29 juin 2019

Un rejet total de la théorie du Réchauffement climatique (troisième partie)

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, mais c'est le devoir de l'honnête homme de les énoncer. Le Conseil Communal de Renens eut donc à endurer un premier épisode resituant le ridicule de la "lutte" contre le réchauffement climatique en Suisse, et un deuxième épisode remettant en question la théorie elle-même. Mais il restait un point en suspens: cui bono, à qui profite le crime?

réchauffement climatique,mensonges

Le texte suivant, douloureux pour les collectivistes bien décidés à exploiter les théories réchauffistes, a été présenté jeudi 27 juin en entraînant les glapissements de circonstances. Les réactions outrées, comme d'habitude, s'attaquèrent au messager et à ceux qu'il cite plutôt qu'à ses arguments. Comme je le précisais moi-même à une interlocutrice peu inspirée qui m'accusa "de tout inventer", n'hésitez pas à suivre les liens de cette version écrite.

 


 

Mesdames et Messieurs,

Je n'avais pas prévu de revenir devant vous pour parler de Réchauffement Climatique mais avec le thème de ce soir sur des Assises du Climat, vous m'obligez.

Les Assises du Climat? Le nom ronflant d'un nouveau projet de communication pour notre Commune, visant cette-fois ci à rassembler, fédérer, capter et enfin exploiter la "panique climatique" si soigneusement implantée dans notre jeunesse.

Cela les amène à des situations ubuesques, comme ces jeunes militants en tête de cortège contre l'Urgence Climatique le vendredi et, le dimanche, dans l'avion avec toute leurs camarades et leurs professeurs pour un voyage d'étude bien mérité. Peut-être sont-ils incohérents ; ou peut-être ont-ils déjà compris l'hypocrisie au cœur de la prétendue lutte contre le prétendu Réchauffement Climatique prétendument d'Origine Humaine.

Les adolescents de notre pays sont devenus d'un conformisme absolu vis-à-vis de ce que les médias et l'instruction publique ont décidé pour eux. Ils en sont arrivés à descendre dans la rue scander pour de nouvelles restrictions à leur liberté et de nouvelles taxes sur leur avenir. Mais ils ne sont pas les seuls.

Nous touchons là au cœur de la démarche, la raison pour laquelle tout ce cirque existe. Elle tient en quelques mots:

Le Consentement à l'Impôt.

Le Réchauffement Climatique est une invention merveilleuse, fantastique même, pour faire accepter aux gens une servitude qu'ils n'auraient jamais accepté autrement. Un concept aussi indémontrable que la température moyenne mondiale, des échéances si lointaines qu'elles sont à l'horizon de l'existence de chacun, une responsabilité diluée à l'échelle de l'espèce humaine, c'est l'excuse absolue!

Au nom de cette chimère, on sacrifie tout, on accepte tout, et on se fouette le dos.

Le plus grand crime commis par ceux qui propagent ce mensonge, en particulier auprès de la jeunesse, est sans doute de l'avoir substitué à la protection de la nature. Or, la lutte contre le réchauffement climatique, loin d'aider à préserver l'environnement, le détruit. La lutte contre le réchauffement climatique n'a que faire de la préservation de la biodiversité ou de la purification des sols. Ces objectifs ne sont pas "vendeurs" pour nos apôtres de l'apocalypse climatique.

Alors, à la place, on défigure les paysages avec des éoliennes, véritables hachoirs aériens décimant oiseaux et chauves-souris, et les routes goudronnées pour accéder aux sommets où elles sont installées. On bâtit de polluantes centrales à gaz pour suppléer aux éoliennes par manque de vent. On couvre nos toits à grands frais de panneaux solaires produits en Chine dans des conditions environnementales catastrophiques. On subventionne la mobilité électrique en fermant les yeux sur le bilan énergétique du cycle de vie des batteries...

Je n'entre même pas en matière sur le financement d'études scientifiques bidon, des marchés publics biaisés et des bourses d'échange de droit d'émission de carbone gérées par des mafias - de véritables rivières d'argent détournées de la protection de la nature.

Mais je ne suis qu'un modeste Conseiller communal dans une petite ville vaudoise. Écoutons ce qu'en dit quelqu'un de plus connu, selon qui les entreprises "vertes" n’existent que sur le dos des contribuables:

Le mouvement vert a créé des histoires qui suscitent la peur chez le public. Vous avez les médias qui sont leur caisse de résonance - des fake news - répétant à maintes reprises au monde entier que ça va tuer leurs enfants. Et ensuite vous avez les politiciens écolos qui se payent des scientifiques avec l'argent du gouvernement pour nous faire peur avec des documents d'apparence scientifique. Et puis vous avez les entreprises vertes. Et les gens qui aspirent à des rentes de situation et des entrepreneurs corrompus qui profitent de subventions massives, d'énormes déductions fiscales et de mandats gouvernementaux exigeant une fortune pour l'emploi de leur technologie. Et, bien sûr, vous avez des scientifiques avec les bonnes dispositions, tout accros qu'ils sont aux subventions gouvernementales.

Quand ils parlent du consensus de 99% [de scientifiques] autour du changement climatique, un chiffre aussi ridicule que faux, la plupart des "scientifiques" - un mot à mettre entre guillemets - qui avancent cette théorie catastrophique sont payés par l’argent public. (...) Les entreprises privées espèrent tirer quelque chose d’utile de la recherche, qui pourrait leur permettre d’obtenir de meilleurs produits et d’en tirer profit. [Mais] la plupart de ces soi-disant scientifiques ne produisent simplement que de la peur, exploitée ensuite par des politiciens pour manipuler l'esprit des gens et obtenir leur vote...


Selon cette personne, l'abomination qui se produit aujourd'hui dans le domaine du climat est la plus grande menace pour les Lumières depuis celles proférées contre Galilée. "Rien d'autre ne s'en rapproche. C'est le pire crime contre la science dans l'histoire de la science." Car Galilée nous a fait comprendre qu'il fallait observer les événements réels, et prédire et répéter ces observations encore et encore, ce qui est le fondement même de la méthode scientifique.

Mais ici, nous "prenons le pas sur la science avec la superstition et une sorte de combinaison toxique de religion et d'idéologie politique. Il n'y a pas de vérité là-dedans. C'est un canular et une arnaque complète", conclut-il.

L'interview est disponible en anglais et en intégralité sur le site de Breibart News. Ses positions sont aussi citées dans la presse anglaise.

Mais je n'ai pas encore précisé qui est ce mystérieux orateur ; il s'agit de Patrick Moore, cofondateur et ancien président de Greenpeace.

Il y a là, je pense, matière à réfléchir.

réchauffement climatique,mensonges

24 mai 2019

L'affaire Vincent Lambert

Le débat fait rage en France depuis des mois et même des années autour du sort de Vincent Lambert. "De médicale et familiale, «l’affaire Vincent Lambert», comme il est convenu de l’appeler, est devenue sociétale, religieuse et politique, au beau milieu d’un incroyable feuilleton judiciaire", explique Le Temps, qui pose ensuite le contexte:

Victime d’un accident de voiture le 29 septembre 2008, Vincent Lambert, ancien infirmier psychiatrique aujourd’hui âgé de 42 ans, est «cérébrolésé» et vit dans «un état végétatif chronique irréversible», selon les médecins. Maintenu en vie à l’hôpital de Reims par une sonde lui apportant une alimentation et une hydratation artificielles, il n’est pas dans le coma, ni branché à une quelconque machine. Entre-t-il dans la catégorie des patients concernés par la loi sur la fin de vie en vigueur en France, qui prévoit non pas l’euthanasie, qui demeure illégale, mais la suspension des traitements ainsi que la mise en place d’un processus de sédation profonde en cas d’«obstination déraisonnable», le nom légal de l’acharnement thérapeutique, quand les soins «apparaissent inutiles, disproportionnés ou qu’ils n’ont d’autres effets que le seul maintien artificiel de la vie»?


Dans ce genre de circonstances, où est l'humanité? Est-ce, par empathie, de libérer un être de ses souffrances supposées? Est-ce, par respect pour la vie, de le maintenir dans cet état apparemment sans espoir? Les arguments économiques doivent-ils entrer en ligne de compte? Et ceux que l'on présente sont-ils les seuls? Beaucoup d'encre a coulé sur ce destin symbolique, et continuera à le faire après son dénouement. Je n'ai pas plus de légitimité que n'importe qui sur l'affaire mais, guidé par mon éthique libérale, ma conclusion est simple: Vincent Lambert doit vivre.

Intérêts familiaux

Il ne s'agit pas d'une analyse juridique, mais morale. L'approche juridique - ou plutôt politique et habillée de juridisme pour laver les intervenants de tout sentiment de culpabilité - est celle qui fait et fera foi. Exécutée par la force, elle sera finale lorsque ces messieurs décideront finalement de mettre un terme à la vie de Vincent Lambert - le tout au nom de "l'humanisme". C'est ce qu'il aurait voulu, diront-ils. Et s'il ne l'a pas voulu, c'est ce qu'ont décidé ceux qui décident pour lui. Mais selon quels intérêts décident-ils?

Remise en question à de nombreuses reprises, la survie de Vincent Lambert dépend de multiples preneurs de décision. Sa famille, le corps médical, les tribunaux français, la classe politique et les instances internationales, pour n'en citer que quelques-uns. Tous ces gens et toutes ces organisations ont des points de vue différents, des arguments différents et des objectifs différents. Les médias, par exemple, sont prompts à opposer la "légitimité" de l'épouse de Vincent Lambert face au "catholicisme", forcément étroit, de ses parents, avant de prendre position en faveur de la première.

La famille de Vincent Lambert se déchire sur la question. Son épouse, qui est aussi sa tutrice légale, plaide pour qu’on interrompe les soins apportés à son mari, puisque son état est jugé «irréversible». Ses parents, soutenus par des groupes catholiques traditionalistes (…), jugent que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, ne souffre pas et n’est pas concerné par ce qui ne serait à leurs yeux (sic) qu’un acte d’euthanasie.


Les parents de Vincent, Pierre et Viviane Lambert, ne souhaitent pas que leur fils décède, même réduit à sa condition actuelle. L'espoir fait vivre, et un fils en état végétatif vaut mieux qu'un fils mort. On leur oppose l'argument utilitariste de la collectivisation des coûts: leur décision serait égoïste parce qu'elle fait reposer les conséquences financières et humaines sur le reste de la société.

éthique

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, qui vit depuis dix ans le calvaire d'être mariée à un homme en état végétatif, souhaiterait qu'il finisse par mourir. Son choix plaît à ceux qui partagent l'approche financière de la question, mais l'attitude de cette femme est tout aussi égoïste: elle obtiendra suite à la mort de Vincent des droits (de veuvage, de prétention à l'héritage de ses beaux-parents) qu'elle n'aurait pas pu obtenir autrement, par exemple en divorçant de lui. En choisissant de rester mariée à un homme dont elle demande la mort en tant que tutrice légale, est-elle à ce point admirable? Depuis des années, elle aurait pu tourner la page en divorçant et refaire sa vie en laissant Vincent aux bons soins de ses parents.

La novlangue de l'euthanasie

L'Affaire Vincent Lambert donne lieu à de nombreuses dérives dignes de la novlangue.

On parle "d'euthanasie" pour Vincent Lambert mais sa définition la décrit comme une pratique visant à provoquer le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales ou physiques intolérable, ce qui n'est pas le cas de notre sujet. Apparemment, il ne souffre pas. Son état est stable et il n'est même pas malade.

On dénonce "l'acharnement thérapeutique", terme inventé pour éviter les frais et les douleurs liés à d'innombrables opérations sur des personnes âgées pour prolonger péniblement leur existence de parfois quelques semaines, mais Vincent Lambert ne suit aucune thérapie. On ne cherche ni à le guérir ni à essayer sur lui le moindre traitement expérimental. Jusqu'à preuve du contraire, des soins d'hygiène et une alimentation par intraveineuse à un patient en condition stable ne constituent pas un "acharnement thérapeutique".

On trouve "indigne" et "indécent" que pour sauver son fils et faire appel à l'opinion publique, sa mère poste sur Facebook une vidéo montrant Vincent bougeant des yeux et pleurant apparemment à l'annonce de sa mise à mort imminente, mais on ne trouve cette mise à mort ni "indigne" ni "indécente".

On dénonce "l'acharnement" de certains individus, dont sa mère, à perpétuer la vie de Vincent Lambert, alors que sa mise à mort par arrêt des soins, ce qui revient à le laisser mourir de faim et de soif pendant plusieurs jours, est présenté comme le sommet de l'humanisme…

Une analyse éthique libérale

Comme la plupart d'entre nous, Vincent Lambert n'a jamais couché sur le papier ses volontés face à la situation terrible qui est la sienne aujourd'hui. Pour différentes raisons évoquées plus haut, personne n'est vraiment "neutre" lorsqu'il s'agit de décider en son nom - soit des intérêts interviennent, soit notre empathie colore notre analyse. Même dans un cercle d'amis, une discussion sur la meilleure option à prendre suscitera rarement l'unanimité. La réalité est que d'un point de vue moral nous n'avons pas vraiment le choix de décider à la place de Vincent Lambert. Nous pouvons décider pour nous autant qu'il nous plaît, mais cela n'est d'aucune aide pour un tiers.

S'il avait eu assez encore assez de discernement, Vincent aurait-il souhaité être débranché? Nous n'aurons jamais la réponse à cette question ; mais le silence est en soi une réponse. En l'absence de décision, le choix par défaut prévaut. Et le choix par défaut de la vie est en général de continuer. Le suicide n'existe pratiquement pas à l'état naturel, sauf peut-être dans le cycle de vie de certains insectes. Mais même le plus petit animal se battra jusqu'à ses dernières forces pour échapper à la noyade ou se dérober à un prédateur - sans se dire que "de toute façon ma vie est fichue". La volonté de vivre est inscrite au plus profond de nos gènes. Peut-être certains transcendent-ils leur nature animale en choisissant consciemment de mourir, mais qu'ils aient ou non assez de recul pour se livrer à cette réflexion, ils n'ont aucune légitimité pour étendre leur choix à l'humanité toute entière.

La vie de Vincent Lambert lui appartient. Même dans son état, elle continue de lui appartenir. Certes, il dépend de soins médicaux continus pour sa survie, mais ce n'est pas différent de n'importe quelle créature dépendant de son environnement pour vivre et se nourrir. La seule différence est que l'environnement de Vincent Lambert est la société humaine et que celle-ci peut évoluer de deux façons différentes, l'une lui permettant de survivre et l'autre le condamnant à mourir de faim et de soif. C'est notre choix, pas le sien.

C'est vrai, dans des époques pas si lointaines, ces questions ne se posaient même pas - un homme comme Vincent Lambert serait mort, point. Dans un futur proche, elles pourraient bien ne plus se poser non plus. Mais même si le "cas Lambert" est réglé, de nouveaux cas limite surviendront alors: les personnes très âgées, les personnes atteintes de maladies incurables, les grands handicapés… L'eugénisme ressort le bout de son nez.

Les médias font de grands efforts pour éviter d'employer ce mot très négativement connoté depuis le XXe siècle mais l'élimination physique d'individus ne correspondant pas à la norme officielle a toujours eu bonne presse au sein des régimes collectivistes, qu'ils soient nazis, communistes ou, comme aujourd'hui, socio-démocrates. L'impotent, le faible, le vieux, le malade, l'improductif sont des "poids morts" de la société et il s'en faut de peu qu'ils ne deviennent des morts tout court. Le verdict est encore plus tentant si leur faiblesse n'est pas transitoire.

Le degré de civilisation d'une société se mesure à la protection donnée à ses éléments les plus faibles, qu'il s'agisse d'enfants à naître ou d'accidentés réduits à un état végétatif permanent. J'ose l'écrire, la France et bien d'autres pays, même dans leur état de ruine avancée, ont encore largement les moyens de pourvoir à la vie de Vincent Lambert jusqu'à ce qu'il meure de vieillesse. Ceux qui en doutent sont de mauvaise foi ou placent d'autres priorités devant la sauvegarde d'une vie humaine. Leurs raisons ne regardent qu'eux, mais n'ont aucun rapport avec la réalité économique. Si quelques milliers ou millions d'euros manquent à l'appel, ce n'est certainement pas chez les Vincent Lambert qu'il faut aller les chercher en premier.

Vincent Lambert est un symbole, mais pas un cas isolé. 1'500 personnes, rien qu'en France, seraient dans le même état végétatif. La conclusion de ce cas aura des répercussions sur des milliers de familles. Et sous le régime de nos politiciens actuels nous savons déjà tous comment il se finira - tout comme il s'est fini, aux États-Unis, pour Terri Schiavo. Prisonnière de son corps, elle agonisa sans manger ni boire pendant 14 jours après lesquels elle rendit l'âme de déshydratation. Là encore, "l'humanisme" fit une nouvelle victime.

Vincent Lambert doit mourir. C'est pour son bien.

11 avril 2019

Un rejet total de la théorie du Réchauffement climatique (deuxième partie)

Un mois après un premier épisode fort bien reçu au Conseil Communal de Renens (les hurlements et la bronca de la gauche lors de mon intervention prouvent que mes flèches atteignirent leur but) il était temps d'en remettre une couche. Car ce n'est pas tout de pointer du doigt l'absurdité du deux-poids-deux-mesures des Accords de Paris ou l'hypocrisie des élites vis-à-vis de la pollution ; il faut désormais s'attaquer à la Théorie elle-même, et démontrer qu'elle est fausse.

Heureusement, rien de plus facile!

Le texte suivant, sacrilège au plus haut point, aura donc été lu jeudi 11 avril à la tribune du Conseil Communal de Renens. Là encore, cette intervention est agrémentée de liens et même d'un graphique dans sa version écrite, donc n'hésitez pas à vous documenter davantage.

 


 

Mesdames et Messieurs,

Il y a un mois, je démontrais ici-même à quel point l'idée d'un Plan Climat pour Renens était dérisoire au-delà du ridicule, tout en sachant très bien qu'il sera adopté ce soir. Einstein avait une citation sur l'infini qui me paraît appropriée, si vous la connaissez.

Je comprends bien la peur panique et le besoin d'agir de tous ceux qui vivent dans la terreur climatique distillée à longueur de journée par des médias avides de sensationnel, et exploitée par des politiciens pétris de collectivisme. Pourtant la réalité scientifique, la vraie, est parfaitement limpide: il n'y a aucune preuve d'un réchauffement climatique d'origine humaine. Il n'y a même pas de preuve d'un réchauffement climatique mondial, tout court.

Maintenant que la bronca s'est apaisée, laissez-moi poursuivre. Pour vous exprimer, votre tour viendra.

J'imagine la douleur qui est la vôtre d'entendre quelque chose d'aussi… Blasphématoire. Pourtant, c'est vrai. Parce que, pour parler d'un réchauffement, il faut être en mesure de connaître les températures du passé, n'est-ce-pas? Et nous ne connaissons que très peu, et très mal, les températures du lointain passé. Les récits historiques? La mesure de cernes de troncs d'arbre? Les carottages de glace, alors qu'il n'y avait pas de glace sur Terre pendant 80% du temps géologique? Quelques morceaux incertains d'un puzzle en millions de pièces.

Peut-être pensez-vous que nous connaissons mieux les températures du passé récent, disons, les cent dernières années? Il y a un siècle, la plupart des gens en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud n'avaient jamais vu un scientifique européen de leur vie. Imaginer qu'il y ait eu hors d'Europe (et même dans certaines zones d'Europe) un maillage de stations météorologiques dûment étalonnées et relevées quotidiennement, le minimum pour essayer de comprendre quoi que ce soit à l'histoire climatique, tient du doux rêve.

Les températures du présent, alors? Peine perdue! En 2016, hier quasiment, et plusieurs décennies après le début de l'hystérie climatique, il n'y a toujours pas de station météorologique permanente dans un tiers de l'Amérique du Sud et les deux tiers de l'Afrique. La couverture des océans - 70% de la surface de la Terre - est totalement dérisoire. Aujourd'hui encore, nous ne connaissons pas la température à l'échelle du globe. Alors que font les pseudo-scientifiques qui veulent "montrer" un réchauffement planétaire? Ils inventent les valeurs manquantes! Ce n'est qu'une fraude parmi tant d'autres dans ce dossier.

Les températures du futur, alors? Notre ultime planche de salut? Même pas. Car voyez-vous, depuis les quelques trente ans que la théorie du réchauffement climatique existe, chaque année voit fleurir ses nouveaux modèles, qui prédisent invariablement l'apocalypse climatique en 2050, puis maintenant 2100 puisqu'il s'agit de toujours trouver une date suffisamment éloignée pour que plus personne ne soit là à l'heure de rendre des comptes. Or, tous ces modèles ont un problème: ils prévoient des évolutions de la température complètement erronées par rapport à ce qui est mesuré dès l'année suivante.

CMIP5-90-models-global-Tsfc-vs-obs-thru-2013.png
90 modèles face à la réalité mesurée… Conclusion: la réalité a tort!
(cliquez sur l'image pour agrandir)

Expliquez-moi. Comment un modèle incapable de prédire la température moyenne dès l'année suivante serait en mesure de prédire une température moyenne exacte, au dixième de degré près, à quasiment un siècle de là?

Je vous laisse méditer là-dessus une seconde.

Résumons: nous ne connaissons pas les températures du passé, nous ne connaissons pas les températures du présent, et nous ne connaissons pas les températures de l'avenir. Et encore ne parlons-nous ici que des températures, même pas de l'influence de l'homme dans celle-ci. Il existe bien d'autres domaines de la climatologie, de la dynamique atmosphérique à l'effet du cycle de l'eau, où nous en connaissons encore moins.

Pour déplaisant soit l'argument pour vos croyances, dire qu'en matière de climat nous ne savons quasiment rien est scientifiquement irréprochable, et malheureusement, la seule vérité.

Dans ces circonstances, décréter des taxes "climatiques" pour essayer de modifier le comportement de nos concitoyens dans la production de CO2 et prétendre que cela aura un effet sur la température en 2100 s'apparente à du grand n'importe quoi.

Mais l'idéologie n'a que faire du doute, aussi je m'attends à quelques protestations. En général, la dernière cartouche tirée, le dernier argument de ceux qui n'en ont aucun, consiste à se retrancher derrière le fameux consensus de 97% de scientifiques qui soutiendraient certains aspects de la thèse du réchauffement climatique. Cet argument n'en a jamais été un. La démarche scientifique consiste à émettre des hypothèses et à les prouver à l'aide de modèles ; et si la preuve échoue, la théorie doit retourner en cuisine. C'est aussi simple que ça.

Si la science était affaire de consensus, Galilée aurait tort et nous estimerions encore que la Terre est le centre de l'univers. Heureusement, ce consensus de 97% est aussi un mensonge, ou plus exactement, une fraude scientifique, une de plus, basée sur l'interprétation biaisée d'articles de recherche soigneusement sélectionnés. Cela n'empêche pas certains de s'en servir car "un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité" disait quelqu'un qui inspire peut-être ces gens.

Je m'en excuse par avance auprès de ceux qui pourraient en être dérangés, je n'ai pas fini d'intervenir sur le sujet controversé du Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, même si je dois ainsi contribuer à échauffer cette salle.

Je vous remercie.

14 mars 2019

Un rejet total de la théorie du Réchauffement climatique (première partie)

Ce 14 mars le Conseil Communal de Renens examine un postulat décrétant à Renens la mise en place d'un plan climat. Ce genre de texte - dans la continuité d'un texte similaire adopté au niveau du Canton, on a les élus qu'on mérite - réclame un état des lieux des émissions de CO2 et un plan, avec objectifs chiffrés et méthodes de mise en œuvre pour réduire nos émissions.

Le totalitarisme écologique est en marche. Au vu de l'énergie déployée pour le matraquer dans tous les esprits helvétiques, les fruits de cette fuite en avant seront certainement récoltés lors des élections fédérales de l'automne.

Mais, échaudé par plusieurs interventions visant à préparer le terrain, je me suis dit qu'il fallait protester. Fut-ce seul, et même le dernier, je serais l'homme qui dit Non. Gageure: essayer de désamorcer l'hystérie climatique dans le temps imparti pour l'intervention à la tribune d'un Conseiller Communal.

Voici donc mon humble tentative, qui suscita de nombreux remous. Le texte prononcé ne contenait évidemment pas de liens mais puisque Internet le permet, autant s'en servir!

 


 

Mesdames et Messieurs,

Le Réchauffement Climatique - Pardon, le Changement Climatique - Pardon, le Dérèglement Climatique, est à nos portes. Sonnez le tocsin! Réclamez l'état d'urgence! "La maison brûle et nous regardons ailleurs", déclamait le Président français Jacques Chirac au Sommet de Johannesburg en 2002, il y a à peine dix-sept ans, sous la plume d'un certain Nicolas Hulot.

Dix-sept ans. M. Chirac faisait référence au bon vieux Protocole de Kyoto signé cinq ans plus tôt dans la foulée du premier rapport alarmiste du GIEC, l'organisation politique, et surtout pas scientifique, en charge du climat au sein de l'ONU.

L'hystérie climatique fêtera bientôt ses trente ans. Elle est plus ancienne que la chair à canon écolière que les enseignants envoient dans les rues. Mais elle marche! Elle marche comme jamais! Et je comprends qu'on l'aime et qu'on en redemande. Voir tous ces pauvres gens militer et scander pour réclamer qu'on leur inflige plus d'interdictions et de taxes, pour un politicien de gauche, une réussite pareille doit mettre la larme à l’œil! Tout cela pendant qu'à Davos on vient en jet privé pleurer à chaudes larmes sur la planète. 1500 vols de jets privés lors de l'édition 2019 du Forum de Davos, qui durait une semaine. Un nombre en hausse de 15% par rapport à l'année précédente! Oui, l'inquiétude climatique atteint tous les records.

J'espère que de nombreux élèves se délecteront de leurs voyages d'étude en train pour que des gens plus importants qu'eux puissent continuer à vivre dans un confort digne de leur statut. Voilà l'essence même du combat climatique.

Pour combattre le méchant climat, il est essentiel que chacun sache où est sa place. La place de la Suisse est facile à deviner: le bon élève sacrificiel, comme d'habitude. Alors que notre pays est l'un des plus propres du monde, il faut se saigner aux quatre veines pour faire encore mieux - réduire de moitié d'ici 2030 nos émissions de CO2 par rapport à 1990. Nous nous y sommes engagés, paraît-il.

À quoi cela sert-il ? Strictement à rien. Le monde entier s'en fiche. Quant aux effets sur le climat, c'est encore pire. Thomas Matter, Conseiller National, rappela à Berne que si la Suisse réduisait ses émissions de CO2 à zéro, "la température du globe n’en serait pas modifiée d’un millionième de degré." La Chine, de son côté, "émet une telle quantité de CO2 que le 1er janvier à midi déjà, ce pays atteint le taux d'émissions annuel de la Suisse."

L'individu doté d'un zeste d'esprit critique, s'il en existe encore, pourrait penser que réduire la pollution chinoise pourrait avoir plus d'effet que de s'acharner inutilement ici. Mais non. Les fameux Accords de Paris érigés en texte sacré de la nouvelle religion réclament des sacrifices de notre part, mais aucun de la Chine. La Chine, elle, n'a qu'à "stabiliser ses émissions de CO2", quelque part vers 2035. Une injustice dont les défenseurs de l'environnement s'accommodent décidément fort bien.

Mais tout cela n'a aucune importance, et je vous l'expliquerai dans une prochaine intervention. Pour conclure, quelques chiffres: notre pays représente 0,03% de la superficie mondiale et 0,11% de sa population. Renens représente 0,0071% de la superficie de la Suisse, et 0,24% de sa population.

Je suis sûr que Gaïa attend le Plan Climat de Renens avec impatience.

Oh, je sais, "les petits ruisseaux font les grandes rivières", "il n'y a que le premier pas qui coûte", les proverbes ne coûtent pas cher lorsqu'il s'agit de faire passer le suppositoire. On n'emploiera pas en revanche "un sou est un sou" ou "je ne crois que ce que je vois", parce que l'apocalypse se fait attendre. En attendant, l'argent des indulgences climatiques n'est pas perdu pour tout le monde.

Je vous remercie.

16 février 2019

Le Venezuela, une expérience réussie de socialisme

Pour comprendre d'où vient le Venezuela et ce qu'il est devenu aujourd'hui, il faut arriver à dire la vérité, à donner son nom au mal qui le frappe, car ce mal a un nom. La division entre l'époque bénie de Hugo Chávez et l'époque horrible de Nicolás Maduro n'a aucun sens. La trajectoire fatale est restée inchangée tout du long. Si Chávez n'était pas mort emporté par un cancer en 2013, le pays serait exactement dans le même état en 2019.

L'erreur que font beaucoup de gens - aidés en cela par des médias désireux de ne pas ternir des complices idéologiques - est de croire que le désastre vénézuélien serait lié à une combinaison d'incompétence et de bêtise. Ils ont tort. Le régime socialiste du Venezuela a perpétré le plus grand cambriolage de l'histoire et l'a exécuté à travers un plan parfaitement conçu.

Ce plan était de récupérer la richesse d'un pays entier pour la mettre entre les mains d'une poignée de leaders politiques à travers le pillage économique systématique, la destruction de la monnaie et l'appropriation de la compagnie pétrolière nationale. "Ce qui est arrivé au Venezuela n'est ni un désastre ni un accident - c'est le socialisme" explique Daniel Lacalle.

venezuela,socialisme,faillite
"Une réussite de la révolution bolivarienne", proclame un slogan socialiste devant
un grand magasin aux étals pratiquement vides (cliquez pour agrandir)

Il est important de démonter les mensonges de la propagande du régime.

Le blocus imaginaire. Maduro est prompt à dénoncer les États-Unis et leur "blocus" comme responsables de l'effondrement économique du pays, mais les États-Unis sont aujourd'hui encore un des plus grands partenaires commerciaux du Venezuela. Le commerce entre les deux pays crût encore de 9% en 2018. Le Venezuela dispose d'accords de commerce bilatéraux avec plus de 70 pays. Le Chavisme, comme le Castrisme à Cuba, manipule ses partisans en leur faisant croire que les sanctions organisées contre l'élite politique du régime et l'utilisation frauduleuse des réserves financières du pays est un "blocus". Mais le seul blocus dont souffre le Venezuela est celui instauré par le Chavisme contre ses citoyens.

La fausse excuse des prix du pétrole. De tous les pays de l'OPEC, le Venezuela est le seul à souffrir d'une dépression économique et d'hyperinflation. Tous les pays producteurs de pétrole ont adapté leurs économies aux fluctuations des prix sans tomber dans la destruction économique et la pauvreté généralisée créée par le Chavisme au Venezuela. Chávez avait coutume de prétendre que "si le prix du pétrole tombe à zéro, le Venezuela ne souffrira même pas d'une crise". Mais ce ne fut même pas nécessaire. Le Venezuela gaspilla les revenus pétroliers de la première décennie sous l'égide de Chávez, lorsqu'ils prirent l'ascenseur de façon exponentielle, et détruisit toute trace de richesse après.

Le véritable coup d'état. Le seul coup qui fut perpétré est celui de Maduro lorsqu'il manipula des résultats électoraux qui ne furent d'ailleurs pas reconnus par la majeure partie des pays occidentaux, avec un mécanisme électoral dictatorial dont les résultats ne furent même pas acceptés par Smartmatic, la société en charge du système de vote. Le Chavisme a perverti les mécanismes de la démocratie pour réduire au silence et détruire l'Assemblée Nationale, et perpétuer le pouvoir de Maduro à travers des élections frauduleuses.

L'explication habituelle du "faux socialisme". Beaucoup de gens affirment que le régime du Venezuela n'est pas le véritable socialisme. Pourtant, si on peut caractériser le régime vénézuélien d'une quelconque façon c'est bien par son application parfaitement orthodoxe des recommandations et des pratiques préconisées dans les textes du socialisme, attaques systématiques contre le droit de propriété et collectivisation des moyens de production. Elles furent établies noir sur blanc dans le Plan Socialiste National 2007-2013: expropriation des sociétés privées, utilisation de la puissance des compagnies nationales à des fins politiques, contrôle des prix et création massive de monnaie.

Le casse du siècle

L'effondrement économique du Venezuela est le plus grand cambriolage de l'histoire. Il s'est fait selon trois angles différents.

Premier vol: l'expropriation. Le Centre pour la Diffusion de la Connaissance Économique (Cedice - Center for the Dissemination of Economic Knowledge) estime que plus de 2'500 sociétés ont été nationalisées de force par le régime Chávez-Maduro. La vaste majorité de ces entreprises sont maintenant en banqueroute, dévastées par une gestion socialiste. L'ONG Transparencia Venezuela, dans son rapport sur les sociétés propriétés de l'État au Venezuela, décrit la gestion de ces compagnies comme "catastrophiques", celle-ci reposant sur des critères politiques et idéologiques. Le résultat est évident: "au lieu d'augmenter la production, elle a diminué."

Deuxième vol: le détournement de Petróleos de Venezuela SA (PdVSA). En 1998, PdVSA produisait 3 millions et demi de barils par jour. Maintenant elle ne parvient plus à atteindre 1,3 millions. Dans l'intervalle, le gouvernement a multiplié le nombre d'employés, licenciant de nombreux ingénieurs vénézuéliens compétents pour les remplacer par des complices politiques du régime. La compagnie nationale passa de 25'000 employés en 1998 à 140'000 en 2017.

Petróleos de Venezuela devint, d'une des plus efficaces et des plus importantes compagnies pétrolières du monde, un désastre à deux doigts de la faillite. L'examen de leurs documents financiers montre que le gouvernement draina jusqu'à 12 milliards de dollars certaines années pour financer des projets politiques, détruisant la trésorerie, le bilan et le futur de la société. Ces fonds disparurent dans un réseau de clientélisme et dans les comptes off-shore des leaders du régime. Mais l'augmentation brutale des coûts, la déchéance spectaculaire des capacités de production et le pillage des caisses par les politiciens amena la société à s'endetter à hauteur de plus de 34 milliards de dollars, alors qu'elle était financièrement une des plus saines et une des plus profitables du monde.

Troisième vol: les salaires et l'épargne. L'inflation est la taxe la plus ignoble qui soit sur la pauvreté, réduisant à la misère absolue les éléments les plus faibles d'une société. Les conseillers économiques du régime de Chávez répétèrent sans relâche que "d'imprimer de la monnaie pour le peuple ne créerait pas d'inflation". La quantité de monnaie en circulation a augmenté exponentiellement, de 3'000% rien qu'en 2018 par exemple, détruisant tout pouvoir d'achat associé à cette monnaie.

La stratégie est simple et s'inscrit totalement dans la doctrine socialiste: le gouvernement augmente massivement ses dépenses, les subventions et l'emploi public. Il finance le tout en imprimant de la monnaie et en empruntant, tout en clamant que tout est sous contrôle parce que les responsables du Parti le décrètent ainsi. Ensuite, l'État ravage l'économie en nationalisant les entreprises, détruisant l'initiative privée et imposant des prix intenables car inférieurs aux coûts de production, non seulement pour des motifs démagogiques mais aussi à cause de la perte de pouvoir d'achat de la monnaie.

Ainsi, l'économie entre dans un cercle vicieux d'autodestruction. Le gouvernement dépense toujours plus en montants absolus. Il finance son budget en imprimant de plus en plus de monnaie sans valeur pendant que ses réserves de devises étrangères s'évaporent. La monnaie se résume à des morceaux de papiers portant des montants astronomiques, mais qui ne suffisent même plus à acheter du pain.

Conséquences locales et régionales

Les Socialistes clament toujours la main sur le cœur qu'ils se préoccupent d'égalité, mais parviennent à des résultats exactement opposés. Le Venezuela est aujourd'hui le pays le plus inégalitaire de toute l'Amérique Latine (ENCOVI, 2017) en plus d'être l'un des plus pauvres. En 2014, la pauvreté extrême atteignait 23,6% de la population ; en 2017, cette proportion monta à 61,2%. La pauvreté "simple" affectait 87% de la population en 2017, selon une étude de l'Université Centrale du Venezuela et de l'Université Simon Bolivar. Avec un indice de liberté économique de 25.9 calculé par l'Heritage Foundation, l'économie du Venezuela se classe en 179e position du classement 2019 - une des économies les moins libres du monde. Selon cette étude:

"L'impression de monnaie pour combler les déficits publics, associés au mauvais management d'une industrie désormais dominée par l'État, a amené à l'hyperinflation et à des pénuries de devises étrangères, de biens de consommation de base, à une dévaluation massive, et à l'effondrement de la production industrielle. Un plan économique lancé en août 2018 a inclus notamment le retrait de cinq zéros des montants scripturaux, une dévaluation massive et encore une augmentation de grande ampleur du salaire minimum au sein d'un interventionnisme politique extrêmement présent, d'un lourd contrôle étatique de l'économie, et d'un mépris total de l'État de Droit."


Pendant la dictature de Maduro l'inflation a atteint un million de pourcents et le FMI estime qu'elle sera de dix millions de pourcents fin 2019. Ces taux sont difficiles à appréhender. Ricardo Hausmann, professeur à l'Université de Harvard, illustre cette destruction de valeur par l'impression de monnaie: "Lorsque Chávez vint au pouvoir, le dollar était à 0.547 bolivars. Lorsque Maduro arriva au pouvoir, il était à 26 bolivars, une multiplication par 48. Maintenant Maduro a dévalué le bolivar à 6'000'000 contre un dollar, 231'000 fois plus que lorsqu'il est arrivé au pouvoir, et onze millions de fois plus que lorsque Chávez est arrivé au pouvoir". Après plusieurs augmentations d'un "salaire minimum" libellés en Bolivars sans valeur, les joyeux (et rares) bénéficiaires d'un emploi au Venezuela peuvent donc vivre avec l'équivalent de 17 dollars par mois... Mais tout ceci a été fait "dans l'intérêt du peuple", cela va de soi.

La descente aux enfers du Venezuela a amené à la ruine de millions de personnes. Les enfants vénézuéliens meurent littéralement de faim, on mange les animaux des zoos, la violence règne désormais partout, et plus de 7% de la population a fui le pays. Mais l'argent perdu ne l'a pas été pour tout le monde. Selon l'Assemblée Nationale, plus de 300 milliards de dollars américains ont été détournés par les caciques du régime et leur corruption, alors que le pays sombrait dans la pauvreté de masse et voyait son économie dévastée. Le socialisme mis en pratique, comme toujours.

venezuela,socialisme,faillite
Le Venezuela est un tel paradis socialiste qu'il est nécessaire de bloquer les voies d'accès avec des containers pour empêcher l'aide internationale contre-révolutionnaire de pénétrer dans le pays (photo d'écran reportage ABC)

Le parcours "sans faute" du Venezuela le long de la trajectoire du socialisme permet de comprendre l'élan conservateur qui prend aujourd'hui toute l'Amérique du Sud. Sans même parler de la crise des réfugiés, le destin tragique des Vénézuéliens laminés, abêtis et affamés par le socialisme est un épouvantail qui éloignera les électeurs des autres pays de la région pendant au moins une génération - et peut-être plus, selon le temps qu'il faudra pour que le régime de Chávez et Maduro appartienne au passé et que le Venezuela se remette sur les rails. Il n'y a pas à chercher beaucoup plus loin la victoire d'un Jair Bolsonaro au Brésil, d'un Iván Duque Márquez en Colombie, d'un Mario Abdo Benítez au Paraguay...

Le prix à payer aura été exorbitant pour 32 millions de Vénézuélien, mais leur triste destin garde au moins une valeur d'exemple. On comprend d'autant mieux, en Occident, la propension des journalistes de gauche à éviter d'aborder objectivement le sujet du Venezuela, allant jusqu'à éviter de nommer le mal qui le frappe.

16 décembre 2018

Comment lutter (réellement) contre le terrorisme islamiste

La France est encore frappée par le terrorisme. Cette fois-ci, c'est au tour de Strasbourg. Il suffit de lire la liste de 2017 ou celle qui sera faite en 2018 - l'année n'est pas terminée - pour avoir une idée de ce qui attend l'Hexagone les décennies à venir.

Mais est-ce une fatalité?

Naturellement, les gens s'interrogent. Comme le fait remarquer un Internaute taquin:

"Tous ces attentats, ces attaques au couteau, à l'arme à feu, ces camions qui foncent dans la foule, ces gens qui crient en commettant leurs méfaits... Si au moins on était capable de trouver un point commun, quelque chose qui permette de les relier... Mais non, rien de rien. Quel dommage!"


Face à l'incompétence des autorités et la veulerie des politiciens, l'ironie est une arme efficace. Ces messieurs ne sont bien entendu jamais à court d'excuses: il ne faut pas "stigmatiser", il faut "respecter les droits de l'homme", la "présomption d'innocence", "renoncer à l'amalgame", et tutti quanti... Et pendant ce temps, de l'autre côté du mur du politiquement correct, les victimes s'empilent. Les pays européens subissent des dizaines d'attaques que les médias s'évertuent de plus en plus à maquiller comme les actes de déséquilibrés, voire de simples accidents de la route.

strasbourg_attentat_2018.jpgMais pour répondre à la question un peu plus haut, non, le terrorisme islamiste n'est pas une fatalité. Nous en avons l'exemple avec l'Italie - un pays européen, en première ligne de la crise migratoire, et qui n'a pour l'instant pas eu à souffrir du moindre attentat terroriste perpétré par des fous d'Allah.

Que font différemment les Italiens? La recette n'a rien d'un mystère. Elle est livrée dans une passionnante interview donnée par Lorenzo Vidino, expert du djihadisme à l'Université George-Washington et ancien coordinateur de la Commission italienne d'étude sur la radicalisation, dans les colonnes du Temps.

Plus intéressant que l'absence d'attentat sur sol italien, Lorenzo Vidino tire de précieux enseignements du nombre de départ de combattants sur les différents fronts du djihad - des données empiriques, scientifiques. Ainsi, on compte, par ordre décroissant:

  • 350 départs de combattants d'Autriche, soit un peu moins de 40 par million d'habitant ;
  • 300 pour la Suède, soit environ 30 par million d'habitant ;
  • 190 pour la Suisse, soit 22,5 par million d'habitant ;
  • plus de 1500 pour la France, soit 22,3 par million d'habitant ;
  • 1000 pour l’Allemagne, soit 12 par million d'habitant ;
  • et seulement... 129 pour l'Italie, soit à peine plus de 2 par million d'habitant.

Certes, ces chiffres peuvent être discutés - tous les candidats au djihad en Irak ou en Syrie ne déclarent pas ouvertement leurs intentions - mais il n'y a pas de raison que ces comportements diffèrent sensiblement d'un pays à l'autre. L'écart entre l'Italie et les autres saute aux yeux: ils sont tous entre six et vingt fois plus radicalisés que la première.

Lorenzo Vidino précise encore les chiffres italiens:

C’est un chiffre incroyablement bas pour un pays de 60 millions d’habitants qui compte au moins 2 millions de musulmans. Et sur ces 129, il y a des Marocains qui ont passé des années en France avant de partir en Syrie, ou encore deux Italiens nés en Suisse – à Saint-Gall et à Zurich – et partis pour la Syrie en 2014 et 2015. On a seulement 18 citoyens italiens sur l’ensemble des départs.


Pour l'expert du djihadisme, ces chiffres sont un meilleur indicateur de l'exception italienne que l'absence d’attentats. Après tout, un individu assez motivé pour aller faire le djihad à l'étranger est probablement prêt à se livrer à des attentats sur place.

L'Italie n'a pas toujours été aussi bonne élève. Le pays abritait des mosquées professant le djihadisme, notamment à destination de la Bosnie, dans les années 1990. Mais les autorités surent réagir.

[La méthode italienne de lutte contre le terrorisme islamiste] cible avant tout ceux qu’on appelle les «mauvais maîtres», les cattivi maestri, ces mentors qui attirent les jeunes sur la voie de la radicalisation. S’ils ne sont pas Italiens, et la grande majorité ne le sont pas, ils sont expulsés systématiquement. C’est la tolérance zéro: si vous êtes radicalisé ou si vous radicalisez d’autres gens, et que vous n’êtes pas Italien, vous êtes expulsé, c’est aussi simple que cela.

Depuis le 1er janvier 2018, 109 personnes ont été expulsées d’Italie pour menace à la sécurité nationale. Depuis 2015, cela fait plus de 350 personnes expulsées, soit environ deux par semaine. C’est un outil majeur à disposition du gouvernement italien, issu d’une loi passée après les attentats de Londres en 2005. La déportation est décidée par décret ministériel, sans recours suspensif possible. Elle ne s’applique qu'aux étrangers, mais comme il est très difficile de devenir italien si vos parents ne le sont pas, cet outil s’applique bien à la majorité des cattivi maestri.

En général, le décret est signé par le ministre l’après-midi, la personne est arrêtée vers 1 ou 2h du matin et expulsée vers 5h ou 6h du matin. Parfois à la sortie de la prison où elle séjournait. La plupart des gens sont renvoyés vers le Maroc, la Tunisie, la Bosnie, le Kosovo, l’Albanie ou la Macédoine. Des pays avec lesquels l’Italie a de très bonnes relations et des accords d’expulsion qui marchent bien.


vidino.jpgLoin de l'angélisme prévalant dans d'autres pays occidentaux, la police italienne sait aussi faire preuve de curiosité - un héritage de la lutte antimafia et du terrorisme des années de plomb. "On sait que si on arrête quelqu’un, le lendemain il faut ouvrir une enquête sur son cercle d’amis ou sa famille", explique Lorenzo Vidino. Les malfrats, qu'ils soient mafieux ou islamistes, agissent en réseau.

Les Italiens auraient-ils découvert la Panacée? Oui et non. Oui, parce que les résultats sont là, indubitablement. La réussite italienne force le respect. Non, parce que la méthode perdra de son efficacité dans le temps, à cause d'une évolution démographique plus profonde qui a déjà court ailleurs sur le continent.

La démographie de l’Italie est différente de celle du nord de l’Europe. La plupart des jeunes qui sont partis pour le djihad depuis la Belgique, la France, la Suisse, etc., sont issus de la deuxième génération d’immigrants. Or cette deuxième génération n’existait pas en Italie jusqu’à très récemment. Les premiers immigrants musulmans sont arrivés en Italie comme célibataires dans les années 1990, et c’est seulement aujourd’hui qu’on voit apparaître une seconde génération née ici. L’Italie ressemble de ce point de vue à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne. On n’a pas eu les mêmes facteurs de radicalisation qu’ailleurs en Europe.


La distribution de passeports sans grand discernement joue aussi son rôle:

Le système des expulsions ne fonctionne pas pour les citoyens italiens, ni pour les mineurs. Un des attaquants tués lors de l’attentat du pont de Londres en 2017 était le fils d’une convertie italienne qui a voulu partir vers la Syrie et qu’on ne pouvait pas expulser. Il y a aussi eu le cas de Tommaso Hosni, qui a poignardé un policier et un militaire à la gare de Milan. Il est Italien. Un adolescent d’Udine qui tenait une chaîne sur Telegram pour l’Etat islamique n’a pas pu être expulsé non plus puisqu’il est mineur.

Il y a davantage de cas de ce genre, car de plus en plus de gens reçoivent la nationalité italienne. Donc l’arme des expulsions a tendance à s’émousser avec le temps.


Sans complaisance ni langue de bois, Lorenzo Vidino donne donc les recettes efficaces pour lutter contre le terrorisme islamiste dans un pays occidental développé et sujet à l'État de Droit:

  • refuser de laisser venir s'installer et expulser tous les individus radicalisés qui peuvent l'être ;
  • étendre les enquêtes pour démanteler les réseaux dans leur intégralité ;
  • établir des accords de réadmission avec les pays tiers ;
  • redoubler de vigilance avant d'accorder la nationalité à des gens qui deviennent de fait inexpulsables, notamment leur descendance.

C'est une vraie feuille de route. La Suisse dispose déjà de plusieurs armes législatives pour l'appliquer - comme le Renvoi des Criminels étrangers par exemple - mais la volonté politique manque. M. Vidino s'en rend parfaitement compte et livre sans concession l'image que la Suisse donne d'elle à l'étranger: "les Italiens ont tendance à penser que la Suisse est un peu molle dans le traitement de ce problème. La perception des Italiens est que les Suisses autorisent des gens problématiques à s’installer à leur frontière. Il y a eu des cas de gens expulsés d’Italie qui sont revenus s’établir en Suisse."

Faudra-t-il que le sang coule ici aussi pour les politiques se réveillent enfin?