14 novembre 2021

Dernière injection pour la route

Partout dans le monde, les manifestations contre l'autoritarisme mis en place au nom de la lutte contre le Covid-19 réunissent des centaines de milliers de personnes. Malgré le blackout médiatique, les protestataires bravent les interdictions, les canons à eau et les coups de matraques pour exprimer leur rejet de l'avenir qui se dessine.


Manifestation contre la Loi Covid, Genève, samedi 13 novembre

Invités à s'exprimer le 28 novembre sur la variante locale du Pass sanitaire, les Suisses ont le rare privilège de pouvoir dire dans les urnes ce qu'ils en pensent. Les sondages, si on leur donne crédit, affirment malheureusement que les citoyens accepteront le nouveau régime avec enthousiasme. La suite risque d'être moins sympathique.

Discours de Haine

Le flot de propagande pro-vaccin ressemble à un raz-de-marée. Les avis divergents n'existent que dans les commentaires, sur les sites de Samizdat, ou en slalomant entre deux censures sur les réseaux sociaux.

Dans les médias, la classe politique et tout ce que la société compte comme corps constitués, c'est bien simple, il n'y a qu'une seule voix: il faut tous se vacciner, point. Matin, midi et soir, les pauvres gens qui ne souhaitent pas recevoir la libération vaccinale avec le sourire sont insultés, vilipendés, méprisés, rabaissés.

Ils sont irresponsables, idiots, incultes, arriérés, à peine des hommes ; il faudrait les enfermer, les interdire d'à peu près tout, leur faire perdre leur emploi, leur domicile, leurs enfants, les priver d'accès aux soins, et à défaut leur envoyer la facture. À côté des non-vaccinés, ivrognes, drogués et fumeurs sont des gens sains auxquels on n'a rien à reprocher. C'est à la société d'assumer les conséquences de leur mode de vie. Mais l'idée qu'on soit réticent à se laisser injecter de l'ARNm dans les veines est insupportable.

Le principe de précaution, c'était avant. Comme le secret médical. Comme le libre choix en matière de santé.

Les mots peuvent blesser, mais le discours s'est concrétisé. Certains pays franchissent les étapes à pas de géant. L'Italie s'est dotée d'une loi obligeant à être vacciné pour travailler - même en télétravail. L'Autriche caresse l'idée de confiner les non-vaccinés et seulement eux. Aux États-Unis, les pressions font rage pour que les non-vaccinés perdent leur emploi.


"On ne vous force pas ; on se contente juste de tout vous prendre, jusqu'à ce que vous consentiez."

Les limites de la propagande

Les hommes politiques sont-ils motivés par la santé publique? De nombreux indices nous affirment que non.

Ils invoquent la science, mais la plupart de leurs décisions sont arbitraires et sans lien avec la science. Ainsi, ils demandent aujourd'hui d'injecter l'ARNm des produits Moderna et Pfizer sur les jeunes enfants de 5 à 11 ans, mais l'effet de ces substances n'a jamais été testé sur cette classe d'âge. Bien plus concernés par les effets néfastes de ces produits que par le risque de contracter le Covid-19, il n'y a d'ailleurs pas d'intérêt à le faire. C'est ce qu'explique le Dr Robert Malone, inventeur de la technologie vaccinale par ARNm. Pour les moins de 30 ans, le risque de souffrir des effets d'une myocardite dépasse les bénéfices de la vaccination.

Certains sont prêts à tenter le coup avec leur propres enfants ; ils ignorent qu'il a fallu huit ans pour prouver le lien entre le vaccin contre le H1N1 et la narcolepsie. Deux ans pour comprendre que le Dengvaxia tuait un enfant sur mille. Deux ans pour admettre que la thalidomide - une énième "pilule miracle" - provoquait la mort de nourrissons et d'abominables malformations chez les nouveau-nés. Isoméride, Distilbène, Vioxx, Mediator, Depakine... L'histoire médicale est émaillée de scandales de médicaments retirés après la découverte tardive d'effets secondaires graves.

Pour les vaccins à base d'ARNm, en revanche, tout va bien! Une horde de journalistes "décrypteurs de l'info", "fact-checkers" et autres "décodeurs" nous assure, yeux dans les yeux, qu'il n'y a rien à craindre. Et au même moment, la France déconseille le Moderna aux moins de 30 ans à cause de ses effets secondaires...

Pourquoi prendre le risque inutile de vacciner des jeunes bien portants, des enfants, des femmes enceintes? Les politiciens palabrent sur le "retour à la normalité" mais la normalité, si elle existe encore, n'a aucune chance de revenir de cette façon.

Non seulement il paraît de plus en plus clair qu'une minorité irréductible de la population occidentale résistera avec la dernière énergie aux injections forcées, mais cette guerre est d'autant plus absurde que le vaccin n'est pas la solution. Parce que l'efficacité du vaccin s'étiole, et très vite.

Malgré la vaccination, des pays très vaccinés subissent une flambée du virus. Israël, le pays le plus vacciné du monde, fut le premier à ouvrir la marche. En ce mois de novembre, les courbes sont parlantes:

Nous avons les gestes barrière, les masques, les désinfectants, les applications de traçage, les tests, les vaccins, et plus d'un an d'expérience de la pandémie, et les chiffres remontent comme si de rien n'était.

Arc-boutée dans un discours absurde où la vaccination est la seule issue, la classe politique choisit la fuite en avant. Il faut se faire vacciner trois fois, et sans doute plus encore.

Or, non seulement les vagues successives montrent l'aspect saisonnier du virus, mais des chiffres en provenance d'Angleterre - où on n'essaye plus de cacher l'infection au Covid-19 des personnes vaccinées - montrent que les double-vaccinés constituent la majorité des cas d'infection. Et dans les tranches d'âge où les conséquences de la maladie deviennent graves.

Pourquoi feindre la surprise? On sait depuis le début que les produits Pfizer et Moderna ne sont pas efficaces à 100%, avant même que le "variant Delta" n'entre dans la danse. On sait, depuis un récent article publié dans The Lancet, que les vaccinés transmettent tout autant la maladie que les non-vaccinés. On sait que les vaccinés tombent malades, ont des formes graves, meurent parfois du Covid-19. Moins fréquemment que des non-vaccinés, nous répète-t-on, mais plus que ceux naturellement guéris du coronavirus.

Le terme de "pandémie des non-vaccinés" est pure propagande. La différence entre les non-vaccinés et les vaccinés est que les premiers n'ont pas le choix: ils doivent faire attention et sont surveillés - les pouvoirs publics y veillent. Pour les seconds, c'est open bar. Plus de distanciation, plus d'hygiène des mains, plus de traçage, ils vivent "comme avant". En cela, ils suivent simplement les promesses formulées par la classe politique.

Alors qu'une majorité de la population vaccinée retrouve son insouciance en se croyant sortie d'affaire, comment s'étonner que la pandémie reprenne? Il suffit de voir la courbe des décès à Singapour (source Bloomberg), dont 85% de la population totale, c'est-à-dire enfants compris, est vaccinée, pour comprendre que les vaccins ARNm n'arrêteront jamais la pandémie.

Impasse sanitaire

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit: je ne suis pas contre le vaccin, ou ce qui en tient lieu en ce moment. Faute de mieux, les substances à base d'ARNm, à supposer que leur nocivité soit objectivement surveillée, ont un intérêt pour les personnes vulnérables, âgées, à risques. Et tous ceux qui souhaitent les prendre. Mais il faut tenir un discours sincère. La vaccination de masse n'est pas une "solution".

D'abord, elle est impossible. Outre la minorité réfractaire, elle n'a aucun sens à partir du moment où les frontières appartiennent au passé. Si par miracle la Suisse (ou n'importe quel pays) parvenait à un taux de vaccination de 100% et que nul ne soit infecté, il suffirait qu'un seul porteur de Covid-19 arrive de l'étranger pour tout flanquer par terre. Mais, comme la gestion de la crise l'a prouvé jusqu'ici, l'idéologie sans-frontiériste l'emporte sur les prétendus impératifs sanitaires.

Ensuite, elle ne résiste pas à la durée. La protection contre le virus s'étiole de façon significative après seulement quelques mois, semble-t-il, d'où un besoin répété de nouvelles injections (et la loterie des effets secondaires graves). Et ce, à vie. On traque et matraque la population entre Pass sanitaire et mesures de rétorsion, mais combien de temps ce système peut-il tenir?

Les politiciens tiennent un double discours. Ils clament simultanément que le vaccin ne fonctionne pas, d'où la nécessité d'une troisième dose ; et qu'il fonctionne si bien que tout le monde doit être vacciné.

Sur quoi votons-nous le 28 novembre?

Le référendum du 28 novembre cristallise les tensions. Si la loi est repoussée, la Suisse a une chance de redevenir un pays normal, un pays où chacun peut décider pour sa santé, mettre un masque ou non, se rendre dans les commerce comme il le souhaite. Un pays où la classe politique aura été remise à sa place.

Si le référendum est un échec et que la loi est acceptée, alors nous nous dirigeons vers une crise encore plus violente. Toute la haine et toute la frustration des partisans de la vaccination obligatoire se transformeront en agressivité physique. Rassérénés par le mandat populaire, M. Berset et sa clique de bureaucrates pourront passer à la vitesse supérieure dans la discrimination vexatoire des non-vaccinés - alors que la pandémie progresse au sein des vaccinés.

Mais s'arrêteront-ils seulement au Covid-19?

Comme je l'écrivais dans un autre billet, le chemin est tout tracé entre le Pass sanitaire et la suite, c'est-à-dire l'agenda du Great Reset. À ceux qui douteraient de son existence, je rappelle qu'il y a un lien sur ce sujet dans le site du Forum de Davos. Et si d'autres doutent de la relation entre Great Reset et Covid-19, disons qu'il leur suffit de consulter le livre de Klaus Schwab à ce sujet, astucieusement intitulé Covid-19: The Great Reset. Je rappelle que Klaus Schwab est l'organisateur du Forum de Davos, pour ceux qui l'ignorent encore.

En Italie, le Pass sanitaire est appelé Green Pass, un lien avec l'écologie qui n'a rien d'anodin. Les mesures mises en place pour entraver la pandémie resteront après elle, au nom de nouveaux objectifs, comme la lutte contre le réchauffement climatique. Les écologistes ont adoré le confinement ; mais celui-ci n'était que temporaire. Lisons ce qu'en pense Rebecca Thissen, chargée de recherches en justice climatique (sic):

"[Le confinement] est une mise à l’arrêt. C’est une récession subie et non choisie. Dès que le premier confinement s’est terminé, la vie a repris et tout a réaugmenté de plus belle. On l’a également vu en 2008-2009. C’est le propre de la crise. On cherche plutôt une transition prévue sur le long terme. Pour arriver à respecter les accords de Paris, il faut que la réduction d’émission soit voulue et déterminée à travers un plan d’action concret".


Comme disait Mme Merkel en ouvrant les frontières allemandes au tout-venant syrien, "Il ne faut jamais gâcher une bonne crise”. Le virus chinois ne fait pas exception. Tous les outils de contrôle social qu'il permet ne seront pas oubliés. On travaille déjà à les adapter aux prochaines priorités déterminées par les élites mondiales.

Honnêtement, je doute que la folle trajectoire puisse être infléchie même à travers le vote du 28 novembre. Mais ceux qui soutiennent les décisions prises au nom de la pandémie vont adorer le monde qui nous attend. Des injections régulières de produits chimiques pour être "à jour". Des autorisations de circulation et de consommation délivrées au cas par cas. Une disparition à peu près totale de la sphère privée. Le système de crédit social chinois enfin chez nous!

Les élites se pavanent à visage découvert, se déplacent en jet privé et pérorent sur les sacrifices qui nous attendent au nom du réchauffement climatique. Dans les événements mondains, elles ne portent pas de masques ; le masque est pour les êtres inférieurs, comme les serviteurs et les cuisiniers - les gens comme nous. Le masque est un marqueur de classe bienvenu pour distinguer le vulgum pecus de la crème. Que chacun soit à sa place.

Des masques obligatoires aux injections forcées en passant par le traçage numérique de toutes nos activités, notre futur s'annonce radieux.

Certains ne sont même plus capables de reconnaître le totalitarisme.
...Même s'il les forces à cacher leurs visages sous des masques.
...Même s'il les enferme chez eux.
...Même s'il crée le plus grand gâchis économique de l'histoire.
...Même s'il entraîne bien des corruptions.

...Même s'il se permet toutes les censures.
...Même s'il les force à décliner sans cesse leur identité.
...Même s'il les incite à se faire injecter des produits chimiques contre leur gré.
...Même s'il pousse à le faire aussi sur leurs propres enfants.

31 octobre 2021

Infréquentable

Donald Moos, Président fraîchement élu de l'UDCVr (UDC section Valais Romand) n'est pas un type bien. Ni même un type fréquentable. Dixit Le Nouvelliste. Dixit 24Heures.

Qu'a-t-il donc fait? Il a commis le plus impardonnable des péchés - le délit d'opinion.

Évoquons donc rapidement les trois principaux griefs reprochés à M. Moos, pour reprendre le palmarès établi par Le Matin.

L'élection américaine truquée

Ayant modestement couvert le sujet, je ne suis guère surpris que la spectaculaire fraude électorale ayant eu lieu lors des élections présidentielles américaines de 2020 ne fasse l'objet d'aucune couverture de ce côté de l'Atlantique. Trump étant la réincarnation d'Hitler - mais un Hitler qui ne déclencha aucune guerre et amena une prospérité jamais atteinte chez les minorités raciales américaines, allez comprendre - tout ce qui était contre lui était d'office validé, fut-ce une fraude massive, systématique, organisée et prouvée - mais jamais examinée par les tribunaux pour l'instant.


La liste des états dont des comtés clés stoppèrent simultanément le décompte des voix lors de l'élection présidentielle américaine de 2020, pendant plusieurs jours, sans avancer la moindre raison - et sans qu'aucune explication n'ait été livrée à ce jour.

Pour la route, il y a toujours cette base de données des fraudes, des fois qu'un journaliste romand passe dans les parages.

Convergences malsaines

Pudique, Le Matin évoque "une convergence malsaine d’intérêts particuliers [qui] dirige la société". Ah! Qu'en termes galants ces choses-là sont mises, dit Philinte à Alceste dans Le Misanthrope.

Parle-t-on de la pédophilie des élites? De Jeffrey Epstein et de son non-assassinat?

À moins qu'il ne s'agisse du Great Reset, le complot le moins secret du monde? Faut-il rappeler qu'il y a un lien là-dessus jusque dans le site du Forum de Davos? Et que Klaus Schwab écrit directement des livres à ce sujet, en reliant explicitement le Great Reset et la pandémie de Covid-19?


Le Great Reset pour les nuls: vous allez adorer être dépossédé de tout.

Franchement, messieurs les journalistes, faites un effort!

Le Covid-19 est d’origine humaine

Je pose la question: en cette année 2021 finissante, y a-t-il encore des gens qui croient à la version officielle d'un virus mutant sautant de la chauve-souris au pangolin à l'homme quelque part dans un marché de Wuhan, à deux pas du Laboratoire P4 de Wuhan de Recherche sur les Coronavirus? Cette théorie pas-du-tout-raciste du "Les-Chinois-bouffent-n'importe-quoi-même-des-animaux-malades"?

Si ces romands existent et parviennent toujours à s'arc-bouter sur la version officielle, il faudrait leur décerner en grandes pompes la médaille d'or de la crédulité journalistique. C'est une médaille en chocolat, évidemment.

Encore une fois, le sujet a été traité entre ces murs. Il y a un an et demi. Et comme d'habitude, la version officielle change elle aussi. Mais comme d'habitude nos journalistes romands pétris de certitudes hautaines se ridiculisent, avec leur train de retard...

Et donc...

Comme on le voit, il y a quelques éléments qui peuvent laisser penser que les thèses proposées par M. Moos ne sont pas complètement absurdes, quoi qu'en pensent les grands pontes de la presse romande. Mais encore faut-il creuser, douter, faire preuve d'un minimum d'opiniâtreté et de recherches journalistiques. Or, la presse romande est la moins curieuse du monde. À sa décharge, elle s'est trouvé le lectorat qu'elle mérite.

J'estime avoir fait ma part pour donner une opinion différente de la doxa officielle sur un certain nombre de sujets. Mais soyons réalistes: les opinions à contre-courant de Donald Moos, tout le monde s'en balance. Le principal défaut de l'intéressé est de s'être fait élire. Devenir Président d'une section cantonale de l'UDC, comme toute autre tête qui dépasse dans ce parti, c'est être la cible d'un permis de tuer. Il faut flinguer le nouveau venu avant qu'il n'ait l'occasion d'évoquer le moindre projet politique. Il faut le vêtir d'un costume ridicule taillé sur pièce avant même qu'il n'entre en scène. Comme ça, le pauvre bougre viendrait-il avec la meilleure idée du monde, l'hilarité générale surviendra dès qu'on le verra, avant même qu'il n'ait ouvert la bouche.

La partie est déjà gagnée.

Pour donner plus de poids à leur sentence, les rédactions se contentent de laisser la meute des commentateurs se charger de la curée. 20 contributions des lecteurs sur Le Nouvelliste, 133 sur 24Heures aux dernières nouvelles, il est rare de voir le lectorat s'épancher ainsi. Mais il y a été encouragé.

Les propos sont négatifs à 90%, évidemment, mais c'est là leur moindre mal. Si vous voulez des exemples de commentaires haineux, bien dans le style de ce dont les mêmes journalistes s'offusquent lorsqu'ils sont écrits par des adolescents boutonneux s'en prenant à des camarades de classe, les exemples abondent. On n'attaque pas le message, encore moins l'opinion. On attaque le messager. Et son parti. Et les sympathisants de son parti. Et tous les gens qui auraient l'audace de remettre en doute la moindre Vérité officielle™.

C'est un peu l'inverse de l'islam et de l'islamisme en cas d'attentat. Lorsque l'UDC est concernée, l'amalgame est plus que conseillé, il est encouragé. Dans certains cas, l'amalgame est un devoir!

Dans la savane, les hyènes rient entre elles. Mais ce sont des créatures infectes qui se nourrissent de cadavres. Tout parallèle avec certains journalistes de Suisse romande ou une partie de leur lectorat ne saurait être que fortuit.

En attendant, comme disait un cynique, la différence entre les théories du complot et la vérité finalement admise, c'est "entre six mois et un an." Raison de plus pour archiver toutes ces belles réactions des lecteurs.


Image d'illustration.

21 octobre 2021

Du désastre énergétique à venir

L'hiver vient, et il sera rude.

L'Europe risque de faire face à une crise de l'énergie au plus fort de la saison froide. Et la Suisse aussi.

La faute à l'UDC!

Pour un aperçu assez convenu des mensonges qui nous seront servis alors, il suffit de se tourner vers Le Matin ou l'Agefi qui reprennent une dépêche de l'ATS. En ce mois d'octobre, on prépare déjà l'opinion publique à ce qui va arriver: "Seule, la Suisse risque une mégapanne d’électricité", nous dit-on. Puis vient pour Le Matin la désignation des coupables: "L’échec de l’accord avec l’UE force le pays à trouver de nouvelles solutions énergétiques. EconomieSuisse veut rouvrir le débat sur le nucléaire."

C'est la faute de l'UDC, vous dis-je! Les méchants! Les vilains!

À cause d'un parti politique refusant la supériorité des juges étrangers sur la démocratie directe helvétique, nous serons privés de courant cet hiver. Que ce soit dit.

Aucune démonstration n'est faite de la relation entre l'accord-cadre institutionnel avec l'UE - qui n'a jamais dépassé le stade des discussions - et l'impossibilité d'acheter de l'énergie en Europe, qui relève du simple commerce et se pratique quotidiennement. Et c'est heureux, car si telle démonstration existait, elle prouverait une relation dominant-dominé humiliante pour la Suisse (certains dans la classe politique helvétique se délecteraient d'une telle perspective).

Non, les difficultés qui nous attendent à la mauvaise saison n'ont rien à voir avec la diplomatie internationale. Elles sont juste les conséquences de choix politiques hasardeux propres à chaque pays.

Plein gaz

Mais ce n'est pas grave. Powerloop, un lobby énergétique avec ses entrées au Parlement, propose de "construire de façon échelonnée environ 2'000 petites centrales à gaz réparties sur une grande partie du territoire national."

2'000 centrales, une paille. Mais attention, de "petites" centrales. Des chose discrètes qu'on remarquera à peine. L'installation de ces 2'000 centrales réparties sur une grande partie du territoire national ne devrait pas requérir de gros travaux, ni pour les ériger, ni pour les alimenter en gaz, on vous dit.

Notre astucieux Roger Nordmann (PS) qualifie la proposition de "prometteuse", nous explique Le Matin. C'est dire si c'est génial. Si Roger Nordmann valide, il faudrait être complètement fou, ou UDC à la limite, pour avoir l'audace de s'y opposer. D'autant plus que la facture sera, on nous explique, raisonnable: elles coûteraient au total 3,4 milliards de francs. Milliards de francs qu'on propose de collecter à travers une modeste "surtaxe" sur les factures d'électricité. Mais tout cela reste "peu en comparaison des coûts d’une panne de courant, estimée entre 3 et 4 milliards par jour, selon le Conseil fédéral".

Le Matin ne rappellera pas que le coût de gestion des déchets de toutes les centrales nucléaires de suisse revient à 1,6 milliards par an, soit moins de la moitié, et qu'avec le nucléaire, il n'y a pas de panne de courant du tout.

Mais pourquoi parler de pannes de courant, au fait?

Une crise artificielle

Car la panne est au centre des discussions. Berne panique tout d'un coup et prépare le terrain pour les pannes d'électricité à venir. Et elles viendront, probablement dès cet hiver. On a beau lorgner sur 2050 dans les discours, les yeux fixés sur l'horizon, l'hiver 2021-2022 sera déjà difficile. Les suivants n'arrangeront rien.

Ayant la chance d'avoir pu discuter avec un professionnel du marché de l'énergie, j'ai obtenu des informations de première main sur la situation énergétique en Europe, les défis qui nous attendent, et la crise énergétique qui nous frappera dès cet hiver. Et les responsabilités n'ont rien à voir avec l'échec de l'accord-cadre avec l'UE, comme on pouvait s'y attendre.

La cause fondamentale tient en deux mots: la transition énergétique.

Lorsque les pays d'Europe de l'Ouest, Allemagne en tête, ont joyeusement décidé que l'avenir devait être neutre en CO2 et non nucléaire, il a fallu se tourner vers les énergies renouvelables. Ces énergies ne sont pas fiables. L'ensoleillement et le souffle du vent dépendent de la météo. Dans les deux cas, la Suisse, avec peu de vent et un faible ensoleillement, ne tire pas son épingle du jeu.

La production énergétique exige une certaine régularité: vous n'aimeriez pas que votre train s'arrête d'un coup en rase campagne, faute de vent pour les éoliennes qui, ailleurs, génèrent le courant qui alimente sa locomotive. Toute installation d'éoliennes, toute ferme de panneaux solaires s'associe donc à une centrale à gaz qui supplée à l'énergie "renouvelable" lorsque les conditions météorologiques ne sont pas au rendez-vous. C'est le secret honteux de la transition énergétique. En Suisse, il y a déjà 950 installations de ce type.

Hormis l'hypocrisie de cette énergie "renouvelable" qui fonctionne peu ou prou au gaz en réalité, le gaz était une solution d'appoint flexible et bon marché il y a quelques années. Avec la multiplication des sources d'énergie "renouvelables" appuyées par des milliers de centrales à gaz ou au charbon à l'échelle de l'Europe, ce n'est plus le cas.

De plus, l'hiver 2020 a été particulièrement long et froid, vidant les réserves du continent européen (Russie incluse). La Russie, un pays du tiers-monde aux équipements dépassés, qui ne peut augmenter sa production d'un claquement de doigt même si elle le voulait - et qui donne de toute façon priorité au chauffage de sa propre population avant d'exporter.

Toutes les conditions sont donc réunies pour une explosion du prix du gaz, et elle a lieu. Depuis le début de l'année, son prix a été multiplié par six. (Il y a deux semaines, dans cet article, il n'était encore multiplié que par cinq). Et nous sommes encore en automne!


L'évolution du prix du gaz d'août à octobre 2020

Les 2'000 "petites centrales à gaz" proposées par Powerloop vont avoir du mal à tourner, et, si elles y parviennent, je n'ose penser à la facture de gaz. Envoyez-la à Roger Nordmann...

Berne se prépare à des pannes d’électricité dramatiques

La transition énergétique, malgré le marketing médiatique de l'énergie "renouvelable", fait lourdement reposer la production d'électricité sur le gaz. Le changement de paradigme, à marche forcée pour contenir les objectifs "climatiques", s'applique à l'échelle du continent européen. Or, les réserves de gaz sont au plus bas et la production ne suit pas.

La loi de l'offre et de la demande risque de rendre l'électricité hors de prix pour beaucoup de monde. Mais nous pourrions aller encore plus loin, une situation où quel que soit le prix il n'y a plus de gaz disponible - c'est-à-dire une pénurie.


Lors des coupures d'électricité au Texas l'hiver dernier, les habitants grelottaient pendant
que les parkings vides du centre-ville restaient éclairés... Tout est question de priorité!

Lorsque ce moment arrivera, les pays victimes subiront des coupures d'électricité. On dira alors que c'est la faute du méchant Poutine qui refuse son gaz russe aux Européens dans le besoin, ou en Suisse la faute de l'échec de l'accord-cadre avec l'Union Européenne (bien qu'à ce stade plus grand-monde n'aura de courant à revendre à qui que ce soit).

L'important, pour les médias et la classe politique aux commandes, sera de préserver dans le grand public l'illusion que les éoliennes, les panneaux solaires et les centrales nucléaires sont tous équivalents. La pénurie quant à elle en incombera au capitalisme, évidemment.

Les choix ont des conséquences, et cela vaut tant pour les délires à l'horizon 2050 que pour le reste. Si une vague de froid frappe l'Europe cet hiver, il y aura de graves problèmes d'électricité et de chauffage. Des gens mourront, sacrifiés sur l'autel de l'énergie renouvelable.

À l'aune des expériences vécues, entre la priorité entre la sécurité de l'approvisionnement, les objectifs climatiques, et la haine irrationnelle des écologistes à l'égard du nucléaire, les électeurs seront amenés à redéfinir leurs priorités. Malgré les coupures et les factures de chauffage et d'électricité hallucinantes, il est possible que la crise ne suffise pas à réveiller les consciences. Il est aussi possible que cela relance le débat de la production énergétique et de la place du nucléaire dans celle-ci.

Le pire n'est pas toujours certain, comme on dit.

30 août 2021

Un parfum d'autoritarisme sanitaire

Par la voix d'Alain Berset, le Conseil Fédéral a donc communiqué mercredi dernier les changements à venir dans la gestion de la crise du Coronavirus. Nous entrons dans la "phase de consultation".

À quelle sauce seront-nous mangés?

Parmi les principales mesures envisagées, l'obligation de fournir un certificat. Son utilisation serait des plus larges, puisqu'elle concernerait pratiquement tout événement se déroulant à l'intérieur. Ainsi on compterait les restaurants, les lieux culturels et de loisirs, et les activités sportives et culturelles (musique, théâtre) en intérieur, y compris entraînements ou répétitions. Les hôtels seraient aussi concernés à partir d'une durée de séjour de plus d'une nuit.

Les rares exceptions concernent les manifestations religieuses, les funérailles et les manifestations politiques jusqu'à 30 personnes (le Centre est sauvé!) Elles démontrent au passage que même l'urgence-sanitaire-critique-et-absolue que nous traversons reste relative. Le pieux virus ne circulerait pas pendant une messe?

Seuls les jeunes de moins de 16 ans seraient dispensés de certaines de ces mesures. L'autre possibilité, bien sûr, serait d'avoir toujours sur soi un certificat ; c'est à dire, une preuve de vaccination ou un test de dépistage récent - dès le 1er octobre, aux frais de l'individu.

La fin de la gratuité des tests de dépistage nous donne un aperçu de la perversité de l'administration helvétique, référence en la matière. En effet, comme les situations l'exigent parfois, un individu éprouvant les symptôme d'un COVID potentiel pourra toujours se faire dépister gratuitement, mais ce test (s'il est négatif) ne pourra pas servir à obtenir le fameux certificat. Même chose pour un test de dépistage gratuit effectué à l'entrée d'un EMS ou d'un hôpital.

Si vous voulez un certificat qui vous permettra temporairement d'avoir une vie normale, il vous faudra le payer de votre poche, voilà. Même si vous en avez fait un gratuitement une heure plus tôt, quelle qu'en soient les raisons!

Cette discrimination au certificat est parfaitement assumée, impliquant une foule de détails pour couvrir tous les cas (sauf les réfugiés et autres, bien entendu).

En une phrase, l'État a décidé de rendre infernale la vie des non-vaccinés.

Les "responsables" en charge n'ont pas été capables d'interdire les liaisons aériennes Wuhan-Zurich au plus fort de la flambée de l'épidémie en Chine. Ils ont toujours refusé le moindre contrôle aux frontières, pas même un dépistage des passagers arrivés dans les aéroports. On pourrait multiplier les exemples absurdes. Mais pour infliger des mesures vexatoires contre leurs propres habitants de ce pays, ils restent des champions.

La Suisse rejoindra le groupe bienheureux instaurant le fameux Pass sanitaire...

Tout ceci n'est que de la musique d'avenir, bien entendu, car les propositions sont mises en consultation. Le CF consulte ses partenaires pour mesurer leur enthousiasme. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il donne le ton. Les rares aménagements n'auront lieu qu'à la marge.

La fracture face au vaccin

Le clivage est profond dans la société entre les pro-vaccins et les anti-vaccins. Catégories qui ne recouvrent absolument pas les vaccinés et les non-vaccinés. Mais c'est déjà un abus de langage instauré par les médias ; les anti-vaccins sont moins des gens opposés au principe de la vaccination qu'à celui d'une vaccination systématique et obligatoire, ce qui n'est pas du tout la même chose. De même les pro-vaccins ne sont pas les gens vaccinés (quoi qu'ils aient pu l'être) mais ceux qui exigent une vaccination totale et obligatoire.

Il est donc plus juste de parler de pro-obligation et d'anti-obligation.

Clairement, les pro-obligation tiennent le haut du pavé. On le voit aux politiques mises en place, ouvertement discriminatoires et faisant fi du secret médical. On le voit aussi dans les médias, qui soumettent les anti-obligation au feu roulant de leurs insultes habituelles ("complotisme, extrémisme, bêtise crasse, ignorance, anti-science") qu'il tentent maladroitement de faire passer pour des arguments.

Les professionnels de la santé ont fait bien plus d'étude de médecine que les éditorialistes qui les critiquent ou les fonctionnaires qui veulent leur rendre la vie impossible. S'il y a des gens méfiants face au vaccin parmi le personnel médical, la logique voudrait qu'on écoute leurs arguments et qu'on en tienne compte.

À la place, on nous sort d'autres experts (voire des individus pas experts du tout mais qu'on présente comme tels) pour leur opposer un point de vue contradictoire. Les discussions politico-sanitaires virent fréquemment à la foire d'empoigne. Mais lorsqu'il y a querelle d'experts, c'est surtout qu'il n'y a pas de consensus. Et lorsqu'il n'y a pas de consensus, pourquoi vouloir forcer la main dans une direction plutôt qu'une autre?

L'esprit de meute propre aux pro-obligation les plus virulents s'abreuve à la même sources que tous les totalitarismes: "pour que ça marche, il faut que tout le monde joue le jeu, sinon ça ne marchera pas." La corollaire est immédiate: si ça ne marche pas, c'est à cause de ceux qui ne jouent pas le jeu, les traîtres, puis les tièdes. Il faut les éliminer de l'équation, physiquement au besoin. Sur les réseaux sociaux, ces propositions circulent. Les envoyer dans des camps, par exemple. Ou, comme l'a plaisamment suggéré le Général Michael Hayden, ancien directeur de la NSA et de la CIA américaines sous le Président George W. Bush, les envoyer en Afghanistan. Pour qu'ils y meurent. Bon débarras!

Alors, ces propos ne sont qu'une plaisanterie, on rigole, c'est marrant. Mais, sortant de la bouche d'un général, ils restent un peu inquiétants.

Je n'irai pas jusqu'à dire que tous les anti-obligation sont des gens bien dans leur tête, loin s'en faut. Il y a des olibrius partout, encore plus avec l'atmosphère de mensonge entretenue par les officiels avec leurs revirements continuels. Mais les anti-obligation que j'ai pu rencontrer avaient des revendications fort modestes: qu'on fiche la paix aux non-vaccinés, c'est tout.

À notre époque, vivre et laisser vivre est devenu une ligne de conduite dont les classes politiques massivement pro-obligation ne veulent plus. Alors, pour sortir de chez soi, aller dans un commerce, au restaurant, dans une salle de sport, le certificat de vaccination deviendra obligatoire. À défaut, les réfractaires - ou ceux qui ne peuvent pas être vaccinés pour raisons médicales - subiront la pénitence régulière consistant à devoir se curer le nez à leurs frais tous les deux jours avec une tige pour avoir un test négatif, et le droit de vivre normalement.

À titre temporaire.

Est-ce réellement lié à la crise sanitaire ou à d'autres objectifs plus sournois, comme le Grand Reset ou la décroissance écologique? La question reste ouverte.

Rendez-vous en novembre

Exiger le retour à une vie normale via la vaccination est un désir absurde. Même si les non-vaccinés disparaissaient comme par enchantement, les absolutistes du vaccin ne pourraient l'emporter. Non seulement les vaccins n'ont jamais offert une protection à 100% contre le COVID-19 souche historique, mais ils sont en plus moins efficaces contre le Variant Delta, et pour finir, leur efficacité s'étiole avec le temps. Sans oublier que sans contrôle aux frontières une vaccination à 100% ne dure que le temps qu'un nouveau porteur du virus, non vacciné, ne rentre dans le pays.

Un des pays les plus vaccinés du monde – Israël – a fait face à une recrudescence incroyable de cas, dépassant la vague pandémique qui a eu lieu alors que le vaccin n’était pas disponible, à cause du Variant Delta. Variant qui s’est répandu comme un feu de brousse dans une population vaccinée. Et les scientifiques israéliens d’affirmer désormais preuve à l’appui que l'immunité naturelle acquise contre le virus est 13 fois plus efficace que celle apportée par le vaccin. De plus, ils sont 27 fois moins sujets à des complications graves face à une nouvelle infection. Et ces chiffres se basent sur une population exposée au Variant Delta!

Alex Berenson, reprenant ces informations par tweet pour les faire connaître, se vit bannir de Twitter dès le lendemain.

Au Japon, Haruo Ozaki, le Président de l'Association de Médecine de Tokyo (Tokyo-Chiyoda) déclara mi-août que l'Ivermectine était un médicament prometteur contre le Coronavirus - toutes souches confondues. Dans la foulée, il recommanda publiquement que tous les docteurs du Japon prescrivent immédiatement l'Ivermectine pour traiter le COVID.

En avez-vous entendu parler? J'en doute.

En Europe et aux États-Unis, les gouvernements s'arc-boutent pour marteler leur message auprès du grand public: la seule porte de sortie passe par une campagne de vaccination avec des substances à base d'ARNm. Maintenant que tant de doses ont été commandées, n'est-ce-pas, il faut bien qu'elles servent à quelque chose...

Alors, les pro-obligation et les anti-obligation, combien de divisions? En Suisse, nous le saurons au fond des urnes le 28 novembre. Au moins le peuple helvétique aura l'occasion de dire à sa classe politique ce qu'il pense de tout cela, un luxe rare par les temps qui courent.

01 août 2021

Joyeux 1er Août 1984!

Les réjouissances du 1er août sont l'occasion d'écouter les discours convenus des grands de notre petit pays. Pour ma part, je trouve qu'en la période actuelle cette fête a un goût particulier, plus amer encore que la même date l'an dernier alors que nous nous débattions dans une pandémie mystérieuse venue - non, importée - de Chine.

Nous sommes donc le 1er août, certes, mais de 1984. Pas l'année de sortie de la première version de Tetris, mais celle du roman de George Orwell. Nombre d'entre nous ont l'impression d'avancer en pleine dystopie, et le parallèle avec l'ouvrage anglais décrivant un futur cauchemardesque correspond de plus en plus à notre présent... Un petit tour d'horizon permet de voir ce qu'il en est.

Les Deux Minutes de la Haine

ZniwZHv.jpgTous les jours, la population est appelée à manifester lors d'un rituel, deux minutes d'hystérie et de hurlements contre le traître Emmanuel Goldstein, dont le portrait est diffusé sur des écrans. Goldstein, à la tête d'une prétendue résistance, est responsable de tout ce qui va mal. Personne ne le connaît personnellement, nul ne le défend - pareille idée relève de l'impensable. De même, il n'existe aucune autre explication sur les difficultés que traverse la société. Goldstein incarne et s'avère responsable de tout ce qui va mal.

En Suisse le parallèle avec Donald Trump est frappant. Il suffit d'un article sur Trump (il y en a au moins un par semaine, même s'il n'est plus président depuis sept mois) et de lire la teneur des commentaires, sur Le Matin par exemple, pour découvrir des tombereaux de bile et d'invectives, avec tout ce que l'esprit de meute implique. Donald Trump n'a rien fait contre la Suisse, n'est jamais venu en Suisse et n'a probablement pas grand-chose à faire de la Suisse, mais peu importe.

Et le plus intéressant dans tout cela est que le grand public ne connaît que de M. Trump ce qui en est dit dans nos médias. L'endoctrinement est impressionnant. Si vous vouliez une estimation de la capacité de manipulation des médias de masse, elle se mesure simplement à l'aune de la détestation de Donald Trump.

La Guerre c'est la Paix

La paix en Europe n'a jamais autant ressemblé à la guerre. La guerre est constamment invoquée par les pouvoirs publics de nos pays. Comme il ne faut pas "stigmatiser" qui que ce soit on entre en guerre contre des concepts: le terrorisme, l'extrémisme, la pandémie. Ces concepts ne sont jamais clairement définis, pas plus que les conditions d'une victoire. La guerre en devient un état continu, mobilisant, et perpétuel. De même, on évitera tout lien entre la "guerre" et les ennemis objectifs de nos contrées et de notre mode de vie, comme la Chine, les pays musulmans ou les ONG qui organisent sciemment notre invasion.

L'appel à la guerre permet ainsi d'en appeler à des exceptions qui deviennent progressivement la norme. On citera pêle-mêle la perte des libertés individuelles comme la liberté d'opinion ou de mouvement, le couvre-feu, la perte du secret médical, ou des interdictions professionnelles arbitraires. Tous les freins aux dépenses étatiques sont eux aussi oubliés au nom de l'urgence.

La crise devient la normalité et justifie tout par elle-même.

Les opposants à la "guerre" deviennent de fait des dissidents, puisqu'ils minent l'effort de guerre. Il en faut peu qu'ils deviennent objectivement des ennemis et ne soient traités comme tels. Des Gilet Jaunes aux Antivax, la riposte démesurée est une posture qui semble de plus en plus séduire les autorités. La logique simpliste de la guerre oblige à choisir son camp. Sur les réseaux sociaux on censure, sur les blogs on purge. Les chiens de garde de la pensée unique veillent au grain.

Émettre un avis différent suscite la division, c'est un crime.

L'Ignorance, c'est la Force

À notre époque, il est important de ne pas savoir. Ne pas connaître les chiffres réels de la production d'énergie pour plaider la "transition énergétique". Ignorer le cycle de vie d'une batterie pour plaider la "voiture électrique". Passer outre les fraudes scientifiques pour parler du "réchauffement climatique". Ne pas savoir que le confinement ne fonctionne pas. Invoquer sélectivement "la science" pour mieux passer sous silence que les masques ne fonctionnent pas.

Le passé doit être ignoré, ce que vaut l'abolition de notre Histoire façon Black Lives Matter et son pendant de la Cancel Culture. Leur vandalisme culturel n'a rien à envier à celui des talibans.

Sous nos latitudes, le passé à court terme est tout aussi ciblé, car il permet encore à ceux qui sont dotés de mémoire de réaliser les incroyables revirements à 180° qui sont la marque de nos gouvernements. Un peu d'humilité ne ferait pas de mal, car personne n'est parfait ; mais c'est mal comprendre les enjeux. L'inhumanité est un fondement de Big Brother, elle le caractérise. Big Brother, chez nous Big Governement, est parfait. Infaillible. S'il dit blanc un jour c'est la vérité. S'il dit noir un autre jour c'est encore la vérité. Celui qui ose plaider le changement se trompe: c'était vrai avant, et c'est toujours vrai maintenant, même si c'est le contraire. La vérité change, voilà tout.

La politique sanitaire du port du masque en est un exemple emblématique. Les masques ne servent à rien, et le grand public est de toute façon trop stupide pour les porter correctement ; en porter un au Parlement est une "provocation". Et puis, ceux qui portent des masques sont des salauds, il faut les réserver "pour le personnel soignant" à cause de la pénurie (même s'ils ne servent à rien, vous suivez?). Et du jour au lendemain, le port du masque devient obligatoire, dans certains lieux puis partout, même en extérieur, puis ne devrait plus l'être si on est vacciné, mais le reste quand même. Aux États-Unis, le Dr Fauci, l'homme qui a financé le COVID et la recherche sur le gain de fonction, affirme qu'il faut porter deux, voire trois masques les uns sur les autres...

Mieux vaut rire de tout cela, et surtout débrancher son cerveau, de peur d'être pris pour cible par les hordes conformistes assoiffées du sang des déviants. Le crimepensée a beau n'être qu'une pensée, il reste un crime.

La Liberté, c'est l'Esclavage

Grand révélateur de ce qui reste de nos prétendues libertés, le COVID aura permis d'illustrer cette dernière maxime de 1984 au travers de la vaccination.

Le "vaccin" contre le COVID (rendu possible grâce à Trump, mais il reste un salaud) était la promesse d'un retour à une vie normale. La fin des infections, des confinements, de la distanciation sociale, des masques.

Puis on parla de deux doses, puis de maintenir le port du masque, puis de continuer à devoir fournir des tests pour voyager. Alors que chaque individu aurait dû choisir de se vacciner ou non selon sa décision personnelle, la volonté de l'État est toujours plus forte de le rendre obligatoire, en multipliant les contraintes vexatoires.

L'Europe est quotidiennement prise d'assaut par des milliers d'immigrés clandestins, mais leur statut sanitaire n'est pas un débat autorisé dans l'espace public.

En échange de l'esclavage vaccinal, en France par exemple, on reçoit la liberté du pass sanitaire: le laisser-passer à fournir au cafés-restaurants, foires et salons, avions, trains et cars longs trajets, ainsi qu’aux établissements médicaux (authentique). Mais il faudra une troisième dose, et peut-être une tous les six mois. De quoi maintenir les listes à jour... La "liberté" est à ce prix.

Vivre en soumission

J'ai une anecdote personnelle à raconter à propos du port du masque. Prenant régulièrement le train pour des raisons professionnelles, je fus sans doute un des premiers en mars 2020 à décider d'en porter un en montant à bord. Je me rappelle les regards étranges et méfiants des autres passagers - je n'étais pas asiatique, n'est-ce-pas, que faisais-je avec un masque? Guetté comme une bête curieuse, certains n'osaient s'asseoir à mes côtés. Je n'avais bien sûr aucune certitude quant à son utilité, mais je tenais à faire quelque chose, à titre personnel.

L'histoire pourrait s'arrêter là mais les jours et les mois passèrent, alors que la première vague de COVID-19 frappait la Suisse. Mars, avril, mai, juin arrivèrent, avec leurs hôpitaux surchargés et le premier confinement. Mais ce n'est que le 6 juillet 2020 que le gouvernement helvétique décréta - "aussi lentement que nécessaire" je suppose - l'obligation généralisée du port du masque dans les transports.

Et là! Tous ces gens qui ne portaient pas de masque la veille se mirent à en porter un le lendemain. D'un coup d'un seul, des millions de visages furent recouverts, suivant les instructions diligentées par le Conseil Fédéral. Loin de ces histoires de pénurie dont les médias faisaient les choux gras, ils avaient tous réussi à mettre la main sur des masques. Ils attendaient juste le signal pour les porter.

La logique aurait voulu que si ces gens pensent que le masque fut efficace, ils le portent dès qu'ils en disposent ; mais au lieu de cela ils attendirent simplement le signe venu d'en haut. Le masque sur le visage n'était pour eux nullement une question de santé mais de soumission à l'autorité.

Ce jour-là, je compris que la plus grande part de la population du pays (celle que je pus croiser dans les transports en commun en tout cas) avait sciemment choisi de renoncer à penser par elle-même pour simplement obéir.

Joyeux 1er août 1984.


"Ne réfléchissez pas
Ne questionnez pas
Payez vos impôts
Votez pour nous"

Mise à jour (2 août): un lecteur me fait remarquer que Donald Trump est venu à Davos, ce que rappelle cette célèbre image. Je suis allé un peu vite en disant qu'il n'était jamais venu dans notre pays.

30 juin 2021

La Fabrique à Benêts

Ce mois de juin finissant, la réforme de l'orthographe à l'école est en marche. Dans un article (payant) dithyrambique, Le Temps expose son enthousiasme à travers son mépris pour ceux qui tentent de s'y opposer.

Il fallait bien que leur consternation s’exprime. Dans une démarche inédite, les libéraux-radicaux de Suisse romande s’unissent pour dire tout le mal qu’ils pensent de «l’orthographe rectifiée» qui devrait faire son entrée dans les écoles de Suisse romande, à la rentrée d’aout (août) 2023, a appris Le Temps. Ainsi en a voulu la Conférence intercantonale de l’Instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), annonçant début juin cette petite révolution de langage, argüant (arguant) vouloir simplifier le français dans un esprit de cohérence. Elle en profitait aussi pour introduire une «sensibilisation» au langage épicène.

Le PLR genevois n’a gouté (goûté) ni l’art ni la manière. Il a donc pris l’initiative d’une lettre ouverte à la ministre de l’Instruction publique, Anne Emery-Torracinta, demandant de reporter sine die toute mise en œuvre de ce projet et de procéder à une concertation démocratique. Un courrier que les autres sections romandes du parti bourgeois se sont empressées de reprendre. C’est ainsi que six ministres romands ont reçu mardi cette lettre, témoin d’une double exaspération, comme l’explique le président du PLR genevois, Bertrand Reich: «Exaspération de voir l’incursion de l’Etat dans la définition du savoir. L’Etat n’est pas linguiste, sa mission doit donc se borner à transmettre celui-ci, et non à le définir.» Autrement dit, l’Etat devrait se mêler de ses ognons (oignons), puisque même l’Académie française, contrairement aux aprioris (a priori), «observe l’évolution de la langue et ne la décrète pas», note le Genevois. Exaspération, encore, de voir une organisation chargée d’assurer la coordination s’approprier un débat qui engage toute la société sans que le référendum soit possible.


La plume de Laure Lugon laisse transparaître une joie sauvage, mais elle appose tout de même l'orthographe correcte de chaque mot entre parenthèses. L'audace a ses limites! Notre journaliste ne réalise même pas qu'en agissant de la sorte, elle prouve magistralement l'absurdité de ce changement forcé. On notera aussi le mépris affiché face à la démarche du PLR, permettant de mesurer la dérive idéologique du quotidien de référence autrefois bien disposé envers le parti centriste.

Sous l'impulsion des constructivistes de gauche dès qu'ils sont aux manettes, la langue est devenue un champ de bataille. Les fronts sont multiples et vont de la lecture globale à la sexualisation forcée de l'écrit en passant par la simplification de l'orthographe. Tous les motifs sont bons pour détourner l'école publique de sa mission première, accomplie à grand-peine, l'instruction des élèves.

Comme les mouvements de voyous vandalisant les statues d'hommes auxquels ils n'arrivent pas à la cheville, c'est une guerre totale de l'existant. Du passé il faut faire table rase.

Le PLR et à dire vrai tous les gens alphabétisés devraient s'ériger contre ce sabotage d'un savoir commun. Bien des langues ont été emportées dans le flot de l'histoire mais quand on les détruit activement, c'est une trahison. Et un ridicule péché d'orgueil, en passant, des administrations romandes face aux 300 millions de francophones dans le monde. Mais ne leur jetons pas la pierre: elles ne font que reprendre les efforts constructivistes du grand frère français depuis 1990 - dont on a pu voir le peu d'effet depuis trente ans.

Malgré tous les efforts de l'école gérée par l'État, le français n'appartient à aucune administration. Vous ne trouverez pas beaucoup d'articles de presse, de livres publiés ou de pages web écrites avec les mots rectifiés, et si vous en dénichez ils risquent d'attirer davantage les critiques que les louanges. Le grand public n'est pas favorable à ces évolutions forcées. Les francophones se montrent particulièrement pointilleux, lorsqu'ils ont fait l'effort de maîtriser leur langue, envers ceux qui ne la respectent pas.

Le nœud du problème est bien là: en utilisant l'orthographe rectifiée, vous risquez surtout de passer pour un imbécile, et aucune loi ne peut empêcher cela.

L'acharnement des idéologues fera bien sûr des dégâts - en premier lieu, sur ceux qui n'ont pas le choix. Les parents qui le pourront corrigeront à la maison les dérives de l'école, ou avec des cours privés, mais d'autres n'auront ni le bagage linguistique ni les moyens disponibles pour arranger la situation. Brossés dans le sens du poil par une administration qui s’enorgueillira de la docilité de ces sujets, ces enfants traverseront toute leur scolarité en pensant qu'on leur a appris à écrire. Devenus grands, ils déchanteront lorsque le moment sera venu de chercher un emploi.

Le monde du travail est cruel ; l'épreuve d'orthographe est déjà infranchissable pour bon nombre d'aspirants policiers. Les entreprises privées ne tiennent pas de bêtisier mais vu les conseils donnés aux candidats quelque chose me dit que l'orthographe "simplifiée" n'a pas encore trouvé sa place.

En Suisse, on a compris comment aller dans le sens de l'Histoire. Très bientôt, on n'apprendra plus le français. On apprendra le fransais. Et il y aura des victimes, principalement parmi les populations les plus choyées par nos gauchistes enkystés dans les comités d'instruction publique - les immigrés et les pauvres.

20:40 Publié dans Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : école |  Facebook