires, vedettes de cinéma. Il acquiert ainsi de précieux mandats de gestion qui le rendent richissime.

Autant que son goût de la fête, son attirance pour les femmes très jeunes, voire trop jeunes, n'est un secret pour personne. Avant les années 2000, il achète l'île de Petit Saint-James dans les Îles vierges américaines. Il commence à la transformer - en éliminant la végétation indigène, en entourant la propriété de palmiers imposants et en plantant deux énormes drapeaux américains à chaque extrémité. L'homme a choisi ce lieu pour sa discrétion ; lorsque des guides amènent les plongeurs dans des lieux proches de l'île, les agents de sécurité se déploient sur les rives. Mais on se doute de ce qui s'y passe. L'île est surnommée Pedophile Island par les habitants des îles voisines.

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Un temple bizarre, une des multiples constructions aménagées par Jeffrey Epstein sur son île

L'éloignement de son repaire ne pose pas de problème à notre homme, car il dispose de son Boeing 727 personnel. L'avion, dont il se sert également pour faire la navette de filles mineures entre New York et Palm Beach, est plaisamment surnommé "Lolita Express", selon le roman où un homme manœuvre pour coucher avec une fille de douze ans. Il est équipé d'un lit. Un employé est à bord pour s'assurer que des victimes mineures soient toujours "disponibles pour assouvir les besoins du patron" dès son arrivée.

L'avion ne sert pas qu'à Epstein. Il transporte aussi des invités de marque. Nous y reviendrons.

260px-Jeffrey_Epstein_mug_shot.jpgJeffrey Epstein se fait finalement rattraper par la justice. Classé délinquant sexuel, il est inculpé pour prostitution sur mineure. Il passe un accord avec le procureur de Floride dont la teneur est tenue secrète, même de ses victimes. Alors qu'il encourt des décennies de réclusion, la peine est extraordinairement douce. Dix-huit mois de prison, dont il ne fait que treize. Son aménagement de peine lui permet de passer ses journées à son bureau. Sa cellule privée est la plus luxueuse qui soit.

Dire qu'Epstein a bénéficié d'appuis en haut lieu serait un euphémisme. Nous y reviendrons aussi.

Après cet épisode, Jeffrey Epstein se fait plus calme, mais à peine. Il passe bien moins de temps aux États-Unis. Il y est arrêté récemment pour trafic de drogue et complot, lors d'une brève halte à New-York. L'affaire est relancée: entre 2002 et 2005, loin de simplement coucher avec des mineures, il aurait payé des filles de 14 ans non seulement pour des faveurs sexuelles mais aussi pour en recruter d'autres. Il s'agirait donc de proxénétisme aggravé avec des mineures. Il aurait aussi frappé certaines de ses victimes, et peut-être pire encore. Du matériel pédophile a été retrouvé sur ses appareils électroniques. Une soixantaine de jeunes filles auraient été victimes de son réseau.

Plaidant non coupable sur les accusations de proxénétisme sur mineure et de proxénétisme en bande organisée sur mineures, il encourt une peine de 45 ans de prison en cas de condamnation. Il est assez riche pour se payer de bons avocats ; ceux-ci rejettent les chefs d'accusation en affirmant qu'ils tombent sous le coup de l'accord extrajudiciaire de 2008. La justice répond que cet accord valait pour l'État de Floride et non pour celui de New-York où il vient d'être arrêté. Et tous les projecteurs se braquent sur cet étrange accord extrajudiciaire de 2008 signé avec le procureur de Floride.

Pourtant, même la relance de cette affaire, maintenant en 2019, ne doit rien au hasard.

Jeffrey Epstein, un modèle d'affaire original

L'histoire prend une tournure ahurissante. Elle est en plein développement.

Nous disions que, dans une saine attitude de partage des ressources, Jeffrey Epstein avait l'habitude de prêter son Boeing 727 Lolita Express à des amis. Les gens qu'il fréquentait, les personnalités riches et célèbres du monde. Mais, en homme avisé, il tenait aussi des comptes de leur passage dans un petit carnet noir, qui a fuité.

Bien des politiciens, hommes d'affaires, vedettes de cinéma devinrent très nerveux avec cette histoire de milliardaire pédophile. Bill Clinton, par exemple, qui, bien que personne ne lui ait jamais rien demandé, s'est empressé après la nouvelle arrestation d'Epstein de déclarer aux médias qu'il n'était monté "que quatre fois" à bord du Lolita Express - et uniquement pour des voyages visant à promouvoir la lutte contre le SIDA.

Une telle grandeur d'âme force le respect, encore que l'ancien Président puisse choisir des moyens de transport moins polémiques, mais c'est faux. D'après le carnet de bord d'Epstein, Bill serait monté à bord du Lolita Express vingt-six fois. Et pratiquement à chaque fois qu'il était à bord, il y avait aussi des filles mineures.

Quelques-uns de ses autres passagers?

...Et Donald Trump. Mais nous y reviendrons.

Bien entendu, le fait qu'une personnalité ait fait un petit vol sur le Lolita Express ne signifie pas forcément que des actes répréhensibles selon la loi et la morale aient eu lieu. Mais si ces trajets se multiplient, on peut tout de même se poser des questions.

Comment Jeffrey Epstein est-il devenu riche? Il n'est pas trader. Mais nous savons que c'est un homme avisé, comme en témoigne son petit carnet noir, et qu'il est adepte de pratiques sexuelles déviantes, comme le sexe avec des fillettes. Se pourrait-il qu'il ait d'autres déviances, comme le voyeurisme?

Se pourrait-il qu'il ait installé, que ce soit sur son île privée ou dans son jet de luxe, des caméras pour filmer ses ébats... Ou ceux de ses invités?

Se pourrait-il qu'il ait obtenu ainsi un moyen de pression absolument fantastique contre le gratin des grands de ce monde?

Se pourrait-il que ses nombreux amis, sensibles à ses arguments, lui aient confié leur argent à l'aide d'un mandat de gestion? Comme l'explique Quantian, un utilisateur de Twitter, une fois que la victime a compris que ses ébats sont sur vidéo, le reste est simplissime:

Il suffit alors de lui demander de virer ses économies sur un fonds offshore dans un paradis fiscal (tiens, comme celui d'Epstein) et personne ne verra la liste des clients (comme pour Epstein). Bien sûr, vous ne connaissez rien à l'investissement, mais vous faites plutôt des sottises sur le trading de devises (comme Epstein), et personne à Wall Street n'a jamais échangé avec vous (comme Epstein).

Un virement de 20 millions de dollars du milliardaire X sur votre compte bancaire, sans raison évidente, soulèverait de nombreuses questions. L'IRS voudrait certainement savoir ce que vous avez fait pour le justifier. Mais des frais trimestriels de 5 millions de dollars pour la gestion d'un actif d'un milliard de dollars? Personne ne hausse le moindre sourcil.


La prospérité d'Epstein pourrait reposer sur un racket de la pire espèce, mais cela expliquerait aussi pourquoi ses victimes haut placées aimeraient tant que l'individu reste libre. Peu importe qu'il paye pour ses crimes ou non - le véritable danger est dans sa bibliothèque de vidéos, qui pourrait contenir les ébats de nombreuses personnalités de premier plan avec des prostituées mineures.

Ce n'est pour l'instant qu'une théorie, mais elle tient la route. Et elle explique aussi la suite.

Le Meilleur Ami Pédophile de Trump, ou la genèse d'une Fake News

Un événement singulier a lieu depuis quelques jours: une étonnante falsification de l'histoire se coordonne entre Wikipédia, Google, et les grands médias d'Amérique et du monde. Dans cette falsification, les liens nombreux et puissants entre Epstein et le clan Clinton et autres Démocrates disparaissent, pour être remplacés par des liens superficiels avec Trump mis au premier plan. Et seuls ces derniers subsistent.

Les pages Wikipédia sont ainsi discrètement éditées. Les recherches d'images et les associations dans Google sont subtilement modifiées. Dans Le Figaro, Jeffrey Epstein devient "le milliardaire proche de Donald Trump". Il y a des centaines d'exemples.

Pour la Suisse romande, l'article de Valérie de Graffenried dans les colonnes du Temps est un bijou du genre. Les sous-entendus subtils s'associent aux délicats arômes de passages sous silence pour concocter un magnifique bouquet de désinformation.

Comme tout bon journaliste vous le dira, tout mensonge doit être entremêlé de vérité. Il y a des faits indéniables. Ainsi, le procureur qui scella l'accord de 2007 avec Epstein est Alexander Acosta "qui est devenu ministre du Travail de Donald Trump", explique insidieusement la journaliste. La trame implantée est à peine visible. Est-ce parce qu'il a scellé l'accord de 2007 avec Epstein qu'Acosta serait devenu ministre du Travail de Donald Trump? La réponse est évidemment négative - parce qu'Acosta n'était pas le premier choix de Donald Trump pour ce poste. Et parce qu'en 2007, personne, peut-être pas même Trump, ne savait qu'il serait président dix ans plus tard.

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Une des nombreuses photos de Trump avec Epstein. Il n'existe en revanche aucun cliché de Bill Clinton en compagnie du même homme, malgré une amitié qui dure au moins depuis 1995.

Alexander Acosta n'est peut-être pas exempt de fautes et pourrait se faire rattraper par cet épisode, mais l'histoire est plus compliquée qu'il y paraît. Le juge qui valida cet accord, par exemple, était un appointé de Bill Clinton. Et Acosta a témoigné avoir subi des pressions à l'époque pour le pousser à une transaction - une source en haut lieu lui aurait ainsi affirmé qu'Epstein était "d'une catégorie supérieure" et devait être protégé "parce qu'il était lié aux services de renseignement". Or, il existe des preuves écrites d'un lien entre le FBI et notre pédophile. Et qui était directeur du FBI à l'époque? Un certain... Robert Mueller. Mais tout ceci n'est probablement que le fait du hasard.

Si Jeffrey Epstein avait été amené à "collaborer" avec des services de renseignement, on n'ose imaginer les moyens de pression dont disposeraient les fonctionnaires de ces agences vis-à-vis des puissants de ce monde, américains ou étrangers, corrompus par un voyage sur le Lolita Express.

Dans les articles européens, on ne verra pas mention des vingt-six voyages en avion de Bill. On ne verra pas les nombreuses donations d'Epstein à des organisations démocrates, des ONG de gauche et à la Fondation Clinton. On ne fera pas mention des 3,5 millions de dollars donnés par Epstein à Clinton via un compte suisse. Les relations d'Epstein avec les puissants se divisent visiblement en deux types d'associations: ceux a piéger, et ceux à soutenir en échange de protection.

Trump, en revanche, perçut assez vite Epstein pour ce qu'il était - un type intéressé par les filles jeunes, "parfois un peu trop jeunes". S'il côtoyait socialement le milliardaire comme beaucoup d'autres membres de la jet-set, il le fit chasser de son club exclusif de Mar-a-Lago après qu'Epstein se soit montré pressant envers la fille de quatorze ans d'un employé du club, avec interdiction de jamais y remettre les pieds.

En fait, il est peu probable que Trump ait jamais cherché à protéger Epstein, non seulement parce qu'il n'avait absolument aucune influence sur la politique et la justice américaine avant son élection, mais surtout parce qu'il a probablement tout à gagner à ce que les réseaux d'Epstein tombent avec le proxénète.

Un zeste de vertige

Livrons-nous à un peu de spéculation. Ressortons du placard la fameuse "théorie du complot" du Pizzagate - une page Wikipédia qu'il est bon d'archiver au vu de ce qui pourrait se produire ces prochaines semaines.

Vous ne vous rappelez pas le Pizzagate? "Une théorie conspirationniste prétendant qu'il existe un réseau de pédophilie autour de John Podesta, l'ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton, par le biais de diverses interprétations et constructions, notamment en rapport avec une pizzeria et des courriels privés divulgués par WikiLeaks."

En fait il s'agit moins de pizzas que de mots-clés employés dans des courriers pour mentionner autre chose. Citons encore l'article de Wikipédia:

Dans sa correspondance qui paraît anodine, John Podesta mentionne plusieurs fois les mots pizzas, fromages et pâtes. Herbert Sandler, un agent immobilier demande dans un message à John Podesta intitulé fromage « tu penses que je ferais mieux de jouer aux dominos sur du fromage ou sur des pâtes? ».
Dans un autre courriel, Tony Podesta écrit à son frère « Mary n’est pas libre. Tu aimerais avoir une pizza pour une heure ? ».
Un 4channer pro–Trump (sic) lit les nombreux messages et pense déchiffrer un code utilisé pour communiquer en toute discrétion. Cheese Pizza, dont l'acronyme est CP serait utilisé pour parler de Children Pornography. Pizza désignerait une fille, domino pour domination, cheese signifierait petite fille, hot dog pour garçon, pasta pour petit garçon, glace veut dire gigolo et sauce pour orgie.
Le mot « pizza » est en effet employé comme mot de code pour désigner des notions en relation avec la pédophilie. Déjà en 2010, l'Urban Dictionary indiquait pour « Cheese Pizza » le sens de « child pornography ». En octobre 2017, un homme a été arrêté aux États-unis comme suspect d'activités pédophiles parce qu'il avait placé une annonce intitulée « "Woman/Moms that are into Cheese Pizza » et que, selon l'U.S. Attorney's Office, « Cheese Pizza » est un mot de code pour pornographie enfantine.


Qui commande des pizzas "pour une heure" puisque "Mary n'est pas libre"? Qui "joue aux dominos sur du fromage ou sur des pâtes?" Dans leur sens usuel, ces phrases n'ont absolument aucun sens.

Mais, nous sommes d'accord, et les rares esprits indépendants du grand public se sont vus suffisamment bourrer le crâne pour qu'on n'en parle plus, le Pizzagate est juste une théorie du complot, les grands médias (au-dessus de tout soupçon comme chacun sait) s'étant empressés de le démontrer.

Maintenant, entre les 26 vols de Bill à bord du Lolita Express, les étranges mails impliquant John Podesta, les protections en haut lieu dont a visiblement bénéficié Jeffrey Epstein en 2008, il paraît difficile de penser que le volet judiciaire de l'affaire ait été traité en totale indépendance.

Il va de soi que rien de tout cela ne serait jamais ressorti sous la présidence d'Hillary Clinton. Mais l'impensable s'est produit, Trump a été élu. La protection que s'accordaient les uns les autres semble se fissurer. La vérité éclatera-t-elle?

18 juin 2019

Facebook découvre la cryptomonnaie

Mark Zuckerberg n'aimait pas la cryptomonnaie. Le 30 janvier 2018, alors que Facebook interdisait toute publicité liée au Bitcoin sur la plateforme, la raison en était que les produit et des services financiers liés au Bitcoin étaient "fréquemment associés à des pratiques promotionnelles fallacieuses ou illusoires".

Le 4 janvier de la même année, pourtant, Mark Zuckerberg aimait encore le Bitcoin. Il lui fallut sans doute quelques semaines pour réaliser que le Bitcoin était drôlement cool, à condition d'en avoir. Et il n'était pas le seul à le penser. Quel intérêt de défendre le concept de cryptomonnaie lorsqu'on n'en a pas dans son portefeuille?

Un an et demi plus tard, c'est chose faite. Plutôt que d'essayer de rattraper le train en marche, Facebook lance le sien avec Libra.

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Libra est-elle the next big thing? C'est possible.

Comment fonctionne Libra?

Libra n'est pas comme le Bitcoin. Libra est censée être une stablecoin, c'est-à-dire une monnaie indexée sur un sous-jacent, ici un panier de devises à déterminer mais contenant au minimum le dollar, l'euro et le yen, afin d'éviter de trop grandes variations du cours. Le concept de stablecoin n'est pas la garantie du succès ; il suffit de se remémorer le calamiteux petro des socialistes vénézuéliens. Les risques de manipulation existent toujours. D'autres cryptomonnaies indexées sur l'or ou d'autres sous-jacent ne sont pas parvenues à séduire. Mais le principe derrière la stablecoin est en soi défendable: diminuer la volatilité des cours, qui suscitent la méfiance du plus grand nombre lorsqu'ils font du yo-yo. Personne n'a envie de voir ses économies doubler le lendemain et retourner au néant le surlendemain.

De même, Facebook cherche à éviter que Libra n'apparaisse trop comme une Facebook Coin. L'entreprise de Mark Zuckerberg a donc conçu une offre de participation permettant à de grandes entreprises de rejoindre un "conseil de gouvernance" de la cryptomonnaie. À terme celui-ci devrait compter 100 partenaires, moyennant un ticket d'entrée de 10 millions de dollars minimum. Au sein de ce conseil, chacun disposerait d'une voix, Facebook compris.

La démarche est astucieuse. 10 millions de dollars fois 100 partenaires font un bon milliard de dollars tout rond. Le magot initial permet d'acheter les devises sous-jacentes à la cryptomonnaie. De plus, tous les partenaires ont intérêt à ce que l'expérience fonctionne. Les entreprises membres du conseil de gouvernance deviennent ainsi des promoteurs enthousiastes de Libra, veillant à ce que la cryptomonnaie soit acceptée dans leurs propres solutions informatiques.

Avec ses milliards d'utilisateurs, Facebook cherche à faire en sorte que Libra devienne un nouvel écosystème monétaire au sein de ses applications. On pourra donner du Libra à ses contacts Facebook, s'en servir pour commander des produits directement depuis une publicité affichée dans l'application, sans même devoir se connecter ailleurs. Facebook tient probablement à ce que les utilisateurs gardent en réserve le Libra qu'ils gagnent pour le dépenser ailleurs, sans prendre le temps de le reconvertir en dollars ou en euros.

De cette façon le Libra deviendra une authentique monnaie virtuelle, là où Bitcoin n'a réussi qu'à être une réserve de valeur, chasse gardée des early adopters. La démocratisation initiale du Libra est le meilleur atout pour lui permettre de devenir une véritable monnaie utilisée dans les transactions.

Les côtés sombres de Libra

Libra souffre d'emblée de plusieurs défauts, certains liés à sa nature de cryptomonnaie, d'autres aux bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau.

Même en lui accordant la qualité de stablecoin, on peut d'ores et déjà reprocher au Libra tous les défauts que l'on reproche généralement aux cryptomonnaies: blanchiment d'argent, opacité des détenteurs réels de la monnaie (n'importe qui peut se créer un faux compte Facebook), risques de piratage du compte, irréversibilité des transactions (ce qui peut jouer des tours lors d'un achat par correspondance avec droit de retour).

Sur le plan algorithmique, on ne sait pas encore à quel rythme se complèteront les transactions (les fameux blocs du Bitcoin) ni comment on évitera une explosion exponentielle de la taille du registre, d'autant plus menaçante que les transactions seront nombreuses.

Sur le plan financier, on ne sait pas quels seront les outils financiers disponibles (pourra-t-on faire des emprunts en Libra? Jouer au poker avec du Libra? Souscrire une assurance en Libra?), comment sera calculée sa variation par rapport au panier de monnaie sous-jacent, quelles garanties seront avancées pour empêcher une "planche à billets" virtuelle.

Mais ce ne sont là que des amuse-gueules. Le vrai danger de Libra tient à la vie privée. Facebook dispose déjà de données colossales sur les comportements, opinions et habitudes d'achat de centaines de millions d'utilisateurs. Libra permettra de pousser ce contrôle un cran au-dessus en ayant un aperçu de leurs comptes en banque (les fonds employés pour acheter des Libras seront évidemment tracés) et de la façon dont ils consomment avec la cryptomonnaie, dans ses moindres détails. Ce serait déjà inquiétant en temps normal, mais là on parle de Facebook, pas vraiment réputé pour le respect de la vie privée...

La boîte de Pandore est ouverte

Si Libra n'est qu'une expérience amusante dont le grand public se méfie, la cryptomonnaie servira juste à l'occasion à se payer son café chez Starbucks et les choses en resteront là. Mais compte tenu des enjeux financiers qui préludent sa naissance, c'est peu probable.

Le succès de Libra est donc programmé, et avec ses conséquences: Facebook va devenir l'équivalent d'une nouvelle Banque Centrale, avec un pouvoir immense. Les États ne vont pas le voir de cette oreille et vont probablement étoffer leurs lois pour contrôler ce nouvel écosystème économique - principalement pour percevoir des taxes.

Libra va être un outil de choix pour préserver les économies des familles dans les pays trop mal gérés pour que leur système monétaire fonctionne, à l'instar d'une bonne partie de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. Les commissions pour transformer des monnaies traditionnelles en Libra ou inversement seront particulièrement surveillées.

Les sociétés traditionnelles de carte de crédit comme Visa ou Mastercard vont mourir, au moins à petit feu. Celles de transfert de fonds comme Western Union ou MoneyGram vont disparaître bien plus vite. Les sites de paiement comme Paypal vont brûler sur place. Comme toujours avec la cryptomonnaie, les intermédiaires financiers à la plus-value douteuse vont être mis à mal. Ce n'est pas pour rien que ces sociétés choisissent la fuite en avant pour rejoindre le conseil de fondation de Libra.

L'un dans l'autre, Libra sera une expérience fascinante qui va introduire la notion de cryptomonnaie dans le grand public comme jamais auparavant. Plus personne ne pourra plaider que les cryptomonnaies ne sont que des inventions de geek sans application réelle. Passer de Libra à d'autres cryptomonnaies - Bitcoin, Ether ou Litecoin - ne sera qu'une formalité. Ce n'est pas pour rien que les cours des cryptomonnaies "traditionnelles" s'envolent à nouveau dernièrement - et que cette soudaine prise de valeur soit cette fois-ci le fait d'investisseurs institutionnels. Ils se positionnent pour le prochain cycle de hausse.

Le monde de la monnaie - virtuelle et réelle, dont les frontières s'estompent - s'apprête à être bouleversé.

La boîte de Pandore est ouverte. Son contenu va échapper à tout le monde, y compris à Mark Zuckerberg.

09 juin 2019

Célébrations

Le mois de juin est celui des célébrations - particulièrement cette année. Faisons le tour de quelques-unes des nombreuses festivités de 2019.

Les 30 ans de Tiananmen

Voilà la commémoration la moins célébrée du mois - le trentième anniversaire du massacre de la place Tiananmen à Pékin face à des étudiants qui voulaient, comme les peuples d'Europe de l'Est face à l'URSS, que leur pays desserre l'étau du totalitarisme communiste. Il n'en reste guère qu'une photo, devenue célèbre, celle d'un étudiant chinois faisant face à une colonne de chars d'assaut (et écrasé par ces derniers peu après). Mais il fut loin d'être le seul. Le 4 juin, quelques 200'000 soldats de l’Armée de libération du peuple furent déployés pour participer au massacre.

Les estimations des victimes varient, entre 286 (selon les officiels chinois) et 10'000 ; et entre ‎7'000 et 10'000 blessés - comme cet ancien étudiant de l'époque qui eut les deux jambes broyées par un char et qui cherche encore à connaître le nom du conducteur qui lui infligea cela, et le responsable qui avait donné cet ordre. Le nombre d'arrestations d'opposants politiques et le volume des purges qui s'ensuivirent n'est évidemment pas connu.

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Le mouvement Tiananmen reste un sujet tabou en Chine, banni des mondes académiques et de la culture populaire. Même le nombre réel de morts et de blessés reste inconnu.

Immédiatement après les arrestations massives et les purges dans tout le pays, le Parti Communiste Chinois (PCC) mit au point un récit décrivant le mouvement Tiananmen comme un complot occidental visant à affaiblir et diviser la Chine. Rapportant à l'Assemblée populaire nationale le 30 juin 1989, le maire de Beijing, Chen Xitong, affirma que le mouvement était "planifié, organisé et prémédité" par ceux qui "s'unissent à toutes les forces hostiles à l'étranger et dans des pays étrangers pour lancer une bataille contre nous jusqu'au dernier."

La justification officielle de la répression était que les étudiants auraient été des "contre-révolutionnaires" menaçant la stabilité et la prospérité du pays. Pourtant, en 1989, ils espéraient que le régime se transformerait. Ils ne cherchaient pas à changer de régime, ils demandaient simplement au PCC de respecter ses idéaux [communistes]. Leurs actions étaient enracinées dans la tradition chinoise de la dissidence confucéenne: aider les dirigeants à s’améliorer, sans chercher à les renverser. (...) [Mais] puisque le PCC prétendait incarner la révolution, quiconque le critiquait serait qualifié de contre-révolutionnaire. Aujourd’hui, la Chine accuse ses détracteurs de «subvertir l’État», mais elle repose essentiellement sur le même chef d’accusation. (...)

Être idéaliste en Chine, c'est être égoïste envers ses proches. Vous choisissez de vous battre pour votre cause, de défendre vos principes et d'être prêt à en payer le prix - mais souvent, les membres de la famille en subissent les conséquences. Interdire aux enfants d'avocats spécialisés dans les droits de l'homme d'aller à l'école en est un exemple frappant.

Trois décennies plus tard, les mères des victimes de Tiananmen ne peuvent toujours pas pleurer ouvertement leurs enfants et les étudiants manifestants exilés se voient interdire de rentrer chez eux, même pour les funérailles de leurs parents. De nombreux partisans plus âgés du mouvement, des intellectuels libéraux des années 1980, sont morts en exil.


Si quelques médias ont fait le minimum syndical en évoquant brièvement ce douloureux épisode de l'histoire du totalitarisme communiste, les politiciens brillent par leur silence à ce sujet. Il ne faut pas fâcher les honorables communistes chinois pour ces peccadilles vieilles de quelques décennies.

Les 75 ans du Débarquement

Le 6 juin 1944 à l'aube l'opération Overlord commença - la plus grande opération militaire de tous les temps. Plus de 132'000 soldats et 23'000 parachutistes furent débarqués sur les côtes normandes (73'000 Américains, 61'000 Anglais et 21'000 Canadiens pour l'essentiel) pour débarrasser le continent européen de la barbarie nazie. Les combats furent d'une extrême violence ; 4'400 d'entre eux périrent dans les 24 premières heures.

Là encore, la couverture médiatique brille par son absence. Il y a de nombreuses raisons à cela - la présence de l'infréquentable Trump aux cérémonies, même si son magnifique discours montre une fois de plus la mauvaise foi totale de ses détracteurs. Le sujet s'inscrit contre l'idée martelée d'une Europe unie (sans doute l'était-elle sous la botte de Hitler) et rappelle qu'il n'y a pas si longtemps encore les pays européens avaient été en guerre les uns contre les autres ; pourtant, les chefs d'États ne ménagent pas leurs efforts pour la réconciliation, comme le montre ce tweet britannique:

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Les leaders des nations qui "prirent part" au Débarquement...

Pourtant, pourquoi rester discret sur cette commémoration? Il s'agit d'un épisode décisif de la Seconde Guerre mondiale. Dans une époque où certains voient des néo-nazis et l'ombre de l'extrême-droite partout, pourquoi ne pas faire davantage la promotion de l'anniversaire d'un événement où de vrais combattants de la liberté venaient en Europe botter le train de vrais nazis pour les chasser du pouvoir et les éliminer?

Le mois LGBT

La libération de l'Europe méritait sans doute une journée de temps en temps, mais la promotion des pratiques sexuelles d'une minorité mérite quant à elle un mois entier - et tous les ans s'il vous plaît.

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Vous avez gagné un jour de reconnaissance / Vous avez gagné un mois de reconnaissance

Le mois de juin est donc celui de la fierté LGBT (à l'origine seulement homosexuelle mais on est désormais plus "inclusif", en attendant des pratiques sexuelles toujours plus variées). Les manifestations de revendications sexuelles se parent immanquablement d'autres revendications à teneur politique, cristallisées comme il se doit par quelques pancartes anti-Trump.

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Outre l'incongruité d'un message de haine au milieu d'une manifestation censée plaider pour l'amour inconditionnel et inclusif, Trump se révèle être sans doute le Président le plus gay-friendly de toute l'histoire des États-Unis, mentionnant officiellement le mois de juin comme celui de la fierté LGBT. Il nomma d'ailleurs aussi un ambassadeur américain ouvertement gay en Allemagne. Ces deux actes suffisent à le rendre infiniment plus ouvert d'esprit que son prédécesseur Barack Obama qui, sans doute à cause de son passage dans une madrassa en Indonésie, se montra toujours beaucoup plus réservé face à la cause homosexuelle.

Rappelons à toutes fins utiles que l'islam se marie assez mal avec la cause LGBT. Le détail a une certaine importance puisque la population musulmane ne cesse de grandir (en nombre, en visibilité et en revendications) dans les pays occidentaux, ce qui risque de rendre les célébrations du mois de juin de plus en plus difficiles à tenir les années qui viennent - en Occident, seul endroit où elles soient possibles en premier lieu. Il suffit d'entendre un sympathique musulman de Toronto expliquer ce qu'il en est sur YouTube pour comprendre les difficultés auxquelles les sexualités les plus exotiques feront face dans un avenir proche: "Mettre à mort les homosexuels peut sembler un peu "injuste", mais c'est la loi de la Sharia." CQFD.

La grève des femmes

Sans même entrer dans une discussion identique pour le dernier événement recensé dans ce billet - essayez de faire la Grève des Femmes à Jeddah - la Grève des femmes, puisque c'est ce dont il s'agit, aura lieu le 14 juin, au milieu d'un mois déjà passablement chargé. Pourquoi le 14 juin? Selon la communication officielle, il s'agit de faire grève à partir de 15h24, sont invitées à cesser de travailler pour marquer l’heure de la journée à partir de laquelle elles ne sont plus payées, selon les statistiques de la différence salariale entre hommes et femmes. On peut aussi faire grève toute la journée, bien sûr.

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Les femmes sont nombreuses à s'afficher sur le site de la centrale syndicale. (photo d'écran)

Évidemment, la grève est regardée avec bienveillance par l'administration et les employeurs publics. Comme d'habitude en Suisse, l'activisme du moment offrira un répit à des femmes dans des positions privilégiées tandis que les familles du secteur privé devront s'organiser pour garder leurs enfants, et ce sont probablement d'autres femmes qui en pâtiront.

Il y a huit ans déjà je décrivais la faiblesse du raisonnement inhérente à toutes les revendications sexistes ayant trait au salaire. Si on accepte le postulat de base, à savoir que les femmes recevraient moins d'argent que des hommes pour fournir exactement le même travail, pourquoi les employeurs ne remplacent pas immédiatement tous les hommes par des femmes pour économiser en coût de main-d'œuvre? 

Il n'y a pas cinquante façons de se sortir de cette incohérence. Soit le postulat de base est faux (statistiques biaisées ou incomplètes) soit on verse dans le complotisme le plus ridicule (les employeurs se mettent d'accord en secret pour discriminer les femmes… Et acceptent au passage que leur main-d'œuvre leur coûte plus cher qu'elle ne devrait). Seule ligne de défense de celles et ceux qui n'en n'ont aucune, on rétorquera que c'est là un raisonnement d'homme, mais je préfère prendre cela comme un compliment.

Il serait sans doute cynique de percevoir la Grève des Femmes comme un énième avatar du marxisme culturel visant à diviser la société de toutes les façons possibles afin d'instrumentaliser des groupes (ici, les femmes) pour servir des objectifs politiques gauchistes. D'ailleurs on le voit à toutes ces élections où un homme est opposé à une femme, les mouvements féministes se rassemblent spontanément derrière la candidature féminine, comme dans le second tour de l'élection présidentielle française où Marine Le Pen fut opposée à Emmanuel Macron… Ah, on me souffle dans l'oreillette que non.

Bref, entre les trente ans du massacre de Tiananmen, les trois quarts de siècle du Débarquement, le mois de célébration LGBT ou la Grève des Femmes, gardez un œil sur ce que les médias choisissent de célébrer ; c'est un précieux indicateur de leur idéologie.

24 mai 2019

L'affaire Vincent Lambert

Le débat fait rage en France depuis des mois et même des années autour du sort de Vincent Lambert. "De médicale et familiale, «l’affaire Vincent Lambert», comme il est convenu de l’appeler, est devenue sociétale, religieuse et politique, au beau milieu d’un incroyable feuilleton judiciaire", explique Le Temps, qui pose ensuite le contexte:

Victime d’un accident de voiture le 29 septembre 2008, Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique aujourd’hui âgé de 42 ans, est «cérébrolésé» et vit dans «un état végétatif chronique irréversible», selon les médecins. Maintenu en vie à l’hôpital de Reims par une sonde lui apportant une alimentation et une hydratation artificielles, il n’est pas dans le coma, ni branché à une quelconque machine. Entre-t-il dans la catégorie des patients concernés par la loi sur la fin de vie en vigueur en France, qui prévoit non pas l’euthanasie, qui demeure illégale, mais la suspension des traitements ainsi que la mise en place d’un processus de sédation profonde en cas d’«obstination déraisonnable», le nom légal de l’acharnement thérapeutique, quand les soins «apparaissent inutiles, disproportionnés ou qu’ils n’ont d’autres effets que le seul maintien artificiel de la vie»?


Dans ce genre de circonstances, où est l'humanité? Est-ce, par empathie, de libérer un être de ses souffrances supposées? Est-ce, par respect pour la vie, de le maintenir dans cet état apparemment sans espoir? Les arguments économiques doivent-ils entrer en ligne de compte? Et ceux que l'on présente sont-ils les seuls? Beaucoup d'encre a coulé sur ce destin symbolique, et continuera à le faire après son dénouement. Je n'ai pas plus de légitimité que n'importe qui sur l'affaire mais, guidé par mon éthique libérale, ma conclusion est simple: Vincent Lambert doit vivre.

Intérêts familiaux

Il ne s'agit pas d'une analyse juridique, mais morale. L'approche juridique - ou plutôt politique et habillée de juridisme pour laver les intervenants de tout sentiment de culpabilité - est celle qui fait et fera foi. Exécutée par la force, elle sera finale lorsque ces messieurs décideront finalement de mettre un terme à la vie de Vincent Lambert - le tout au nom de "l'humanisme". C'est ce qu'il aurait voulu, diront-ils. Et s'il ne l'a pas voulu, c'est ce qu'ont décidé ceux qui décident pour lui. Mais selon quels intérêts décident-ils?

Remise en question à de nombreuses reprises, la survie de Vincent Lambert dépend de multiples preneurs de décision. Sa famille, le corps médical, les tribunaux français, la classe politique et les instances internationales, pour n'en citer que quelques-uns. Tous ces gens et toutes ces organisations ont des points de vue différents, des arguments différents et des objectifs différents. Les médias, par exemple, sont prompts à opposer la "légitimité" de l'épouse de Vincent Lambert face au "catholicisme", forcément étroit, de ses parents, avant de prendre position en faveur de la première.

La famille de Vincent Lambert se déchire sur la question. Son épouse, qui est aussi sa tutrice légale, plaide pour qu’on interrompe les soins apportés à son mari, puisque son état est jugé «irréversible». Ses parents, soutenus par des groupes catholiques traditionalistes (…), jugent que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, ne souffre pas et n’est pas concerné par ce qui ne serait à leurs yeux (sic) qu’un acte d’euthanasie.


Les parents de Vincent, Pierre et Viviane Lambert, ne souhaitent pas que leur fils décède, même réduit à sa condition actuelle. L'espoir fait vivre, et un fils en état végétatif vaut mieux qu'un fils mort. On leur oppose l'argument utilitariste de la collectivisation des coûts: leur décision serait égoïste parce qu'elle fait reposer les conséquences financières et humaines sur le reste de la société.

éthique

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, qui vit depuis dix ans le calvaire d'être mariée à un homme en état végétatif, souhaiterait qu'il finisse par mourir. Son choix plaît à ceux qui partagent l'approche financière de la question, mais l'attitude de cette femme est tout aussi égoïste: elle obtiendra suite à la mort de Vincent des droits (de veuvage, de prétention à l'héritage de ses beaux-parents) qu'elle n'aurait pas pu obtenir autrement, par exemple en divorçant de lui. En choisissant de rester mariée à un homme dont elle demande la mort en tant que tutrice légale, est-elle à ce point admirable? Depuis des années, elle aurait pu tourner la page en divorçant et refaire sa vie en laissant Vincent aux bons soins de ses parents.

La novlangue de l'euthanasie

L'Affaire Vincent Lambert donne lieu à de nombreuses dérives dignes de la novlangue.

On parle "d'euthanasie" pour Vincent Lambert mais sa définition la décrit comme une pratique visant à provoquer le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales ou physiques intolérable, ce qui n'est pas le cas de notre sujet. Apparemment, il ne souffre pas. Son état est stable et il n'est même pas malade.

On dénonce "l'acharnement thérapeutique", terme inventé pour éviter les frais et les douleurs liés à d'innombrables opérations sur des personnes âgées pour prolonger péniblement leur existence de parfois quelques semaines, mais Vincent Lambert ne suit aucune thérapie. On ne cherche ni à le guérir ni à essayer sur lui le moindre traitement expérimental. Jusqu'à preuve du contraire, des soins d'hygiène et une alimentation par intraveineuse à un patient en condition stable ne constituent pas un "acharnement thérapeutique".

On trouve "indigne" et "indécent" que pour sauver son fils et faire appel à l'opinion publique, sa mère poste sur Facebook une vidéo montrant Vincent bougeant des yeux et pleurant apparemment à l'annonce de sa mise à mort imminente, mais on ne trouve cette mise à mort ni "indigne" ni "indécente".

On dénonce "l'acharnement" de certains individus, dont sa mère, à perpétuer la vie de Vincent Lambert, alors que sa mise à mort par arrêt des soins, ce qui revient à le laisser mourir de faim et de soif pendant plusieurs jours, est présenté comme le sommet de l'humanisme…

Une analyse éthique libérale

Comme la plupart d'entre nous, Vincent Lambert n'a jamais couché sur le papier ses volontés face à la situation terrible qui est la sienne aujourd'hui. Pour différentes raisons évoquées plus haut, personne n'est vraiment "neutre" lorsqu'il s'agit de décider en son nom - soit des intérêts interviennent, soit notre empathie colore notre analyse. Même dans un cercle d'amis, une discussion sur la meilleure option à prendre suscitera rarement l'unanimité. La réalité est que d'un point de vue moral nous n'avons pas vraiment le choix de décider à la place de Vincent Lambert. Nous pouvons décider pour nous autant qu'il nous plaît, mais cela n'est d'aucune aide pour un tiers.

S'il avait eu assez encore assez de discernement, Vincent aurait-il souhaité être débranché? Nous n'aurons jamais la réponse à cette question ; mais le silence est en soi une réponse. En l'absence de décision, le choix par défaut prévaut. Et le choix par défaut de la vie est en général de continuer. Le suicide n'existe pratiquement pas à l'état naturel, sauf peut-être dans le cycle de vie de certains insectes. Mais même le plus petit animal se battra jusqu'à ses dernières forces pour échapper à la noyade ou se dérober à un prédateur - sans se dire que "de toute façon ma vie est fichue". La volonté de vivre est inscrite au plus profond de nos gènes. Peut-être certains transcendent-ils leur nature animale en choisissant consciemment de mourir, mais qu'ils aient ou non assez de recul pour se livrer à cette réflexion, ils n'ont aucune légitimité pour étendre leur choix à l'humanité toute entière.

La vie de Vincent Lambert lui appartient. Même dans son état, elle continue de lui appartenir. Certes, il dépend de soins médicaux continus pour sa survie, mais ce n'est pas différent de n'importe quelle créature dépendant de son environnement pour vivre et se nourrir. La seule différence est que l'environnement de Vincent Lambert est la société humaine et que celle-ci peut évoluer de deux façons différentes, l'une lui permettant de survivre et l'autre le condamnant à mourir de faim et de soif. C'est notre choix, pas le sien.

C'est vrai, dans des époques pas si lointaines, ces questions ne se posaient même pas - un homme comme Vincent Lambert serait mort, point. Dans un futur proche, elles pourraient bien ne plus se poser non plus. Mais même si le "cas Lambert" est réglé, de nouveaux cas limite surviendront alors: les personnes très âgées, les personnes atteintes de maladies incurables, les grands handicapés… L'eugénisme ressort le bout de son nez.

Les médias font de grands efforts pour éviter d'employer ce mot très négativement connoté depuis le XXe siècle mais l'élimination physique d'individus ne correspondant pas à la norme officielle a toujours eu bonne presse au sein des régimes collectivistes, qu'ils soient nazis, communistes ou, comme aujourd'hui, socio-démocrates. L'impotent, le faible, le vieux, le malade, l'improductif sont des "poids morts" de la société et il s'en faut de peu qu'ils ne deviennent des morts tout court. Le verdict est encore plus tentant si leur faiblesse n'est pas transitoire.

Le degré de civilisation d'une société se mesure à la protection donnée à ses éléments les plus faibles, qu'il s'agisse d'enfants à naître ou d'accidentés réduits à un état végétatif permanent. J'ose l'écrire, la France et bien d'autres pays, même dans leur état de ruine avancée, ont encore largement les moyens de pourvoir à la vie de Vincent Lambert jusqu'à ce qu'il meure de vieillesse. Ceux qui en doutent sont de mauvaise foi ou placent d'autres priorités devant la sauvegarde d'une vie humaine. Leurs raisons ne regardent qu'eux, mais n'ont aucun rapport avec la réalité économique. Si quelques milliers ou millions d'euros manquent à l'appel, ce n'est certainement pas chez les Vincent Lambert qu'il faut aller les chercher en premier.

Vincent Lambert est un symbole, mais pas un cas isolé. 1'500 personnes, rien qu'en France, seraient dans le même état végétatif. La conclusion de ce cas aura des répercussions sur des milliers de familles. Et sous le régime de nos politiciens actuels nous savons déjà tous comment il se finira - tout comme il s'est fini, aux États-Unis, pour Terri Schiavo. Prisonnière de son corps, elle agonisa sans manger ni boire pendant 14 jours après lesquels elle rendit l'âme de déshydratation. Là encore, "l'humanisme" fit une nouvelle victime.

Vincent Lambert doit mourir. C'est pour son bien.

28 avril 2019

Avengers: Social Justice Warriors Endgame

Le dernier volet des aventures des Avengers est sorti sur les écrans romands ces jours. Voilà donc une petite critique que ceux qui souhaitent découvrir le film devraient éviter le lire. Non pas que j'y dévoile massivement l'intrigue, mais parce que je n'en dis pas que du bien…

Les Avengers? Une assemblée de super-héros de l'univers des Comics Marvel, réunis comme il se doit pour sauver le monde. En fait Avengers:Endgame est la suite de Avengers:Infinity War de 2018 qui voyait le méchant Thanos tenter de récupérer les Pierres d'Infinités pour détruire la moitié, littéralement, des formes de vies de l'univers. La triste fin de l'épisode précédent ne laissait aucun doute sur l'existence d'une suite, qui clôt d'ailleurs ce cycle du MCU (l'Univers Cinématographique de Marvel). Parce que la transposition des héros au cinéma est un constant renouvellement: les acteurs vieillissent ou se lassent et doivent être remplacés, ce qui donne lieu à autant de remake et de reboot avec de nouveaux interprètes pour nos héros favoris, ou ici, des passages de témoin sur lesquels je reviendrai.

cinéma
Une partie de l'affiche du film. La surface prise par chaque personnage
est-elle proportionnelle à sa présence à l'écran? Mystère…

Alors, Avengers:Endgame est-il un bon film? En quelques mot: non, c'est une distraction qui ne restera pas dans les mémoires (en tout cas bien moins que son prédécesseur). Si le film est spectaculaire dans ses scènes d'action et réussit la prouesse de laisser se développer l'intrigue en impliquant une dizaine de personnages principaux sans donner trop l'impression de calculer le temps d'antenne façon CSA, il pèche par quelques aspects pas complètement anecdotiques, comme le scénario, le placement de produits, et surtout les SJW.

Les placements de produits ont étés repérés depuis longtemps mais en l'espèce certains sont aussi subtils qu'un Hulk dans un magasin de porcelaine. Impossible de ressortir d'Avengers:Endgame sans comprendre que les super-héros badass roulent en Audi et que Fortnite est le jeu à la mode, c'en est presque gênant.

Pourtant, ces placements commerciaux ne sont que péchés véniels comparés à un scénario plus troué qu'un emmental. La faute à la "solution ultime" de toutes les intrigues inextricables: le voyage dans le temps, bien sûr! Tout le monde avait compris bien avant le début du film qu'on passerait probablement par là (seul cheminement praticable pour sauver tous les héros morts lors de l'opus précédent) et si les protagonistes d'Avengers:Endgame font mine de s'inquiéter des conséquences de leurs sauts temporels, l'intrigue déraille suffisamment vite et suffisamment profondément pour que le résultat final n'ait plus le moindre sens. Ceux qui ont vu le film confirmeront. Dans la ligne temporelle "reconstruite", Thanos n'a même plus mis la main sur une seule Pierre d'Infinité! Toute l'intrigue en devient parfaitement absurde.

Arrivent les Social Justice Warriors

Mais qu'en est-il finalement des Social Justice Warriors évoqués plus haut? Et qu'est-ce qu'un Social Justice Warrior (SJW pour les intimes) pour commencer? Le qualificatif désigne les "héros de la justice sociale", un terme moqueur inventé pour dénigrer les militants défendant toutes les causes à la mode du moment. On comptera pêle-mêle dans les rangs des SJW:

  • des végans ;
  • des pro-LGBT ;
  • des féministes pro-islam (ou des gays pro-islam ou toute autre combinaison improbable) ;
  • des hystériques du réchauffement climatique (qui prennent l'avion pour leurs loisirs) ;
  • des adeptes de la sexualité alternative et de ses innombrables variantes (asexué, intersexe, sexe fluide etc.) ;
  • des partisans du changement de sexe des enfants ;
  • des défenseurs des droits de "minorités opprimées" uniquement dans les pays occidentaux…

La liste n'est pas exhaustive. On ne s'étonnera pas que ces SJW se retrouvent massivement à gauche et à l'extrême-gauche.

cinéma

Notez bien qu'il n'y a rien de mal à "défendre" et à "lutter" en faveur de telles causes. Ce qui distingue un SJW d'un individu normal est, outre une perception totalement sélective de la réalité, sa propension à s'offenser de tout et ses réactions hystériques. Pour résumer, les SJW sont l'incarnation la plus extrémiste qui soit du politiquement correct, ce qui en fait des absurdités vivantes. Incapables de tolérer l'existence d'une opinion contraire et emportés dans leur indignation, ils sont aussi incapables d'argumenter.

Naturellement, leurs accoutrements souvent caractéristiques (bijoux "ethniques", couleurs de cheveux surnaturelles, style vestimentaire étrange, etc.) et leur comportement en font une cible de choix dans les mèmes, la guerre de la culture que la gauche a perdue.

cinéma,sjw

Rien de cela ne porterait à conséquence si, par un mélange de fascination et d'entrisme, les SJW ne se retrouvaient aux plus hauts niveaux de certaines entreprises comme les GAFA, les éditeurs de jeux vidéo ou les studios de cinéma… Comme ceux de Marvel.

Séquences SJW

Des thèmes de prédilection des SJW se retrouvent ainsi insérés de force dans Avengers:Endgame, d'une façon si peu subtile qu'elle ne laisse aucun doute, même auprès de spectateurs peu au courant du phénomène.

L'icône super-héroïque de ce mouvement est évidemment Capitaine Marvel, une super-héroïne portée à l'écran précisément pour être la championne de tous les SJW. Arrivée tardivement (l'unique film qui l'introduit dans l'univers Marvel est sorti un mois avant Avengers:Endgame), Capitaine Marvel a une relation distante avec le noyau des Avengers mais ses apparitions ne laissent aucun doute: elle est la plus puissante de tous les super-héros du plateau. Son super-pouvoir est en quelque sorte d'être supérieure à tout le monde.

Évidemment, Capitaine Marvel n'a pas de faiblesse (comme l'alcoolisme de Thor ou la colère de Hulk) puisque l'imperfection est anathème à la définition d'un super-héros SJW. A l'instar de Rey dans Star Wars, elle se révèle parfaite en tout, et peu importe que cela en fasse un personnage peu sympathique auquel il soit difficile de s'identifier.

Bien que d'une puissance décisive, elle intervient tardivement dans le combat contre Thanos - parce qu'elle "n'a pas que ça à faire", étant donnée qu'elle est chargée de l'univers entier et pas de la petite Terre, comprenez-vous. La réplique a si peu de sens que même nos super-héros ne trouvent rien à répondre. 

Capitaine Marvel se retrouve également à lancer une réplique "on va s'en occuper!" en parlant du méchant, suivie d'un plan large où se retrouvent une dizaine de super-héros et de combattants… Uniquement féminins, au beau milieu d'un champ de bataille. La scène "Girl Power" est par trop incongrue et irréaliste pour ne pas avoir été pensée dans les moindres détails par un scénariste SJW lui-même.

Le féminisme n'est pas le seul thème des SWJ. Le Grand Remplacement en fait aussi partie et le film en est l'illustration parfaite, Avengers:Endgame étant aussi l'occasion d'un passage de témoins entre une ancienne et une nouvelle génération de héros. Le prochain Capitaine America est un noir. Le prochain Iron Man est une noire. Le prochain Thor est une femme noire (étant entendu que dans la mythologie nordique sauce Hollywood les Walkyries sont incarnées par des femmes noires).

On n'ose imaginer l'outrage cinématographique mondial si Black Panther avait cédé le trône du Wakanda à un blanc…

Fin de Cycle

Après un blackout médiatique de 48 heures les médias parlent d'Avengers:Endgame et si le jugement des critiques est globalement bon, celui du public est plus mitigé. Il est difficile de juger le film comme pleinement réussi - les carences scénaristiques fragilisent ce qui aurait pu et dû être la conclusion satisfaisante d'une vingtaine de films.

Toutes proportions gardées, les séquences SJW qui donnent leur titre à ce billet ne sont qu'une partie mineure de l'œuvre ; mais il suffit d'un plan ou d'une réplique ratée dans un film où chaque seconde d'image a été pleinement réfléchie pour briser l'immersion du spectateur, et son sentiment d'évasion.

Rien ne dit que les films suivants seront des échecs commerciaux ; mais si la trajectoire entamée avec Captain Marvel se poursuit, il est probable que le grand public se lasse et que le prochain cycle du MCU fasse mourir peu à peu la franchise à la façon de Star Wars, elle aussi rachetée par Disney. Mais dans ce cas Disney n'est pas la seule société à blâmer ; l'éditeur de Comics Marvel est lui-même responsable du virage féministe/raciste donné à ses personnages, qui ont contribué au déclin des Comics avant que le cinéma ne leur donne un second souffle.

Les super-héros ne se sont pas réinventés dans la bonne direction.

20:40 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, sjw |  Facebook