28 avril 2019

Avengers: Social Justice Warriors Endgame

Le dernier volet des aventures des Avengers est sorti sur les écrans romands ces jours. Voilà donc une petite critique que ceux qui souhaitent découvrir le film devraient éviter le lire. Non pas que j'y dévoile massivement l'intrigue, mais parce que je n'en dis pas que du bien…

Les Avengers? Une assemblée de super-héros de l'univers des Comics Marvel, réunis comme il se doit pour sauver le monde. En fait Avengers:Endgame est la suite de Avengers:Infinity War de 2018 qui voyait le méchant Thanos tenter de récupérer les Pierres d'Infinités pour détruire la moitié, littéralement, des formes de vies de l'univers. La triste fin de l'épisode précédent ne laissait aucun doute sur l'existence d'une suite, qui clôt d'ailleurs ce cycle du MCU (l'Univers Cinématographique de Marvel). Parce que la transposition des héros au cinéma est un constant renouvellement: les acteurs vieillissent ou se lassent et doivent être remplacés, ce qui donne lieu à autant de remake et de reboot avec de nouveaux interprètes pour nos héros favoris, ou ici, des passages de témoin sur lesquels je reviendrai.

cinéma
Une partie de l'affiche du film. La surface prise par chaque personnage
est-elle proportionnelle à sa présence à l'écran? Mystère…

Alors, Avengers:Endgame est-il un bon film? En quelques mot: non, c'est une distraction qui ne restera pas dans les mémoires (en tout cas bien moins que son prédécesseur). Si le film est spectaculaire dans ses scènes d'action et réussit la prouesse de laisser se développer l'intrigue en impliquant une dizaine de personnages principaux sans donner trop l'impression de calculer le temps d'antenne façon CSA, il pèche par quelques aspects pas complètement anecdotiques, comme le scénario, le placement de produits, et surtout les SJW.

Les placements de produits ont étés repérés depuis longtemps mais en l'espèce certains sont aussi subtils qu'un Hulk dans un magasin de porcelaine. Impossible de ressortir d'Avengers:Endgame sans comprendre que les super-héros badass roulent en Audi et que Fortnite est le jeu à la mode, c'en est presque gênant.

Pourtant, ces placements commerciaux ne sont que péchés véniels comparés à un scénario plus troué qu'un emmental. La faute à la "solution ultime" de toutes les intrigues inextricables: le voyage dans le temps, bien sûr! Tout le monde avait compris bien avant le début du film qu'on passerait probablement par là (seul cheminement praticable pour sauver tous les héros morts lors de l'opus précédent) et si les protagonistes d'Avengers:Endgame font mine de s'inquiéter des conséquences de leurs sauts temporels, l'intrigue déraille suffisamment vite et suffisamment profondément pour que le résultat final n'ait plus le moindre sens. Ceux qui ont vu le film confirmeront. Dans la ligne temporelle "reconstruite", Thanos n'a même plus mis la main sur une seule Pierre d'Infinité! Toute l'intrigue en devient parfaitement absurde.

Arrivent les Social Justice Warriors

Mais qu'en est-il finalement des Social Justice Warriors évoqués plus haut? Et qu'est-ce qu'un Social Justice Warrior (SJW pour les intimes) pour commencer? Le qualificatif désigne les "héros de la justice sociale", un terme moqueur inventé pour dénigrer les militants défendant toutes les causes à la mode du moment. On comptera pêle-mêle dans les rangs des SJW:

  • des végans ;
  • des pro-LGBT ;
  • des féministes pro-islam (ou des gays pro-islam ou toute autre combinaison improbable) ;
  • des hystériques du réchauffement climatique (qui prennent l'avion pour leurs loisirs) ;
  • des adeptes de la sexualité alternative et de ses innombrables variantes (asexué, intersexe, sexe fluide etc.) ;
  • des partisans du changement de sexe des enfants ;
  • des défenseurs des droits de "minorités opprimées" uniquement dans les pays occidentaux…

La liste n'est pas exhaustive. On ne s'étonnera pas que ces SJW se retrouvent massivement à gauche et à l'extrême-gauche.

cinéma

Notez bien qu'il n'y a rien de mal à "défendre" et à "lutter" en faveur de telles causes. Ce qui distingue un SJW d'un individu normal est, outre une perception totalement sélective de la réalité, sa propension à s'offenser de tout et ses réactions hystériques. Pour résumer, les SJW sont l'incarnation la plus extrémiste qui soit du politiquement correct, ce qui en fait des absurdités vivantes. Incapables de tolérer l'existence d'une opinion contraire et emportés dans leur indignation, ils sont aussi incapables d'argumenter.

Naturellement, leurs accoutrements souvent caractéristiques (bijoux "ethniques", couleurs de cheveux surnaturelles, style vestimentaire étrange, etc.) et leur comportement en font une cible de choix dans les mèmes, la guerre de la culture que la gauche a perdue.

cinéma,sjw

Rien de cela ne porterait à conséquence si, par un mélange de fascination et d'entrisme, les SJW ne se retrouvaient aux plus hauts niveaux de certaines entreprises comme les GAFA, les éditeurs de jeux vidéo ou les studios de cinéma… Comme ceux de Marvel.

Séquences SJW

Des thèmes de prédilection des SJW se retrouvent ainsi insérés de force dans Avengers:Endgame, d'une façon si peu subtile qu'elle ne laisse aucun doute, même auprès de spectateurs peu au courant du phénomène.

L'icône super-héroïque de ce mouvement est évidemment Capitaine Marvel, une super-héroïne portée à l'écran précisément pour être la championne de tous les SJW. Arrivée tardivement (l'unique film qui l'introduit dans l'univers Marvel est sorti un mois avant Avengers:Endgame), Capitaine Marvel a une relation distante avec le noyau des Avengers mais ses apparitions ne laissent aucun doute: elle est la plus puissante de tous les super-héros du plateau. Son super-pouvoir est en quelque sorte d'être supérieure à tout le monde.

Évidemment, Capitaine Marvel n'a pas de faiblesse (comme l'alcoolisme de Thor ou la colère de Hulk) puisque l'imperfection est anathème à la définition d'un super-héros SJW. A l'instar de Rey dans Star Wars, elle se révèle parfaite en tout, et peu importe que cela en fasse un personnage peu sympathique auquel il soit difficile de s'identifier.

Bien que d'une puissance décisive, elle intervient tardivement dans le combat contre Thanos - parce qu'elle "n'a pas que ça à faire", étant donnée qu'elle est chargée de l'univers entier et pas de la petite Terre, comprenez-vous. La réplique a si peu de sens que même nos super-héros ne trouvent rien à répondre. 

Capitaine Marvel se retrouve également à lancer une réplique "on va s'en occuper!" en parlant du méchant, suivie d'un plan large où se retrouvent une dizaine de super-héros et de combattants… Uniquement féminins, au beau milieu d'un champ de bataille. La scène "Girl Power" est par trop incongrue et irréaliste pour ne pas avoir été pensée dans les moindres détails par un scénariste SJW lui-même.

Le féminisme n'est pas le seul thème des SWJ. Le Grand Remplacement en fait aussi partie et le film en est l'illustration parfaite, Avengers:Endgame étant aussi l'occasion d'un passage de témoins entre une ancienne et une nouvelle génération de héros. Le prochain Capitaine America est un noir. Le prochain Iron Man est une noire. Le prochain Thor est une femme noire (étant entendu que dans la mythologie nordique sauce Hollywood les Walkyries sont incarnées par des femmes noires).

On n'ose imaginer l'outrage cinématographique mondial si Black Panther avait cédé le trône du Wakanda à un blanc…

Fin de Cycle

Après un blackout médiatique de 48 heures les médias parlent d'Avengers:Endgame et si le jugement des critiques est globalement bon, celui du public est plus mitigé. Il est difficile de juger le film comme pleinement réussi - les carences scénaristiques fragilisent ce qui aurait pu et dû être la conclusion satisfaisante d'une vingtaine de films.

Toutes proportions gardées, les séquences SJW qui donnent leur titre à ce billet ne sont qu'une partie mineure de l'œuvre ; mais il suffit d'un plan ou d'une réplique ratée dans un film où chaque seconde d'image a été pleinement réfléchie pour briser l'immersion du spectateur, et son sentiment d'évasion.

Rien ne dit que les films suivants seront des échecs commerciaux ; mais si la trajectoire entamée avec Captain Marvel se poursuit, il est probable que le grand public se lasse et que le prochain cycle du MCU fasse mourir peu à peu la franchise à la façon de Star Wars, elle aussi rachetée par Disney. Mais dans ce cas Disney n'est pas la seule société à blâmer ; l'éditeur de Comics Marvel est lui-même responsable du virage féministe/raciste donné à ses personnages, qui ont contribué au déclin des Comics avant que le cinéma ne leur donne un second souffle.

Les super-héros ne se sont pas réinventés dans la bonne direction.

20:40 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, sjw |  Facebook

24 mars 2019

Donald Trump blanchi de l'accusation de collusion avec la Russie

L'affaire traînait comme une douleur lancinante de l'élection de Trump: le Président des États-Unis n'avait pas remporté l'élection présidentielle de façon honnête mais en la manipulant, grâce à l'aide de désinformation en provenance de la Russie.

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Beaucoup de mensonges ont été proférés depuis le début de cette chasse aux sorcières commencée il y a plus de deux ans, et comme celle-ci vire désormais à l'eau de boudin pour les Démocrates qui en sont à l'origine, on peut s'attendre dès lundi à un nouveau narrative visant à donner de nouveaux angles d'attaque à l'opposition. Une archive de la page Wikipédia en rapport avec cette affaire permettra de voir "l'évolution de la vérité" officielle... En attendant, faisons le point de la situation.

L'enquête

Robert Mueller, nommé le 17 mai 2017 par le Procureur Général Adjoint Rod Rosenstein (voir ici pour les liens entre les deux personnages) dispose de moyens immenses pour enquêter sur la "possible collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump dans le cadre de l'élection de 2016".

La Croix nous donne un aperçu des moyens dont disposait en 2018 le Procureur Spécial:

Robert Mueller (...) dirige une équipe de 16 permanents, des spécialistes de la Russie, de la criminalité organisée, de la fraude fiscale et du blanchiment d’argent, du contre-espionnage, du piratage informatique et de la cybercriminalité, issus du FBI ou recrutés à l’extérieur pour leurs compétences particulières. Le procureur et ses collaborateurs travaillent avec l’appui des services du FBI.


Leur cible?

Le champ d’investigation de l’enquête couvre cinq domaines : les transactions financières de l’entourage de Donald Trump, en particulier les activités de consultant en Ukraine de son ancien directeur de campagne Paul Manafort et les pratiques commerciales de son avocat personnel Michael Cohen ; l’interférence russe dans la campagne de 2016, à travers notamment la diffusion de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, le piratage des boîtes mails du parti démocrate et du directeur de campagne d’Hillary Clinton et leur publication ; les contacts et la coordination éventuelle entre l’entourage de Donald Trump et des personnes travaillant pour la Russie pendant la campagne électorale ; les contacts entre les Russes et des représentants de Donald Trump pendant la période de transition entre son élection et son entrée en fonction ; l’entrave à la justice, c’est-à-dire les éventuelles actions de Donald Trump et de son entourage pour entraver l’enquête, comme le limogeage du directeur du FBI James Comey en mai 2017.


Des moyens immenses donc, mais pour parvenir à quoi?

Beaucoup de filets, peu de prises

Les résultats concrets de l'enquête de Robert Mueller sont maigres, pour ne pas dire inexistants. Quatre collaborateurs de la campagne de Trump sont formellement inculpés, principalement pour fraude fiscale, blanchiment d’argent et fausses déclarations au FBI, mais aucun pour des activités ayant trait à la raison pour laquelle l'enquête a été ouverte, c'est-à-dire une collusion avec la Russie.

George Papadopoulos, un collaborateur mineur, est condamné à quatorze jours (!) de prison. Alex van der Zwaan, un avocat néerlandais, à trente jours de prison. Michael Flynn, bref conseiller à la sécurité du gouvernement Trump et unique affilié démocrate de son équipe, et Rick Gates, collaborateur de Paul Manafort, sont en attente de jugement, pour des délits de parjure pour le premier et de la fraude fiscale pour le second. Michaël Cohen, ancien avocat de Trump, retourne sa veste et témoigne devant le Congrès - alors même qu'il est mis sous accusation de parjure - pour charger son ancien patron, le traitant désormais de "tricheur", de "raciste" et de "menteur", des termes repris comme du petit lait par les médias. Même lui, pourtant, admet ne pas avoir de "preuves concrètes" d'une collusion avec les Russes.

Le plus gros poisson pêché - et le plus lourdement puni - est Paul Manafort, directeur de campagne de Trump pendant la première moitié de l'année 2016. Il est condamné à travers plusieurs chefs d'accusation à plus de sept ans de prison. Mais, là encore, les faits qui lui valent l'incarcération ont trait à de la fraude fiscale et des délits sans rapport avec l'ingérence russe. En outre, ils sont antérieurs à sa collaboration avec le magnat de l'immobilier.

Sur le plan des chiffres, l'enquête de Robert Mueller semble impressionnante: plus de 200 poursuites pénales et l'inculpation de 34 individus, dont 29 agents russes et trois entreprises. Ces chiffres ont été et seront encore repris par les Démocrates et les médias pour la présenter comme un succès. Malheureusement pour un public avide de sensations, poursuite pénale et inculpation ne veulent pas forcément dire condamnation ; et surtout, rien n'a été jusqu'ici trouvé qui confirme la raison pour laquelle le Procureur Spécial a été nommé, c'est-à-dire, rappelons-le encore, la moindre trace de collusion entre la Russie et l'équipe de Donald Trump ou Donald Trump lui-même.

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On peut penser que Mueller ait été juste à deux doigts de trouver quelque chose de vraiment juteux, un bon gros scandale reliant Trump à Moscou, ou pourquoi pas, pire encore. L'hypothèse fera les délices de tous les amateurs de théories du complot ; comptons bien sur les nombreux "experts" invités sur les plateaux de télévision pour orienter la pensée du grand public en ce sens.

Malheureusement, cette analyse ne tient pas debout. D'une part, Robert Mueller enquête pratiquement sans limite depuis presque deux ans et dispose d'une quantité d'information immense ; rappelons qu'Obama espionna toute la campagne Trump (sur la base de faux documents) bien avant que celui-ci ne soit élu. Si ces archives avaient produit quoi que ce soit d'utile contre Trump, le filon aurait été exploité depuis longtemps. De plus, la grande porosité entretenue à dessein entre l'équipe de Mueller et les médias - certains furent carrément avertis à l'avance de cibles d'arrestations pour venir préparer leurs caméras - laisse à penser que si la fameuse piste prometteuse avait existé, le grand public en aurait déjà entendu parler. Mueller en aurait eu besoin pour relancer son enquête.

L'hypothèse la plus vraisemblable est que Mueller n'a rien trouvé. Nous aurons le fin mot de l'histoire lorsque le rapport sera rendu public, ce qui se produira rapidement. Mais même en attendant ce moment, nous savons déjà que le Procureur Spécial a capitulé. Deux faits indiscutables nous le prouvent.

Premièrement, Robert Mueller a affirmé qu'il n'y aura pas de nouvelles inculpations, c'est-à-dire que son enquête n'a pas produit d'éléments suffisants pour inquiéter qui que ce soit de plus que les gens déjà poursuivis. Ni Trump, ni les membres de sa famille, ni les membres de son gouvernement, ni ses proches collaborateurs ne sont donc soupçonnés de quoi que ce soit de crédible.

Deuxièmement, dans une lettre envoyée aux membres du Congrès, le Procureur Général William Barr, première personne à lire le rapport, précise qu'il n'y a pas eu d'obstruction à la justice de la part du Président Trump. Le principal argument que les Démocrates pensaient employer pour poursuivre leur guérilla judiciaire vient de faire long feu.

On peut toujours chanter que la vérité est ailleurs, mais il est de plus en plus difficile de ne pas passer pour un illuminé...

Deux ans de mensonges et un retour de bâton bien mérité

Depuis le lendemain de l'élection de Trump et l'émergence de ce soi-disant "complot russe", les médias américains alignés sur les Démocrates (et les médias internationaux reprenant le tout avec empressement) ont bâti de toute pièce un mensonge colossal et s'en sont servi pour créer une atmosphère détestable. Trump n'était pas le Président légitime des États-Unis. Il avait volé son élection. Chaque jour apportait son lot de nouvelles révélations. Chaque jour, l'étau se resserrait. Chaque jour était un pas de plus vers la destitution de l'imposteur.

Au-delà des mensonges, ces assertions contribuèrent à diviser la société américaine comme jamais. Il y avait d'un côté "ceux qui savaient", appuyés par les médias, cultivant leur haine de Trump et pensant que sa destitution était imminente, et de l'autre les "naïfs" ou les "croyants", supporters de Trump évidemment en faute, accusés non seulement de soutenir un Président illégitime mais en plus d'être devenus les alliés de fait d'intérêts étrangers. Finalement, ces accusations de "complot russe" mirent à mal les relations entre deux puissances nucléaires.

Pour un bon compte-rendu de cette situation et de l'importance des conclusions du rapport Mueller, le présentateur vedette Tucker Carlson de Fox News fit un résumé remarquable des enjeux.

Voici une traduction des meilleurs passages de la vidéo, dont on peut trouver une transcription complète.

Pour le moment, nous aimerions prendre un instant pour mettre en perspective cette histoire tentaculaire. Notre travail dans cette émission est de nous rappeler les choses, de créer un enregistrement de ce qui s'est passé dans ce pays au cours des dernières années et de ce qui lui est arrivé. Nos petits-enfants voudront savoir. Si la gauche l'emporte, ils ne verront jamais ces détails. Tout sera blanchi à la chaux, comme beaucoup d'autres passages de notre histoire. Alors rappelons-nous, pour mémoire, des buts de l'enquête de Robert Mueller, pourquoi un Procureur Spécial a été nommé au départ. Il ne s'agissait pas de savoir si le Président avait trafiqué des abattements d'impôts sur ses déclarations de revenus d'il y a trente ans. Il ne s'agissait pas de savoir s'il voulait construire un autre hôtel dans un pays étranger. Dès le premier jour, l'enquête de Mueller se justifiait par une seule question: Donald Trump a-t-il commis une collusion avec le gouvernement russe pour voler l'élection présidentielle de 2016? Le Président a-t-il trahi son pays? Pendant près de trois ans, les Démocrates nous ont dit qu'il l'avait effectivement fait.

Beto O'Rourke: "Il ne fait aucun doute que même s'il n'y avait pas collusion, il y avait au moins une tentative de collusion."

Adam Schiff: "Je pense qu'il existe de nombreuses preuves de collusion ou de complot exposées à la vue de tous."

Maxine Waters: "Il y a encore beaucoup à apprendre à ce sujet. Je crois qu'il y a eu collusion."

John Podesta : "Ça sent de plus en plus une odeur de collusion."

Nancy Pelosi: "Nous avons vu des preuves irréfutables de la campagne Trump: la famille Trump avait bien l'intention de s'entendre avec la Russie en fin de compte."

Si vous avez vécu dans ce pays, il est difficile d'avoir manqué les accusations comme celles que vous venez d'entendre. Maxine Waters est une personne inconséquente, un festival sur pieds. Mais Nancy Pelosi n'est pas du même calibre. Elle préside la Chambre des Représentants. Elle est troisième dans l'ordre de succession de la Présidence. Adam Schiff est Président du comité du renseignement de la Chambre. Il est au courant des informations les plus secrètes que possède notre gouvernement. John Podesta a été le chef d'état-major d'une Maison Blanche et le conseiller principal d'une autre. Beto O'Rourke a collecté plus d'argent que tous les autres candidats à la présidence en 2020. Ces gens ne sont pas des personnages périphériques. Ce sont les membres les plus éminentes du parti démocrate actuel . Nous les avons pris au sérieux. Nous nous sommes sentis obligés de comprendre pourquoi ils traitaient le Président des États-Unis de traître.


Il y a encore bien davantage dans la séquence de 11 minutes, y compris une couverture médiatique stupéfiante incluant des commentateurs comparant Trump à Benedict Arnold et suggérant ouvertement qu'il soit pendu.

Rien de tout cela n'était accidentel ni ne survint par erreur. Dès l'instant où Donald Trump prit ses fonctions, les Démocrates et les médias mirent en branle un récit qu'ils souhaitaient désespérément voir devenir vrai. Ils ne furent jamais réellement préoccupés par l'état du pays. À la place, ils cherchaient simplement une excuse pour destituer Trump de ses fonctions car ils n'aimaient pas le résultat des élections de 2016.

Le plan était d'une simplicité extrême: creuser jusqu'à trouver quelque chose. Piéger des collaborateurs sur des accusations de parjure ou des faits sans rapport avec une collusion, puis leur faire miroiter une amnistie et les faire chanter pour atteindre le domino suivant, et ainsi de suite jusqu'à Trump. Tout le monde étant corrompu à New York, le magnat de l'immobilier devait bien avoir quelque chose à cacher. Au pire, si vraiment aucun lien avec la Russie n'était déterré, on pourrait toujours l'accuser d'obstruction à la justice. Mais malgré deux ans d'enquête, rien n'y fit.

Maintenant que le pseudo-récit est en train de s'effondrer, il devrait y avoir des répercussions. Tucker poursuit sur cette voie:

Tout ceci doit avoir des conséquences. Une fois le rapport Mueller publié et qu'il devient incontestable que, quels que soient ses défauts, Donald Trump n’a pas collaboré avec les Russes, les nombreuses personnes qui ont prétendu de manière persistante et sans la moindre preuve qu’il avait collaboré avec les Russes doivent être punies. Non pas inculpées ni emprisonnées, mais obligées de s'excuser et de porter un regard critique quant à leur propre comportement.

Si des Républicains avaient passé trois années entières à prétendre de façon erronée que Barack Obama agisse en collusion avec le gouvernement iranien, ceux qui l'auraient prétendu pourraient-ils continuer à travailler dans la politique ou dans les médias? C’est une question rhétorique.


Que ces gens soient licenciés ou non, ils ne devraient plus avoir la moindre crédibilité après un tel fiasco. Tout journaliste, homme politique démocrate ou ancien responsable de la CIA perpétuant ce mensonge et refusant un mea culpa sincère ne devrait plus jamais être pris au sérieux. Il devrait également y avoir une véritable enquête sur la légalité de ce qui s'est passé et les personnes qui ont divulgué des informations classifiées pour nourrir cette farce. Si John Brennan et Adam Schiff organisaient des fuites vers CNN, comme on le soupçonne depuis longtemps, ils devraient être tenus pour responsables devant la loi. Si des responsables de l'Administration Obama ont utilisé de faux prétextes et révélés des individus de façon sélectives pour forcer une enquête partisane, cela devrait entraîner des conséquences réelles. Si les responsables du FBI ont menti à un tribunal, cela ne peut pas être simplement écarté d'un revers de la main.

Rien de tout cela n'est une vengeance judiciaire contre des ennemis politiques. C'est le besoin essentiel d'un système de justice fonctionnant de façon équitable et impartiale. Ce triste épisode de l'histoire américaine a été profondément préjudiciable, entraînant des disputes et des violences publiques alors que les membres du mouvement #resistTrump se déchaînaient, poussés par un récit qui n’avait jamais eu de fondement factuel. 67% des Démocrates pensent aujourd'hui encore que Trump a non seulement collaboré avec la Russie, mais que celle-ci a changé le résultat des votes. C'est complètement fou et le résultat direct de mensonges quotidiens sur des faits avancés sans la moindre preuve.

Crédibilité en miettes

Nous ne devons jamais oublier ce qui vient de se passer. Alors même que le Rapport Mueller est remis au Gouvernement des États-Unis, les médias commencent à en diminuer l'importance ou à passer gentiment à autre chose. C'est trop facile.

Pendant deux ans, ils ont surfé sur la vague du complot russe, ils ont érigé des autels à Robert Mueller et lui ont brûlé des cierges. Ils ont menti continuellement au grand public comme des arracheurs de dents, sans retenue et sans remords.

Tous les politiciens, tous les médias, tous les éditorialistes, tous les experts, tous les leaders d'opinion sur Twitter et tous les membres du grand public qui ont gobé sans hésitation cette fable débile de complot russe se sont officiellement discrédités à vie. L'autorité et la crédibilité restent uniquement entre les mains de la minorité qui avait gardé assez de sang-froid pendant ce tsunami de propagande sans précédent.

Et il est temps pour la justice américaine de se remettre au travail et de déterminer les responsabilités de ce qu'il faut bien appeler, comme Trump le fait depuis deux ans, une chasse aux sorcières.

20 mars 2019

De Christchurch à Utrecht

Christchurch en Nouvelle-Zélande. Un "extrémiste de droite", Brenton Tarrant, ouvre le feu dans deux mosquées de la ville, provoquant 50 morts et autant de blessés, des victimes de 3 à 77 ans. Il s'agit du massacre le plus meurtrier en temps de paix dans ce pays depuis plus d'un siècle.

Dans la tête d'un terroriste anti-musulman

Brenton Tarrant a préparé son coup. Peu avant la tuerie - qu'il filme et diffuse en direct sur les réseaux sociaux - il publie en ligne un manifeste de 74 pages expliquant qui il est et pourquoi il a conduit cette attaque, tout en affirmant avoir été inspiré par le tueur norvégien Anders Breivik.

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Le tireur a marqué les noms de suprémacistes blancs sur ses armes et ses chargeurs

Le texte contient un dialogue avec lui-même à travers une série de questions réponses, la première d'entre elle demandant: "qui êtes-vous"? Citant l'Independent:

"Je suis un homme blanc ordinaire, âgé de 28 ans. Né en Australie d'une famille de travailleurs à bas revenus.

Mes parents sont d'origine écossaise, irlandaise et anglaise. J'ai eu une enfance ordinaire, sans grand problème. J'avais peu d'intérêt pour l'enseignement dispensé à l'école, parvenant tout juste à décrocher mon diplôme."

Il ajoute: "Je suis juste un homme blanc ordinaire, d'une famille ordinaire. Qui a décidé de se mettre debout pour donner un futur à son peuple."
Il se décrit comme une personne "renfermée et principalement introvertie" et admet qu'il est raciste, ajoutant qu'il est "éco-fasciste par nature".


Éco-fascisme? Selon Tarrant, les maux de l’humanité sont tous causés par la surpopulation. Et les peuples ethniquement européens seraient les seuls à ne pas "surpeupler la planète". Quant au choix de sa cible, elle est essentiellement due au hasard:

Selon lui, la Nouvelle-Zélande n'était pas le premier choix pour une attaque ; il dit qu'il y vint temporairement seulement pour planifier son coup et s'entraîner.
Sur la planification de l'attentat, il écrit: "J'ai commencé à planifier le concept de l'attaque il y a environ deux ans et l'attaque précisément contre les lieux de Christchurch trois mois avant."


Il donne aussi son avis sur l'actualité politique.

Quant à savoir s'il soutient le Brexit, il écrit: "Oui, bien que pas pour  les raisons politiques officielles. La vérité est que, finalement, les gens doivent faire face au fait que cela n’avait rien à voir avec l’économie.

C'était le peuple anglais ripostant contre l'immigration de masse, les changements culturels et le globalisme, et c'était une chose grande et merveilleuse."

Quant à savoir s'il soutient le Président Trump, il écrit: "Comme le symbole d'une identité blanche renouvelée dans un but commun? Certainement. Comme législateur et leader? Mon Dieu non."


D'autres détails filtrent dans la presse anglaise, notamment l'Indépendant:

Brenton Tarrant affirme également que son idée d'attaque lui a été inspirée par les attentats islamistes, pour se "venger" d'un attentat terroriste commis en Suède et faisant une jeune fille parmi les victimes.

"Deux ans avant l'attaque [de Christchurch], cela a radicalement changé mon point de vue. La période allait d'avril 2017 à mai 2017", écrit-il. "Le premier événement qui a marqué le début du changement a été l'attaque terroriste de Stockholm le 7 avril 2017. Je ne pouvais plus tourner le dos à la violence. Quelque chose était différent cette fois. Cette différence était entre Ebba Akerlund... Ebba se rendait à pied à la rencontre de sa mère après l'école quand elle fut assassinée par un attaquant islamiste."

Expliquant son plan pour le massacre, le tireur écrit qu'il agit "avant tout pour montrer aux envahisseurs que nos terres ne seront jamais leurs terres, que nos foyers sont à nous, et que, aussi longtemps que vit un homme blanc, ils ne conquerront JAMAIS nos terres et ne remplaceront jamais nos peuples."


Radicalisé en France. La "seconde étape" de sa radicalisation vient d'un séjour en France. Citant Ouest-France:

La victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen lors de la présidentielle française de 2017, est celle, selon lui, d’un "ancien banquier internationaliste, mondialiste, anti-blanc" contre une "mollassonne" et "timide". Il juge d’ailleurs le parti de Marine Le Pen "complètement incapable de créer un réel changement".

Il fait le portrait d'une France peuplée d’envahisseurs "non-blancs", qu’importe la taille de la ville. Les Français y sont décrits comme "pessimistes", le pays comme "en perte de culture et d’identité" et l'auteur du Manifeste déplore la pauvreté des "solutions politiques offertes".


En observant dans un cimetière militaire "les croix blanches" à l’horizon, Brenton Tarrant dit avoir "éclaté en sanglots", précise LCI.

D'autres détails filtrent encore dans les médias, mais sont moins rapportés. Le terroriste conçoit parfaitement la possibilité qu'il meure au cours de l'attaque. Mais s'il y survit, dit-il, il se fera un plaisir de "contribuer à être à la charge de l'État tout le reste de sa vie," une façon supplémentaire d'afficher sa haine des gouvernements comme celui de Nouvelle-Zélande.

Manque de chance, le pays a aboli la peine de mort pour tous les crimes en 1989. Et maintenant des gens manifestent pour la rétablir. Apparemment l'idée que certains crimes méritent une peine adéquate (re)fait gentiment son chemin.

Traitement médiatique

Les quelques extraits ci-dessus montrent que le terroriste, son acte et sa personnalité ont intéressé les médias aux plus haut point, bien qu'ils soient gênés de "faire de la publicité" à l'acte et à son auteur. Les médias évoquent la réaction de Néo-zélandais qui offriraient des millions de dollars de dons aux victimes, se couvriraient la tête ou achèteraient en réaction de la viande halal. On attendra la symétrie des musulmans qui offriraient des millions de dollars à des victimes de l'islam, rejetteraient le voile ou achèteraient du porc comme protestation après un attentat islamiste...

Il ne fallut que quelques heures avant que la polémique sur le contrôle des armes ne surgisse. "Ils n'apprennent jamais", se lamenta Leesa K. Donner sur LibertyNation.

La Nouvelle-Zélande applique déjà une politique assez stricte de contrôle des armes à feu. Posséder une arme au pays des Kiwis n’est pas un droit, mais un privilège accordé à ceux qui sont prêts à obéir à toutes les lois sur les armes à feu. Et elles sont nombreuses. Tout le monde doit avoir une licence et faire vérifier ses antécédents. Ils doivent tous suivre un cours sur la sécurité - la possession légale d'une arme à feu est un processus long et ardu. Si vous pouvez imaginer une loi sur le contrôle des armes à feu, la Nouvelle-Zélande l'a probablement déjà dans ses tablettes.


1,2 millions de citoyens disposent déjà d'une arme, dans un pays vaste et peu peuplé qui contient plus de moutons que d'humains. Il ne sera pas facile de désarmer tout le monde ; mais comme le rappelle la chroniqueuse, "cela n'aurait eu aucun effet sur la tuerie de Christchurch de toute façon".

L'ONU devient d'extrême-droite. Suivant un scénario rodé, l'assassin est associé aux personnalités politiques gênantes du moment ; les médias français sont à deux doigts d'accuser Marine Le Pen de complicité dans la tuerie. Ici, pas de déséquilibré, pas de "piste terroriste possible", pas de padamalgam - c'est tout le contraire.

Le manifeste du terroriste est aussi jeté aux orties, puisqu'il expose la théorie du Grand Remplacement qui ne saurait être qu'un délire issu de l'esprit fiévreux d'un militant d'extrême-droite. Dommage que celle-ci soit officiellement disponible sur le site de l'ONU sans compter les innombrables déclarations des responsables de l'organisation encourageant les migrations massive de population du Tiers-monde comme moyen "d'équilibrer" la démographie de l'occident vieillissant.

Pendant ce temps au Nigeria... Certains internautes pointent du doigt un certain déséquilibre: ainsi, Breitbart.com rapporte que 120 chrétiens ont été tués au Nigeria par des islamistes durant les trois dernières semaines. Quels médias mainstream ont évoqué ces massacres? La réponse est rapide: aucun.

Les réseaux sociaux font l'objet de furieuses polémiques. Un Internaute s'insurge ainsi que 122 attentats terroristes islamistes aient eu lieu dans les 30 derniers jours, provoquant 859 morts dans 21 pays. Mais Facebook veille à ce que l'information ne s'affiche pas facilement:

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L'outrage semble surtout être vis-à-vis des opinions politiques de Facebook...

Et si l'ont prend des statistiques plus anciennes, on en serait à 34'717 morts  dans le monde depuis le 11 septembre 2001 - en prenant uniquement en compte les attentats islamistes terroristes identifiés comme tels et non pas les attaques, coups de poignards, écrasement par véhicule et autre égorgements proférés par de simples "déséquilibrés".

"Peut-être que la vie des musulmans vaut plus que celle des chrétiens?" demandent des Internautes. Je ne pense pas que cela soit le cas, simplement parce que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste. Selon moi, la particularité de la tuerie de Christchurch vient de la personnalité du tueur et de ses motivations.

Les services de sécurité du monde entier sont sur la sellette, et la Nouvelle-Zélande ne fait pas exception. Elle emploie d'immenses ressources pour mener la vie dure à Kim Dotcom de Megaupload, doubla son budget depuis 2012, mais s'avéra incapable de déceler un profil comme celui du terroriste de Christchurch. Alors, à quoi sert tout cet argent?

Dans la tête d'un terroriste musulman

L'attaque terroriste de Christchurch monopolisa les médias, mais elle ne fut même pas la dernière de ces jours. Une actualité chasse l'autre, comme on dit. Lui succéda, le 18 mars, une "fusillade" à Utrecht, aux Pays-Bas. L'auteur serait un certain Gökmen Tanis, Turc de 37 ans passé par la Tchétchénie et en contact avec des individus partis faire le djihad au sein de l'État Islamique.

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Bien que le mode opératoire et la personnalité du tueur fassent partie des grands classiques, on parla longtemps d'acte terroriste "possible", l'autre possibilité étant le "déséquilibre", tant il est commun de se promener en ville en ouvrant le feu sur les individus croisés en chemin.

On n'en sait encore peu sur Gökmen Tanis, mais certains détails de son passage à l'acte sont clairs, même si les médias évitent d'en parler. Le passage à l'acte de Gökmen Tanis à Utrecht pourrait être consécutif à celui de Brenton Tarrant à Christchurch.

Autrement dit, face à un déséquilibré ouvrant le feu sur des musulmans innocents, un autre déséquilibré à l'autre bout du monde ouvrirait le feu sur des civils innocents.

Ainsi, Gökmen Tanis aurait publié sur un compte Twitter lui appartenant une photographie du fusil utilisé par le tireur de Nouvelle Zélande.

Une guerre civile qui ne dit pas son nom

Un autre Bretton Tarrant serait difficile à déceler tant il fut banal avant son passage à l'acte. Il existe probablement des centaines de milliers, voire des millions de Bretton Tarrant d'avant Christchurch de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

De même, il existe des centaines de milliers, voire des millions de Gökmen Tanis d'avant Utrecht de par le monde. La plupart ne passeront heureusement jamais à l'acte, mais d'autres, si.

Le but de l'exercice n'est pas de compter la proportion des uns et des autres, mais de comprendre que les Bretton Tarrant et les Gökmen Tanis sont tous deux persuadés d'être en guerre, une guerre totale. Ils n'hésitent pas à s'attaquer à des civils désarmés dans des tueries plus ou moins improvisées, fut-ce à 20'000 kilomètres l'un de l'autre, dans un échange mortel.

Les gens normaux sont saisis d'horreur face à leurs actes, mais une partie de l'opinion publique peut aussi penser que nous nous dirigeons petit à petit vers une guerre civile en bonne et due forme. Elle éclatera réellement si une proportion suffisante de gens le pensent ainsi - en particulier des leaders politiques - peu importe le désir de paix de la majorité.

La masse critique n'est pas encore atteinte, mais lorsque les opérations punitives commencent à s'enchaîner de part et d'autre du globe, la trajectoire devient franchement inquiétante.

03 mars 2019

Censure et contre-censure

Sur Internet la liberté d'expression se réduit comme peau de chagrin, mais tout n'est pas perdu.

Facebook, pris encore une fois dans un scandale de manipulation

La duplicité de Facebook a été dévoilée le 27 février par Project Veritas, un site spécialisé dans la traque de la corruption. Grâce à un lanceur d'alerte employé de Facebook, le site dévoile preuve à l'appui les mécanismes internes du géant de l'Internet pour filtrer les contenus politiquement déplaisants et les utilisateurs en relation.

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Le lanceur d'alertes, amenant avec lui des preuves sous la forme de documentation et de photos d'écran, révèle que le réseau social géant a "pour habitude" de supprimer des pages politiquement connotées à droite. Le réseau social ne s'appuie ni sur un filtrage manuel ni sur des signalements d'utilisateurs mais sur un processus systématique, automatisé et appuyé par une batterie de programmes, notamment le logiciel d'intelligence artificielle "Sigma".

Sigma analyse les mots-clés associés par exemple à une vidéo et peut ensuite déclencher une "dégradation" de la publication, appelée ActionDeboostLiveDistribution. Équivalent à un coefficient de visibilité négatif, cette dégradation diminue la fréquence de présence de la vidéo dans les flux de nouvelles des autres utilisateurs, supprime les options de partage, et désactive les notifications interactives liées à sa présence.

Le lanceur d'alertes put citer de nombreuses personnalités conservatrices ciblées par Facebook, comme le comédien et commentateur de droite Steven Crowder, qui obtint en 2016 un accord financier extra-judiciaire avec Facebook après avoir dénoncé une limitation arbitraire de la visibilité de ses vidéos. Il ne put en revanche citer aucune personnalité de gauche ciblée par cette politique.

L'Intelligence artificielle Sigma, développée à l'origine pour détecter des publications invitant au suicide ou à l'automutilation, a semble-t-il trouvé bien d'autres sujets à traiter. L'outil s'inscrit dans la stratégie développée dans un document de Facebook écrit par deux ingénieurs, Seiji Yamamoto et Eduardo Arino de la Rubia, visant à combattre les "abus coordonnés" sur la plateforme. La définition de ces abus est de plus en plus élastique ; s'y rattachent désormais les publications "qui ne sont pas à proprement parler des discours de haine mais qui s'en rapprochent", c'est-à-dire, alors qu'aucune définition juridique n'existe pour un discours de haine, de choses "qui pourraient offenser quelqu'un". Vaste programme...

Qu'on se rassure, la définition d'une offense est politiquement orientée d'emblée grâce au vocabulaire employé. Ainsi, évoquer les Social Justice Warriors, surnom donné à ces militants engagés dans toutes les causes de la gauche, est un marqueur immédiat d'évaluation négative. Même chose pour ceux qui emploient le terme de pilule rouge: il est important, aux yeux des ingénieurs de Facebook, que nul utilisateur ne soit "amené à remettre en question sa représentation de la réalité" à travers la plateforme. On se croirait en pleine dystopie.

Les médias habituels sont évidemment muets sur le sujet: cela correspond tant à leur propre point de vue! Mais la liberté de penser trouve toujours un chemin...

Gab, la riposte

Né en 2016, Gab (via Gab.ai ou Gab.com) est un réseau social particulier car réduit à sa plus simple expression. Son intitulé de mission est limpide:

"Un réseau social qui promeut la liberté d'expression, la liberté individuelle et le libre flux d'information en ligne."


Pour lire un peu de prêt-à-penser sur Gab, rien de mieux qu'une visite sur Wikipédia:

Gab est un service de réseautage social en ligne basé à Austin, au Texas, créé pour servir d'alternative aux réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Reddit.

[Il] permet à ses utilisateurs de lire et d'écrire des messages comportant jusqu'à 300 caractères, appelé « gabs ». Le site propose également des fonctionnalités multimédia et s'est donné pour mission de servir ses « utilisateurs et la liberté de parole en premier ».

Il gagne en audience après la tuerie de la synagogue de Pittsburgh, le terroriste antisémite ayant un profil vérifié sur le site. Gab cible une audience marquée à l’extrême droite, comme les néo-nazis, les conservateurs (sic!), l'alt-right et les suprématistes blancs. Plusieurs figures de ces mouvements y sont par ailleurs actives, comme Richard B. Spencer, Mike Cernovich, ou Alex Jones.


On admirera la tournure... Typique de Wikipédia, dirons-nous, de la description du réseau social. L'utilisation de la tuerie de Pittsburgh contre Gab est particulièrement savoureuse: non seulement Gab désactiva le profil de l'utilisateur dès qu'il eut connaissance de son identité, mais si un tel argument était recevable pour détruire un réseau social, alors Facebook ou Twitter devaient être mis hors ligne séance tenante pour héberger des milliers de comptes liés à des terroristes, des tueurs en série ou des extrémistes musulmans (lire ici et ici pour quelques exemples).

Néanmoins, l'argument fut aussi facilement reçu que Gab était une menace - une menace contre l'approche corporatiste et contrôlée de la diffusion d'information sur les réseaux sociaux. Dire que Gab fut combattu est bien en-deçà de la vérité. D'importantes manœuvres eurent lieu pour lui couper l'accès à ses serveurs du jour au lendemain, pour couper son financement et pour empêcher ses utilisateurs de l'employer. Aujourd'hui encore l'application mobile Gab a été retirée tant de l'App Store que du Play Store - sans aucune explication ni d'Apple ni de Google.

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Rien dans ce que fait ou propose Gab n'est contraire à la loi. Contrairement aux mensonges délibérément propagés, on ne peut pas dire n'importe quoi sur Gab. La société est basée au Texas et obéit donc à la législation américaine en matière de liberté d'expression. Celle-ci est vaste, c'est vrai, mais ni infinie, ni incontrôlée.

Des individus peu recommandables sont allés sur Gab après avoir été bannis d'autres réseaux sociaux, c'est incontestable. Mais d'autres individus parfaitement recommandables ont aussi été bannis des réseaux sociaux à cause de leurs opinions politiques, dans une chasse aux sorcières qui ne semble pas avoir de limite. De nombreux utilisateurs concernés comprennent donc que le contrôle des GAFA sur Internet prend une tournure de plus en plus inquiétante et qu'il devient nécessaire de s'inscrire sur Gab.

Gab rencontre donc un certain succès. Gab a désormais ses propres serveurs, son propre gestionnaire de domaine, son propre processus de paiement et résiste à des attaques de déni de service quotidiennes. Suivant l'adage du "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", il a surmonté tant de tentatives pour l'éteindre qu'on peut estimer qu'il devrait tenir debout encore longtemps.

Voire, de riposter.

Dissenter, le gant est jeté

Si les patrons de Facebook ou de Google détestaient Gab, ils ont désormais une bonne raison de le haïr: Gab Dissenter.

facebook,liberté d'expression,censureGab Dissenter - ou simplement Dissenter - est un nouveau service récemment lancé par Gab. Il permet tout simplement de commenter n'importe quelle page Internet au sein de la communauté Gab.

Comment cela fonctionne-t-il? Rien de plus simple. Il suffit d'installer sur son navigateur le plug-in Dissenter et ensuite, depuis n'importe quelle page du web, de cliquer sur l'icône et d'écrire son commentaire ou de consulter ceux des autres utilisateurs. On peut aussi, naturellement, voter pour les commentaires d'autrui ou y répondre. D'autres fonctionnalités sont prévues comme de permettre d'intégrer directement les commentaires dans un site.

Du point de vue technique, c'est absolument imparable: l'identité unique d'une page est reconnue de la même façon par Dissenter qu'elle l'est par les robots des moteurs de recherche. Autrement dit, à moins de saboter sa visibilité pour ne plus apparaître sur Google, personne ne peut empêcher les utilisateurs de Dissenter de commenter la page.

Alors que le service n'est même pas vieux d'une semaine, les commentaires Dissenter apparaissent déjà sur des lieux normalement fermés aux commentaires - qu'il s'agisse de vidéos YouTube, de pages de Wikipédia ou d'articles de presse suscitant des réactions qui ne s'inscrivent pas dans la pensée officielle.

Dissenter n'a rien de révolutionnaire ; un service comme hypothes.is permet déjà le même genre d'annotation de site web. Même Google proposa un service équivalent appelé Sidewiki dix ans plus tôt, mais qui fut abandonné faute d'avoir décollé. Car ce n'est pas tout que de proposer un service, il faut que celui-ci atteigne son public ; et à l'heure actuelle, l'initiative de Dissenter tape dans le mille.

Il faudra peut-être un peu plus de temps pour que Dissenter perce en langue francophone mais cela viendra, ne serait-ce qu'à cause de la frustration accumulée par les Internautes face à des articles fermés aux commentaires sur 24Heures ou 20 Minutes, pour ne prendre que l'exemple de la presse romande.

Conclusion

Il y a plusieurs façons de contrôler l'information sur Internet, mais celle qui prévaut aujourd'hui sur la plupart des médias en ligne se résume en une phrase: "comme certains utilisateurs disent des choses déplaisantes, nous devons désactiver les commentaires pour tout le monde".

En suivant exactement la même logique, puisque Hitler buvait de l'eau, il faudrait interdire la consommation d'eau. On voit à quel point l'argument ne tient pas debout. Celui qui enfreint la loi doit être puni, il n'y a aucune raison de censurer l'opinion de tout le monde... À moins que l'idée ne soit justement de contrôler par la force les "opinions acceptables" qu'un média souhaite laisser afficher sur ses pages. Les rédactions choisissent l'option nucléaire dès que la discussion risque d'aller hors des sentiers balisés. Une alternative comme Dissenter pourrait leur faire perdre aussi cette bataille.

L'idée que la censure soit nécessaire pour "lutter contre l'extrême-droite", fantasme ou réalité, revient à dire que des gens réellement convaincus d'opinions racistes, extrémistes, xénophobes, antisémites, nazies ou autres ne pourraient se voir opposer des arguments solides dans le cadre de la liberté d'expression. L'argument est absurde: ces opinions ont précisément reculé à des époques où la liberté d'expression était bien plus répandue qu'aujourd'hui.

En revanche, on comprend bien mieux l'utilité de la censure lorsque l'anathème de l'extrême-droite n'est qu'un prétexte jeté au visage d'adversaires politiques pour mieux les réduire au silence.

26 février 2019

États-Unis: le marécage exposé

Face à l'opiniâtreté de nombreux enquêteurs privés (grâces en soit rendue à Tom Fitton et son équipe de Judicial Watch et leur utilisation résolue du Freedom of Information Act) des pans entiers des manipulations et des magouilles orchestrées ces dernières années par des politiciens de premier plan remontent peu à peu à la surface.

Les créatures de vase qui s'épanouissent arrosées par l'argent public ruisselant dans Washington D.C. ne sont pas des plantes comme les autres: elles ne supportent pas la lumière. Et lorsque celle-ci survient dans les profondeurs les plus troubles des marais, c'est la panique générale, la lutte pour la survie, le règne du chacun pour soi.

Nous devinons que les choses deviennent intéressantes quand les individus concernés s'accusent les uns les autres d'être des menteurs et que même le Président Trump commence à parler de trahison.

Mais commençons par le commencement.

Dramatis Personae

Il serait trop long de dévoiler l'entier du CV de toutes les personnes concernées, mais voici la liste de quelques-uns des acteurs principaux du drame et la façon dont leur nom ont été portés à la connaissance du grand public.

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De gauche à droite et de haut en bas: Rod Rosenstein, Robert Mueller, Hillary Clinton, James Comey et Lois Lerner.

Rod Rosenstein. Procureur Général Adjoint et numéro 2 du Ministère de la Justice derrière le Procureur Général Jeff Sessions, il était notoirement en tension avec Donald Trump au sujet du limogeage du Directeur du FBI James Comey. Il fut l'homme qui proposa Robert Mueller comme procureur spécial sur "l'enquête russe" avant d'être débarqué de la gestion de celle-ci après le remplacement du Procureur Général.

Robert Mueller. Nommé par Rod Rosenstein, le procureur spécial est chargé de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump ("l'enquête russe"). Il fut Directeur du FBI pendant douze ans, jusqu'en 2013.

Hillary Clinton. Politicienne qu'on ne présente plus, Hillary Clinton, outre sa candidature malheureuse à la présidentielle américaine de 2016, a été Secrétaire d'État (Ministre des affaires étrangères) pendant quatre ans sous Barack Obama et bien sûr femme du Président Bill Clinton. Elle a été entachée par différents scandales comme l'affaire Benghazi ou l'affaire des emails qui ont terni sa réputation publique mais sans jamais mener à une condamnation, ni même à un procès. Les Clinton tirent une gigantesque fortune de l'organisation "caritative" Clinton Foundation.

James Comey. Directeur du FBI après Robert Mueller (qu'il connait personnellement et apprécie), James Comey se fait remarquer par une valse-hésitation étonnante quelques semaines avant l'élection présidentielle de 2016. Il annonce que l'enquête sur le serveur d'email privé d'Hillary Clinton doit être rouverte, puis quelques jours plus tard que celle-ci est terminée sans conséquence, faute d'éléments suffisamment graves pour étendre les poursuites. James Comey sera limogé en mai 2017 à la suite de nombreux démêlés avec Donald Trump.

Lois Lerner. Peu connue du grand public, elle se fit remarquer lors de son passage à l'Internal Revenue Service (IRS) en 2005 par sa propension à lancer une vague de contrôles fiscaux discrétionnaires contre les organisations conservatrices. Elle rejeta ces allégations de partialité et fut pardonnée de tout agissement non conforme par l'Administration Obama en 2015... Suivant une enquête validée par un certain James Comey.

Comme dans les bonnes séries américaines, un dévoilement de l'intrigue implique de faire quelques retours sélectifs dans le passé, des flashbacks comme on dit dans le jargon. Quelques Internautes chevronnés se chargèrent de cette reconstruction, reposant sur d'innombrables documents officiels.

Voici donc comment les pièces du puzzle pourraient bien s'assembler.

Flashback: 2001.

Nous sommes en 2001. Une enquête est en cours sur la Clinton Foundation. Les choses se présentent mal: les gouvernements du monde entier ont fait des dons "de charité" à la Fondation mais pourtant, entre 2001 et 2003, aucun de ces dons n'a été déclaré. Un Grand Jury a été convoqué.

Mais quelqu'un reprend l'enquête en 2005 - un certain James Comey. Et au même moment une certaine Lois Lerner rejoint l'IRS, spécifiquement dans la branche traitant de l'exonération fiscale des dons. Coïncidence, certainement. Tout comme le fait que la division des impôts, au sein du Département de la Justice, soit dirigée de 2001 à 2005 par un certain Rod Rosenstein.

Au même moment, Robert Mueller est Directeur du FBI.

Ces personnes avaient toutes en commun d'être enquêteurs de premier plan ou informés des moindres détails de l'enquête sur la Fondation Clinton. L'enquête ne débouche sur rien.

Flashback: 2009.

Nouveau Flashback. Nous sommes en 2009.

James Comey quitte le Ministère de la Justice pour aller toucher des chèques chez Lockheed Martin. À la tête du Département d'État, Hillary Clinton dirige les affaires étrangères du gouvernement, sur son propre serveur de messagerie électronique.

Le "problème" d'Uranium One est porté à l'attention de la Secrétaire d'État Hillary. Pense-t-elle que la vente de 20% des réserves d'uranium américain à des Russes correspond aux meilleurs intérêts des États-Unis? Comme tout bon fonctionnaire censé défendre les intérêts des États-Unis, elle réfléchit un moment... puis décide de soutenir la décision.

L'Amérique ne retire aucun avantage particulier de ce deal. En revanche, peu de temps avant son approbation officielle, Bill Clinton se rend à Moscou où il reçoit un demi-million de dollars pour un discours d'une heure. Il y rencontre ensuite Vladimir Poutine, à son domicile, pendant quelques heures.

Le FBI avait une taupe dans toute cette opération. Mais le Ministère de la Justice lui intime le silence via une ordonnance assortie de menaces de prison en cas de fuite. L'affaire était traitée en délégation par le Bureau du Procureur américain dans le Maryland, par un certain... Rod Rosenstein.

Robert Mueller était encore le directeur du FBI pendant cette période. Il a même livré en personne un échantillon d'uranium à Moscou en 2009!

Peu après la vente, des entités directement liées à l'accord Uranium One versent pour 145 millions de dollars de dons à la Clinton Foundation.

Rappelons qu'à cette époque encore Lois Lerner travaille encore à l'Internal Revenue Service, Division des œuvres de bienfaisance, pour vérifier la conformité des dons avec la loi. Tout va bien, circulez.

Flashback: 2015.

En raison d’une série d’événements tragiques à Benghazi en 2012 et après les 9 enquêtes menées par la Chambre, le Sénat et le Département d’État, Trey Gowdy, qui dirige une dixième enquête en tant que Président du comité restreint sur Benghazi, découvre que Hillary dirigeait les affaires du Département d'État à travers un serveur de messagerie personnel non déclaré, non autorisé et hors la loi. Il découvre également qu'aucun de ces courriels n'a été remis au Gouvernement lors de son départ de sa fonction de Secrétaire d'État, ce qui était pourtant une obligation légale. Il découvre également que son courrier électronique personnellement archivé contenait des informations classifiées Top Secret.

Épargnons-nous tous les scandales qui entourent ce dossier et la façon dont "l'enquête" le concernant a été menée. Résumons en disant que tout ce qu'il était humainement possible d'entreprendre pour sauver Hillary a été entrepris.

Devinez qui est devenu Directeur du FBI en 2013? Nul autre que James Comey - à l'issue d'un passage fructueux chez Lockheed Martin. Jugez plutôt: pendant qu'il travaillait là-bas, le constructeur obtint 17 contrats avec le Département d'État (dirigé par Hillary) sans passer par une procédure d'appel d'offres. À titre de remerciement pour la qualité de son travail, M. Comey fut récompensé par une jolie prime de départ de six millions de dollars.

Maintenant Directeur du FBI, il est naturellement en charge de l'enquête sur le serveur mail de Clinton. De la même façon qu'il ne trouva rien à redire aux agissements de Lois Lerner à l'IRS, il ne trouve rien à redire à la gestion du serveur mail de Clinton. En avril 2016, il rédige une lettre d’exonération d’Hillary Rodham Clinton tandis que le Ministère de la Justice distribue les deals d'immunité comme des bonbons. Personne ne prend même la peine de convoquer un Grand Jury.

Le 8 juillet 2016, James Comey passe devant les caméras lors d'une conférence de presse où il exonère publiquement Hillary de tout acte répréhensible. On se demande pourquoi.

Retour au présent.

Mais les choses ne s'arrêtent pas là. Rod Rosenstein est promu Procureur Général Adjoint, et James Comey est renvoyé sur la base d'une lettre défavorable rédigée par ce dernier. James Comey divulgue des informations confidentielles à la presse. Robert Mueller est affecté à la traque de prétendue "ingérence russe" dans l'élection présidentielle de 2016 dans le but de faire tomber Trump. La campagne du candidat Trump a été infiltrée par des agents et espionnée par le FBI sur la base de documents contrefaits dont l'origine a été cachée au juge chargé d'approuver l'espionnage. L'histoire se poursuit.

Détournement des procédures, instrumentalisation des services secrets dans un but politique, trafic d'influence, corruption, quel que soit le crime il y a de fortes chances qu'il ait été commis par un membre de ce petit groupe et de quelques autres.

Toujours les mêmes. Tous compromis et, désormais, en conflit. Tous œuvrent aujourd'hui à ne pas aller en prison eux-mêmes. Tous sont reliés d'une façon ou d'une autre aux Clinton.

Au moment où ces lignes sont rédigées, la Clinton Foundation, qui a brassé plus d'argent douteux que n'importe quelle autre ONG américaine dans l'histoire, n'a jamais été auditée par l'Internal Revenue Service. Les Clinton et leur fondation ont toujours échappé à toute inculpation de la part d'une agence fédérale américaine.

Le frère de James Comey travaille pour DLA Piper, le cabinet d'avocats chargé des impôts de la Clinton Foundation. Coïncidence encore...

La pièce manquante?

Il manque un individu dans le tableau. Une certaine Lisa Barsoomian. Examinons un peu ses antécédents. Lisa H. Barsoomian, avocate diplômée de l'université de Droit de Georgetown, est une protégée de James Comey et de Robert Mueller. Mme Barsoomian et son patron R. Craig Lawrence représentaient Bill Clinton en 1998.

Maître Lawrence a également représenté:

  • Robert Mueller trois fois ;
  • James Comey cinq fois ;
  • Kathleen Sebelius 56 fois ;
  • Bill Clinton 40 fois ;
  • Hillary Clinton 17 fois.

Entre 1998 et 2017, Mme Barsoomian elle-même a représenté le FBI au moins cinq fois.

Vous vous demandez peut-être si le travail accompli par cette femme a une quelconque importance là-dedans? C'est bien normal, et d'autres se la posent aussi. Ils s'en inquiètent même tellement que tous les documents liés à la représentation de Bill Clinton face à la Cour dans le cas Clinton contre Hamburg en 1998 et son appel en 1999 ont été purgés. Même Internet a été nettoyé de tout document lié à Mme Barsoomian.

Historiquement, cela pourrait indiquer que Mme Barsoomian travaille comme agent protégé de la CIA. En outre, Mme Barsoomian s'est spécialisée dans les rejets de requêtes du Freedom of Information Act au nom de la Communauté du Renseignement. Alors que la juriste a été impliquée dans des centaines de dossiers liés au Bureau du Procureur Général des États-Unis, l'adresse email de Mme Barsoomian est en @nih.gov - nih pour National Institute of Health. Ce genre de pratique est un autre classique de la CIA pour protéger la confidentialité de ses employés en les présentant sous l'étiquette d'une autre agence gouvernementale.

Quelle importance peut avoir tout ceci dans le grand ordre des choses, demanderez-vous? Eh bien, en tant que juriste de la Communauté du Renseignement, Mme Lisa Barsoomian a eu et a toujours un accès privilégié à d'innombrables documents sur tout ce qui a trait aux affaires en cours - des droits de douane contre la Chine en passant par les enquêtes sur les fuites de James Clapper, les fuites de James Comey, tous les détails de l'enquête liée au complot de la Maison Blanche d'Obama, du FBI et de la CIA visant à destituer Donald Trump sous couvert du 25e Amendement, et ainsi de suite.

Détail sans importance, Lisa Barsoomian est l'épouse de Rod Rosenstein.

En guise de conclusion

Il est facile de s'exonérer de tout lorsque les personnes chargées d'enquêter les unes sur les autres ont des liens croisés d'intérêt, allant jusqu'à contribuer à leurs promotions réciproques. Ainsi les journalistes mainstream peuvent répéter à l'envi que toutes les enquêtes nécessaires ont été menées et conclure que les accusés sont blancs comme neige. Ils défaussent tout avis contraire comme la marque évidente d'une corruption idéologique d'extrême-droite.

Bien sûr, tous les liens exposés plus haut seront immédiatement écartés en tant que "théorie du complot", bien qu'il s'agisse de faits établis et documentés à travers le Freedom of Information Act.

Tout est tellement plus simple ainsi.

21 février 2019

Confessions d'un Internaute corrompu

"Gagnez de l'argent sans vous fatiguer! Aucune qualification requise!" Ces "offres d'emploi" pour du travail à domicile ou non se retrouvent régulièrement dans les boîtes aux lettres de tout un chacun, mais à quoi correspondent-elles?

Une Internaute se présentant le pseudo de princessarista nous livre son témoignage sur Reddit. Il est assez instructif de la façon dont l'opinion semble de plus en plus manipulée sur Internet.

 


 

Je suis payée pour poster sur Reddit

Je pourrais avoir des ennuis en racontant tout cela, mais je suis sur le point de décrocher un meilleur job de toute façon. Je pense que les gens devraient savoir avec qui ils discutent.

Avez-vous déjà répondu à une de ces offres de "travail en ligne"? Quelquefois, les compagnies de relations publiques embauchent bon marché de jeunes travailleurs comme moi pour créer en ligne un faux sentiment de consensus. On appelle ça le marketing camouflé, mais à mes yeux c'est juste du mensonge. J'ai été payée pour le faire ici et dans les commentaires d'un certain site d'information pour le public féminin.

Simplement, je vais dans un petit bureau six jours par semaine, travaillant juste ce qu'il faut pour que mon activité ne soit pas qualifiée de travail à temps plein. Il y a environ vingt d'entre nous là-bas un jour donné, des gens différents chaque jour. Ils continuent à faire tourner les gens et à embaucher des extras pour que personne n'arrive à quarante heures [hebdomadaires].

Certains d'entre nous ne font même pas du marketing pour le même client, mais nous travaillons clairement pour la même firme de relations publiques. Je viens de dire "travaillons pour"? Nous sommes tous des "employés à titre temporaire", pour sûr.

Je navigue dans les sections de commentaires à la recherche du politicien dont je dois m'occuper. On nous donne un script. Si un commentateur mentionne A, alors nous devons répondre avec B. Si un commentateur mentionne "un quelconque point négatif X", nous devons répondre avec un vague contrepoint, comme considérer notre candidat comme "authentique" ou affirmer "regarde ce qu'il a accompli" mais sans rentrer dans rien de plus spécifique.

Il y a même un script pour quand l'autre commentateur est en train de remporter la discussion. Nous avons spécifiquement pour instruction de faire dérailler la discussion. On balance de la boue, et à la fin, on accuse l'autre commentateur d'être un adepte de théories du complot/un taré à chapeau en feuille d'alu. De cette façon, quiconque lisant la discussion verra ces points négatifs associés à des gens bizarres.

Je suis entrée en discussion aujourd'hui avec quelqu'un qui était, à mon avis, membre de l'équipe d'un politicien adverse. J'utilisais mon script, et je pense qu'il devait lui aussi utiliser un script de son côté. Des réponses toutes faites qui s'enchaînaient. L'impression était étrange, une joute futile entre deux menteurs. Je me demandais, qu'est-ce que cette personne pense vraiment?

Quoi qu'il en soit, je pense que les gens devraient savoir qu'il ne faut pas prendre trop au sérieux les discussions politiques qu'ils lisent [sur les réseaux sociaux]. Si vous voulez avoir un échange sincère sur le sujet, faites-le en personne ou dans un groupe Facebook au sein duquel vous connaissez vraiment les personnes qui interviennent. Si vous discutez de politique sur n'importe quel forum anonyme, il y a des chances que vous soyez juste en train de vous prendre le bec avec un employé d'une société de marketing.

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Triste, mais très vraisemblable. Et on peut parier que d'ici quelques temps, si ce n'est déjà fait, les IA remplaceront ces petites mains pour se livrer à leur sinistre besogne de manipulation, 24 heures sur 24, sans rien laisser passer.

Jamais dans notre société le rapport signal/bruit n'a été aussi défavorable à l'émergence d'opinions construites sur de la véritable information.