17 février 2011

Le Programme de l'UDC Renens est disponible!

Ca y est, le programme de législature 2011-2016 de l'UDC Renens est en ligne!

Il est disponible sur le site temporaire de l'UDC Renens, au format PDF. Cliquez ici pour y accéder.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible son élaboration. Et rappelez-vous...

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...Rendez-vous le 13 mars!

10 février 2011

Débat télévisé pour la municipalité de Renens

Hier soir, le téléspectateur vaudois a pu assister à un débat en direct, organisé par 24 Heures et La Télé dans le cadre de la campagne électorale 2011, pour l'élection à la Municipalité de Renens. L'intégralité de l'émission est disponible sur le site de La Télé.

Le mécanisme de l'émission était connu par avance: 6 sièges autour de la table, une place par parti, et trois périodes à aborder: passé/bilan, présent/projets, avenir/vision. Les producteurs de l'émission conseillaient aux partis de garder un seul intervenant pour toute l'émission; suivant leur avis, je me suis retrouvé seul pour défendre les couleurs de l'UDC, mon collègue Jérôme Tendon restant dans le public. Les Verts étaient représentés par Tinetta Maystre et le parti local Zone Libre par Ali Hemma Devries. Les autres partis choisirent de faire tourner leurs candidats; se succédèrent donc Marianne Huguenin et Jean-Pierre Rouyet pour le groupe Fourmi Rouge (branche locale du Parti Ouvrier Populaire vaudois, extrême gauche), Myriam Romano-Malagrifa et Jean-François Clément pour le Parti Socialiste, et Jean-Marc Dupuis et Rosana Joliat Herrera pour le Parti Libéral Radical.

A noter que Roland Delapierre, candidat à la municipalité sous les couleurs de l'Union Démocratique Fédérale, dû malheureusement se contenter d'une place dans le public, même s'il put intervenir à trois reprises.

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3..2..1.. Direct!

Cette soirée représentait mon deuxième passage à la télévision et ma première expérience d'une "vraie" émission, longue, de type débat. Une heure vingt d'antenne en direct! Mais en fin de compte, entre les reportages émaillant la soirée et un temps de parole coupé en six, chacun d'entre nous ne parla que quelques minutes - moins encore pour ceux ayant choisi de partager leur siège.

Tout le monde se doutait que la polémique n'éclaterait que sur des points soulevés ou discutés par l'UDC. Il était clair qu'on ne pouvait guère s'attendre à des prises de bec spectaculaires entre socialistes, extrême-gauche et écologistes, ni d'ailleurs avec le PLR renanais dont les griffes me semblaient bien émoussées. Restait l'UDC, l'infréquentable loup de la fable! Les journalistes espéraient une soirée vivante et je pense qu'ils n'ont pas été déçus.

Ce passage télévisé m'a confirmé deux ou trois choses dont je me doutais.

Par exemple, que la politesse n'est pas affaire de réciprocité. Rien que dans le tour de table de présentation, Mme Huguenin m'attaquait déjà, offensive aussi frontale que prévisible, probablement destinée à marquer son territoire. J'eus droit plus tard aux attaques personnelles insidieuses ("mais combien gagne ce monsieur?") et en fait, je ne fus que rarement en position d'ouvrir la bouche sans qu'un contradicteur ne cherche à me couper la parole ou ne parle en même temps que moi - sans que ces interruptions ne se retranscrivent nécessairement à l'antenne, grâce au filtrage des micros en régie. Bien que je m'y attende, cela rendit l'exercice assez désagréable.

Mais surtout, j'ai découvert un niveau de mauvaise foi insoupçonné. Entendons-nous bien: je n'ai pas la prétention de détenir la vérité absolue, et tous les avis sont dans la nature. Mais hors des tergiversations philosophiques sur le verre à moitié plein ou à moitié vide, on peut se poser la question factuelle de la quantité d'eau contenue dans le verre, par exemple. Ce genre de propos ne devrait pas porter à polémique, n'est-ce pas? Hélas!

Le plus gros écueil de la soirée concerna l'endettement de Renens. Le second représentant du Parti Socialiste, Jean-François Clément, municipal en charge des finances et ambulancier de formation, me soutint mordicus que la ville se désendettait, ce qui est une esbroufe de première. L'exemple final de ce "désendettement" tenait à l'année 2009, où les emprunts à long terme de la ville avaient baissé par rapport à l'année précédente et ne représentaient "plus que" 45 millions (une paille!)... Pourtant, même lui savait parfaitement que l'endettement à long terme pour 2010 remontait à 73.5 millions, et celui budgété pour fin 2011 faisait état de 92.5 millions. Sans compter que l'embellie relative de 2009 était liée à des éléments exceptionnels, la commune n'ayant pas toujours du patrimoine à vendre pour rendre son bilan plus présentable - un point important que je n'eus pas la présence d'esprit de rappeler.

Comment puis-je affirmer cela et citer tous ces chiffres? Parce que l'information vient de ses services!

Les compte-rendus officiels des séances du Conseil Communal et les rapports de gestion annuels constituent l'essentiel de mes sources sur le fonctionnement de Renens. Ces données ont été présentés à l'assemblée, et abondamment discutées. Personne ne les ignore, personne n'oserait les nier.

Sauf sur le plateau-télé d'un débat en direct, apparemment.

On peut discuter de l'endettement tout à fait sainement. Est-ce que c'est une bonne chose? Est-ce que c'est nécessaire? Est-ce que le sacrifice des intérêts à payer à long terme justifie le gain immédiat? M. Clément était infiniment plus sincère et honnête lorsqu'il expliqua que, selon son point de vue, la redistribution de richesse était essentielle. Voilà de quoi débattre. Mais prétendre que blanc c'est noir et que la situation financière de la ville s'embellit alors qu'en fait elle creuse des dettes comme jamais, ça m'a un peu soufflé, pour le coup. Je ne m'attendais pas à des propos aussi divergents de la réalité, pour rester poli.

Ma prestation était éminemment perfectible, certes. Je n'ai pas livré mes formules les plus percutantes, j'ai accordé trop de bonne foi à mes contradicteurs, mon regard était dispersé, je ne connaissais pas assez mes notes pour mentionner mes chiffres aussi naturellement qu'il aurait fallu. Le débat était de toutes façons bien trop court pour tous les points à aborder. C'est le métier qui rentre!

Ce soir, c'est Lausanne qui s'y colle. Jetez-y un oeil, ça change du téléjournal de la TSR.

24 janvier 2011

De l'engagement

Ca y est, c'est fait - l'UDC Renens se lance à la conquête du Conseil Communal. Votez pour la liste n°4!

Ces derniers mois ont été difficiles, et ces dernières semaines encore davantage. La recherche de candidats à mettre sur notre liste a réclamé énormément de temps. C'était un fil rouge que nous tenions à chaque réunion, à chaque discussion sur le marché de Renens, à chaque appel téléphonique à un de nos membres... Une préoccupation constante que d'autres jeunes sections communales de l'UDC partagent sans doute!

Malgré toute cette attention, le résultat est maigre. Au bout du compte, nous ne sommes qu'une poignée de candidats au Conseil Communal de notre ville. C'est bien étrange.

Loin d'inviter à la moquerie, la modestie de notre liste m'a amené à une réflexion sur la difficulté d'être candidat. L'idée de coucher quelques pensées sur l'engagement politique me trottait dans la tête depuis un moment, mais l'agression de Hans Fehr par des extrémistes gauchistes vendredi dernier lui donne un ton particulier.

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Hans Fehr, interviewé par la télévision suisse alémanique
peu de temps après son agression.

L'agression de M. Fehr n'est malheureusement pas un acte isolé. Ainsi, Toni Brunner, président de l'UDC Suisse, mentionne que "notre secrétaire général Martin Baltisser travaille depuis plus d’un mois dans un bureau sans lumière du jour parce que la fenêtre est toujours barricadée avec des planches."

Le 22 janvier, on apprend que Céline Amaudruz, présidente fraîchement promue à la présidence de l'UDC Genève, est victime de menaces anonymes depuis son élection. Et ces menaces n'ont rien de théorique:

Vendredi soir, alors qu'elle siégeait en commission, sa voiture a été vandalisée pour la troisième fois. (...) «Ce n'est pas un hasard car il s'agit de trois véhicules différents. Quelqu'un me suit», a-t-elle déclaré samedi à l'ATS. Le scénario est toujours le même: vitres brisées, mise à sac de la voiture, puis lettres de menaces expédiées au travail, à la maison, au Grand Conseil ainsi qu'au manège où elle monte à cheval. Vendredi soir, les voitures stationnées à côté de la sienne et appartenant aussi à des députés n'ont pas été touchées, selon elle (sic).

 

Ce ne sont que quelques exemples saillants de la violente pression qui s'exerce chaque jour un peu plus - et un peu plus ouvertement - pour tenter de museler l'UDC. Pensons aussi à la façon dont des militants gauchistes ont profité d'une manifestation pour envahir et saccager les locaux de l'UDC vaudoise à Lausanne, le tout accompagnés par des journalistes! Pensons à la façon dont les autorités de l'Université de Lausanne ont refusé d'accueillir un congrès de l'UDC face à la "pression" de tracts anonymes laissés dans des toilettes! Quelle bonne excuse!

L'agression de M. Fehr représente une nouvelle étape. On a dépassé l'intimidation pour l'agression physique, agression ayant pour but la suppression pure et simple de l'opinion dérangeante. Comme le raconte le conseiller national: "Quelqu'un s'est écrié: «C'est Fehr de l'UDC!» J'ai changé de trottoir et ils m'ont immédiatement attrapé pour me frapper, poursuit-il. J'ai essayé de me protéger avec les bras, puis je suis tombé à terre. Là, ils ont commencé à me donner des coups de pied et j'ai ressenti des douleurs à la poitrine. Je leur ai crié: Vous êtes fous!"

Les agresseurs de M. Fehr avaient parfaitement identifié leur cible et savaient ce qu'ils faisaient. S'ils n'avaient été dérangés, il ne serait peut-être plus de ce monde.

Pascal Décaillet livre sur cette affaire une analyse très pertinente:

Je connais bien Hans Fehr. C’est un homme d’une parfaite courtoisie. Ses combats, il les mène avec des mots, jamais avec les poings. Ce qui lui est arrivé est parfaitement dégueulasse. Inadmissible dans une démocratie. Mais il y a plus nauséabond encore. Ceux qui, tout en condamnant hypocritement l’agression, laissent entendre que l’UDC paierait là le tribut de son style politique, et qu’au fond Hans Fehr ne l’aurait pas volé. Au fond d’eux-mêmes, sans doute se réjouissent-ils de la correction subie par l’un des ténors du premier parti de Suisse.

 

Au fond d'eux-mêmes? Si seulement! Les commentaires du blog de M. Décaillet suffisent à démontrer qu'ils sont rares à avoir cette retenue. Ils se réjouissent ouvertement de l'agression du conseiller national UDC! L'agression serait de sa faute, bien entendu. Toujours cette inversion commode entre l'agresseur et sa victime...

Pour chaque épisode de ce genre, combien de citoyens renoncent finalement à s'engager en politique?

C'est malheureusement dans cette optique que je constate la faible proportion de candidats sur la liste communale de l'UDC Renens ou d'autres communes similaires. Notre section communale est jeune, certes. Elle n'a pas de sortants à représenter, certes. Nous avons certainement commis quelques erreurs, nous avons probablement laissé passer des occasions. Mais Renens est une ville de vingt mille habitants. L'interdiction des minarets - objet soutenu uniquement par l'UDC entre tous - a obtenu 49.5% des suffrages. Dire que l'UDC a un potentiel à Renens relève de l'euphémisme. Nous avons été en contact avec bien des sympathisants, dont la plupart on choisi de refuser de s'engager. Est-ce vraiment parce que chacun était tellement occupé à autre chose? Quelle a été la part de la peur dans leur refus?

Se présenter, c'est s'exposer, prendre un risque. Un risque minime - tout le monde n'est pas Hans Fehr - mais pas dérisoire. Un risque auquel il est si facile de renoncer, en se cachant, en se retirant parmi les ombres... En espérant que d'autres lutteront à notre place.

La popularité d'un parti politique ne suffit pas au succès de ses idées. Il lui faut aussi des candidats pour les défendre. Les agresseurs de M. Fehr, et tout ceux qui dénoncent mollement l'attaque dont il a été victime, l'ont bien compris. Et tant pis, pensent-ils dans leur for intérieur, si la démocratie doit y passer.

16 août 2010

La simili-démocratie

La Vogue contestée de la Vox Populi, titre le 24 Heures de samedi, en évoquant les multiples procédures de "consultation", de "consensus" et autres "présentations publiques" qui semblent être désormais la norme lors de projets d'urbanisme public en Suisse romande.

Habitant de Renens (bastion de l'extrême-gauche suisse romande s'il en est) je suis un témoin privilégié de la façon dont ces consultations se déroulent - parfois sur des sujets très importants, comme le tracé de futurs transports publics, ou les derniers délires architecturaux ruineux d'une municipalité avide de laisser sa cicatrice sur la ville, par exemple à l'occasion d'une réfection de la gare.

La consultation populaire offre de nombreuses variantes. Parfois, on peut "convier" la population à une soirée de "discussion" du projet, où les rares spectateurs ayant fait le déplacement auront droit à une présentation d'une version évidemment finale du projet, sans qu'ils n'aient leur mot à dire, suivie d'une session de questions-réponses peu spontanées où les autorités pourront se glorifier à loisir sur la chance qu'ont leurs administrés de les avoir à leur tête.

D'autres fois, la consultation peut être plus longue et plus étalée dans le temps, comme avec la distribution d'un questionnaire où chacun est invité à "s'exprimer" sur le projet novateur et visionnaire, voire à "commenter" son audace et trouver des moyens de la célébrer. Comment sont distribués ces questionnaires, comment les réponses sont traitées, mystère.

Projets coûteux et inutiles, délires anti-voitures millénaristes, hymne aux assemblages béton-verre-acier les plus hétéroclites, peu importe. Le résultat des procédures de consultation en matière d'urbanisme est toujours le même. Une seule réponse est envisageable dès le départ: l'adhésion. La population s'est montrée enthousiaste, les questions ont fusé et tout le monde est reparti conquis, le coeur gonflé de fierté face aux perspective d'avenir tracées par l'équipe dirigeante... Au pire, on jettera un os à l'opposition la plus virulente en retouchant quelques éléments annexes.

Ces compte-rendus lyriques ne sont pas forcément mensongers. Les projets les plus délirants auront toujours des supporters. Mais bien peu de gens s'interrogent sur la pertinence de la démarche ou la représentativité des habitants qui prennent effectivement la peine de se déplacer pour ce communautarisme d'un nouveau genre. Questions risquant fort peu d'être soulevées, car contrevenant au but même d'une démarche parfaitement assumée en coulisses - museler toute opposition et désamorcer l'arme du référendum.

762398H_consensus.jpgIl va de soi que le script est écrit à l'avance. Le consensus, les procédures de consultation, les sessions de  question-réponse, tout cela participe d'un grand cirque où l'électeur-contribuable n'a en fin de compte pas son mot à dire. Illusion propre aux fêtes foraines où on laisse vaguement croire au spectateur embarqué sur le train fantôme qu'il décide des directions que prend son wagon aux aiguillages...

Interrogée par le quotidien vaudois, Nuria Gorrite, syndique socialiste de Morges, reconnaît que la politique de concertation est un "style de gouvernance propre à la gauche". C'est joliment exprimé. Les pseudo-discussions vaseuses dont l'issue est finalement décidée par un politicien "clairvoyant" conviennent mieux à la pensée socialiste qu'un véritable vote où les alternatives sont claires, les camps identifiés, les suffrages comptés, et le résultat effectivement appliqué.

Pour l'instant, abêtie par l'illusion qu'on lui demandait réellement son avis, la population romande est tombée dans le panneau. Il convient aux citoyens et aux partis avec encore un peu de respect pour la chose politique de rectifier le tir au plus vite. En lançant des référendums.

La démocratie ne se décide pas à travers un consensus, mais par le vote.