04 août 2020

Quand les médias romands nous parlent de Q

Fin juillet, le grand public romand a découvert l'existence de Q par un barrage médiatique tout azimut. La plupart des rédactions se contentèrent de recopier un article directement fourni par l'AFP, mais d'autres ajoutèrent leur grain de sel.

Sur l'intervalle de quelques jours, tous les médias romands (20 minutes, Le Matin, la Tribune de Genève, 24 heures, la RTS...) ont évoqué Q et le mouvement QAnon. La concentration des médias dans des groupes favorise ce genre de pratique ; pourtant, certains articles sont signés, prouvant l'implication des rédactions dans le traitement du sujet, et on comptera dans le lot l'information officielle issue des médias payés par la redevance obligatoire.

Comme d'habitude, nos médias romands ont une guerre de retard. Il est trop tard pour stopper le mouvement QAnon. Vous savez qu'un mouvement est devenu mainstream quand on peut trouver des t-shirt à son effigie jusque sur Amazon.

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Un Breadcrumb de Q.

Néanmoins, cette synchronisation est étonnante. Rien ne la justifie dans l'actualité. La seule évocation précédente de Q sous nos latitudes est liée à la volonté de Twitter de bannir des milliers de comptes associés à la mouvance quelques jours plus tôt - mais il s'agit d'un non-événement pour le grand public.

Tous ces articles, enfin, on la même construction: le mouvement QAnon est une théorie du complot d'extrême-droite, pro-Trump, et il ne faut absolument pas croire ce qui s'y raconte. La politique américaine et internationale est-elle dominée par une super-classe mondialiste et probablement pédophile? Non, puisqu'on vous le dit. Plus important encore, il est essentiel ne pas chercher à en savoir plus...

...Et ce sera de toute façon difficile.

Que sont Q et QAnon?

Pour l'acte d'accusation, on pourra aisément se reporter à l'un des liens fournis plus haut dans cet article, qui disent tous peu ou prou la même chose. Mais pour l'internaute décidé à se faire sa propre idée, il sera difficile d'en savoir plus.

En effet, toutes les recherches sur Google visant à trouver des informations de première main sur QAnon, comme les fameux "fragments" publiés par Q, ne renvoient qu'à des articles d'opinion ou des coupures de presse dénonçant le mouvement. Il est tout simplement impossible d'accéder aux informations fournies par QAnon à travers Google.

Quand Google trafique ses résultats pour vous empêcher d'accéder à l'information, vous pouvez être sûr de tenir un vrai sujet.

Heureusement, pour l'instant encore, d'autres moteurs existent et permettent d'accéder à des informations non tronquées. Revenons-en donc à notre mouvement Q... Pour une approche plus factuelle du sujet, on peut se tourner vers le blog American Thinker qui publia en début d'année une présentation claire du phénomène.

Q apparut la première fois en Octobre 2017 sur un forum anonyme appelé 4chan, postant des messages impliquant un accès à des informations secrètes quant à des événements à venir. Plus de 3'000 messages plus tard, Q a brossé un portrait dérangeant et aux multiples facettes d'un syndicat du crime global qui opère en toute impunité. Les suiveurs de Q au sein de la communauté QAnon analysent soigneusement les moindres détails de chaque message, qui sont consultables ici et ici.

Les médias mainstream ont publié des centaines d'articles attaquant Q et le dénonçant comme une théorie du complot d'extrême-droite, en particulier dès lors que le Président Trump sembla donner des indices d'une connivence avec lui. Lors d'un rallye en Caroline du Nord en 2019, Trump prit soin d'attirer l'attention du public vers un bébé dont la grenouillère arborait un Q majuscule.

Dans les dernières semaines, le tempo de mise en avant de Q par Trump s'est accéléré, le Président allant jusqu'à retweeter des followers de Q jusqu'à vingt fois en une journée. Trump a mis en avant des adeptes de Q dans ses publicités et a employé une des phrases signatures de Q ("Ces gens sont dingues") dans l'un de ses meetings.

Q a fait remarquer que les médias n'ont jamais pris la peine de poser à Trump la question évidente: "Que pensez-vous de Q?" Pour les partisans de Q, la raison pour laquelle cette question n'est jamais posée est évidente. Ils ont peur de la réponse.

Dans l'intervalle, l'influence de Q continue de s'étendre. Des manifestants à Hong-Kong, en Iran, en France, ont arboré des symboles Q et scandé des citations de Q. Les révélations de Q unifient les gens qui veulent la liberté partout dans le monde.

Si vous n'êtes pas familier de Q ou que vous ne le connaissez qu'à travers les attaques perpétrées contre lui dans les médias, j'aimerais fournir une brève introduction à ce phénomène extraordinaire. J'ai suivi Q depuis son premier message, et j'ai été de plus en plus impressionné par la précision, l'ampleur et la profondeur de ses communications. Les sympathisants de Q ont découvert longtemps avant les autres la détente avec la Corée du Nord, le dégonflement des mollahs d'Iran, et l'implication de l'Ukraine comme foyer de corruption pour la classe politique américaine. Ils en savaient beaucoup sur les activités de Jeffrey Epstein avant que celles-ci ne soient connues du grand public et prévoient des révélations encore plus choquantes. Comme Q se plaît à l'affirmer, "Le futur prouve le passé". Alors que les prédictions de Q se vérifient, elles donnent rétroactivement une crédibilité à l'entier de l'édifice.

Les partisans de Q pensent que Q est une opération de renseignement militaire, la première de son espèce, dont le but est de fournir au public des informations secrètes. Beaucoup pensent que l'équipe Q a été fondée par l'Amiral Michael Rogers, précédent directeur de la NSA et ancien commandant de l'unité de Cyber-Commandement des États-Unis. Certains soupçonnent Dan Scavino, Directeur des Médias Sociaux de la Maison-Blanche, de faire partie de l'opération, la grande tenue des écrits de Q reflétant une expertise en communication.

Q est une nouvelle arme dans la guerre de l'information, contournant les médias hostiles et le gouvernement corrompu pour communiquer directement avec le public. Q est en quelque sorte le pendant du flux Twitter de Trump. Alors que Trump communique brusquement et directement, Q est cryptique, détourné et subtil, n'offrant que quelques indices qui réclament une recherche et une mise en perspective.

Voilà comment les choses fonctionnent. Q publie des messages (également connus sous le nom de "largage" ("drop") ou de "miette" ("crumb")) sur un forum anonyme en ligne, messages qui sont ensuite discutés, analysés et critiqués par les habitués du forum. (Le forum en question a changé plusieurs fois au cours du temps à cause d'attaques massives). Des centaines de comptes des médias sociaux diffusent ensuite les derniers posts de Q à un public intéressé qui partage ensuite ses recherches, analyses, et interprétations quant à ces nouvelles informations. (...)


Q est donc la source des messages - reconnaissable parce que, même anonymes, certains forums identifient les messages postés d'une même origine avec une clef unique. QAnon est le nom donné à la communauté d'individus qui prêtent attention à ces messages.

Les deux doivent être distingués. Q est un individu (ou un petit groupe d'individus) parfaitement anonyme et lâchant des informations cryptiques sur Internet, que chacun peut décider de croire ou de ne pas croire. QAnon est une masse immense d'individus, chacun avec ses croyances, ses opinions et ses préjugés, interprétant les énigmatiques messages de bien des manières.

La distinction permet de comprendre la facilité avec laquelle les médias défaussent Q pour mieux se concentrer sur QAnon et tenter ainsi de les couler tous les deux. Avec assez d'opiniâtreté, on pourra trouver dans n'importe quelle communauté humaine assez vaste un ramassis de bêtises, d'exagérations, de déclarations à l'emporte-pièce, d'antisémitisme ou de folie. Les journalistes n'hésitent donc pas à mettre en exergue les croyances les plus délirantes de certains membres de QAnon pour en faire des symboles de l'absurdité, et de l'extrémisme, et discréditer ainsi le mouvement Q dans son ensemble.

Cette technique du grand-n'importe-quoi étendu à une communauté est aussi pratiquée par certains auteurs prétendant écrire sur le phénomène Q. Qu'il s'agisse de leurs propres délires ou d'une volonté de ridiculiser le tout, ils saupoudrent allègrement leurs analyses d'influence extraterrestre et de clonage humain... Ce qui est tout de même un comble pour un processus visant à faire réfléchir l'auditeur par lui-même.

En effet, Q est délibérément cryptique et anonyme. Il n'a aucune posture d'autorité, ne peut se prévaloir d'aucun titre, n'a aucune existence officielle. Q n'existe que par ses messages. Et la seule façon de comprendre quoi que ce soit est de les mettre en perspective et de procéder à ses propres recherches.

Beaucoup de gens détestent Q, y compris des partisans de Trump, mais il faut reconnaître que ses méthodes visent plutôt à élever le débat dans un univers médiatique où le prêt-à-penser est devenu la seule norme.

L'État profond et la pédophilie institutionnelle

Q étant humain, il n'est ni omniscient, ni infaillible.

Et Q n'est même pas pro-Trump.

Q affirme que nous sommes dans une configuration extraordinaire, permise par l'élection (et peut-être la réélection) de Trump. Un accident qui rend certaines choses possibles - notamment le déracinement de l'État profond.

Malgré son nom, l'État profond n'a rien d'abyssal. Il s'agit du petit nombre de gens à la tête des organisations qui financent les carrières des politiciens et des officiels de haut niveau. Ceux qui en Suisse emploient des lobbyistes, par exemple. De la sélection des "meilleurs" candidats à leur éventuelle nomination, puis à la canalisation que permettra ces gens lorsqu'ils en nommeront à leur tour d'autres à d'autres postes dans d'autres organisations, ils peuvent influer sur la société à une échelle démesurée, pendant des décennies.

Comme ils sont souvent à la tête de grands groupes internationaux (qu'ils soient économiques, politiques ou prétendument philanthropiques) ou de grandes fortunes, les membres de l'État profond n'ont souvent qu'un intérêt mineur pour les affaires locales. Ils font la promotion de politiques globales dépassant, ou effaçant au besoin, les concepts éculés à leurs yeux de nations et de peuples.

Une partie de cette élite est pédophile - la perversion suprême de ceux qui affichent ainsi qu'ils peuvent tout se permettre.

Donald Trump n'est pas pédophile.

Là se situe, pour eux, le danger.

Il y a plus d'un an, j'avais évoqué le sujet de l'inquiétante pédophilie des élites. L'affaire Epstein avait révélé les liens entre un milliardaire pédophile condamné et toute une frange de la jet-set avide de plaisirs interdits sur une île privée - incluant des personnalités de premier plan.

On aurait pu croire, faussement, que l'affaire Epstein était américano-américaine - ou au moins, limitée au monde anglophone. C'est oublier un peu vite que Ghislaine Maxwell, la maquerelle d'Epstein, est d'origine française, de culture française, et de nationalité française.

Pour aborder le volet français (voire européen) du sujet, un article fascinant de France-Culture, "Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie", permet de faire le point.

Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet et bien d'autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin ; tous font partie des 69 intellectuels français qui, aux côtés de l'écrivain Gabriel Matzneff et du romancier, journaliste à Libération et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem ont signé une tribune publiée le 26 janvier 1977. D'abord dans Le Monde puis dans Libération pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans. (...)

Le 23 mai 1977, dans les pages "Opinions" du Monde, 80 intellectuels français parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers et même Françoise Dolto, signent un autre texte pour demander que la loi décriminalise les rapports sexuels entre les adultes et les enfants de moins de 15 ans.
De nombreux journaux se font l'écho de ce mouvement pro pédophile, qui aux Pays-Bas est devenu un mouvement politique. Libération en tête, avec même des petites-annonces sans ambiguïté, (...) mais aussi Le Monde ou encore France Culture. Le 4 avril 1978, l'émission "Dialogues" (enregistrée en 1977) invite Michel Foucault, le romancier et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem et le juriste Jean Danet, tous trois signataires de la pétition qui demande la décriminalisation de la pédophilie. Durant une heure et quart, en public dans le studio 107, ces intellectuels vont défendre l'idée que des pédophiles sont incarcérés à tort parce que les enfants qu'ils ont abusés étaient consentants. (...)

Des publications comme Gai Pied, journal radical pro homosexuel dans lequel écrivent Jean-Paul Aron, Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, aux côtés de l'écrivain Tony Duvert - pédophile revendiqué - et de Renaud Camus, deviennent ainsi des tribunes pour les pédophiles (la revue sera finalement suspendue en 1992).

Figure de mai 1968, Daniel Cohn Bendit raconte alors ses gestes sexuels sur des enfants. Dans le livre Le Grand bazar (publié en 1975 chez Belfond), où il évoque son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants "alternatif" à Francfort. Puis en avril 1982, sur le plateau d'Apostrophes, où il déclare notamment : "La sexualité d'un gosse, c'est absolument fantastique, faut être honnête. J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..."


Mais voilà, la société civile ne suit pas. L'intellectuel, les intellectuels, ne parviennent pas à guider le peuple. Tant pis! Il faudra attendre, dans l'ombre.

Une question: combien de ces individus ont vu leurs carrières brisées, leurs statues déboulonnées, leurs hommages retirés, leurs chaires de complaisance dissoutes?

S'il y a un aspect encore plus fascinant que la façon dont tout une coterie "d'intellectuels de gauche" français a pu déballer ouvertement ses penchants pédophiles pendant des années en toute impunité, c'est la façon dont ces gens se sont fait tout au long de leur vie servir la soupe par les médias et les autorités politiques, littéraires, universitaires... Et même la magistrature, qui jamais ne vit là-dedans matière à enquêter.

Ces gens n'ont jamais été inquiété durant toute leur carrière. Ils ont pu continuer à nuire, et nuisent encore aujourd'hui.

Le défi de notre temps

Même si certains dignitaires de haut rang doivent mal dormir ces jours en attendant que Ghislaine Maxwell soit à son tour éliminée, la pédophilie ne s'est jamais aussi bien portée dans certains cercles. Rappelons-nous encore de l'époque très récente où quiconque voulant s'en prendre à Polanski était un "extrémiste", coupable d'une "cabale", d'un "acharnement judiciaire", contre un individu qui a drogué, violé et sodomisé une fille de treize ans alors qu'il en avait quarante-trois...

Le revirement de l'opinion publique est très récent, suscité par de sordides exemples, comme l'affaire d'Outreau en France, l'enlèvement de Maddie ou les viols collectifs de Telford en Angleterre, ou l'affaire Epstein aux États-Unis.

Q et QAnon ont le mérite de transmettre des informations dérangeantes sur certaines pratiques d'une élite dégénérée, comme par exemple la chambre d'hôtel la plus chère du monde, et de les diffuser au sein du grand public.

C'est une contre-offensive à celle opérée par ces élites pour tenter de normaliser la pédophilie, comme elles n'ont jamais cessé de vouloir le faire depuis quarante ans. Qu'on se rappelle en Suisse qu'il a fallu voter, tant la résistance institutionnelle était forte, pour faire appliquer quelque chose d'aussi évident que d'empêcher des pédophiles condamnés de pouvoir continuer à travailler avec des enfants! Une initiative qui ne réunit qu'un maigre 63% des votes des citoyens en 2014, montrant l'efficacité de l'abrutissement du grand public.

J'en arrive même à me demander si toute la sympathie étrange et pour tout dire apparemment incompréhensible des décideurs de hauts rangs en faveur de l'islam et de l'immigration musulmane de masse, ne pourrait s'expliquer simplement par la tolérance, voire l'incitation à la pédophilie dans l'islam. Pourquoi s'embêter à convaincre des populations revêches à la pédophilie lorsqu'on peut simplement les substituer par une autre qui n'a pas ces interdits moraux?

Une façon comme une autre de déplacer la fameuse Fenêtre d'Overton...

Comme on peut s'en rendre compte, la pédophilie des élites, la lutte contre cette pédophilie, et les éventuelles poursuites judiciaire qui arriveront peut-être, ou jamais, est un sujet quasiment inépuisable.

Je pense que parmi les défis de ce XXIe siècle la bataille contre la pédophilie figurera en bonne place.

Et la partie est loin d'être gagnée.

La façon dont les médias officiels présentent Q et la communauté QAnon nous donne un bon aperçu du camp dont ils défendent les couleurs.

07 mai 2020

D'où vient le Coronavirus ?

D'où vient le virus responsable de la maladie du Covid-19, le coronavirus SARS-CoV-2 selon sa dénomination officielle?

Avec une pandémie mondiale, plus de 3,5 millions de victimes infectées et 250'000 morts en ce mois de mai, et des dégâts économiques chiffrés en milliers de milliards de dollars, on pourrait penser que la question a quelque importance. Mais non. Les médias "d'investigation" sont étonnamment peu curieux.

C'est d'autant plus étrange que ces derniers jours ont donné lieu à des progrès fulgurants sur cet aspect du dossier. Mentionnons donc ici les quelques informations dont nous disposons et dont les médias de masse parleront peu, ou mal.

Il y a deux mois et demi, même le Global Times, la Pravda du régime communiste chinois, avouait que le virus ne provenait pas du marché exotique de Wuhan - ce qui n'a pas empêché les médias des pays dits "libres" de continuer à propager cette fable.

À la même date, le New York Post - un respectable quotidien américain publié depuis deux siècles - avait accusé le virus de provenir d'un laboratoire chinois.

Depuis, tous les regards des rares personnes que cela intéresse se tournent vers le fameux laboratoire P4 (pour Pathogènes de classe 4) de Wuhan, situé à moins d'un kilomètre du fameux marché exotique de la ville...

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Le laboratoire P4 de Wuhan (image Yahoo! News)

Pour un aperçu du site et de l'affaire en cours, BFMTV donne un résumé intéressant:

Selon le quotidien Washington Post, l'ambassade des États-Unis à Pékin, après plusieurs visites à l'institut, a alerté en 2018 les autorités américaines sur des mesures de sécurité apparemment insuffisantes dans un laboratoire qui étudiait les coronavirus issus de chauves-souris.

La chaîne américaine Fox News, citant "plusieurs sources" anonymes, a incriminé le laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4) du site, sans donner de preuves précises. Il s'agit d'une installation de très haute sécurité, qui héberge les souches les plus dangereuses des virus connus, comme Ebola.

Ce lieu ultrasensible a été réalisé avec la collaboration de la France, même si la coopération franco-chinoise a été un échec. Les laboratoires P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan devait collaborer. "On peut dire sans dévoiler un secret d'État que depuis 2016, il n'y a pas eu de réunion du comité franco-chinois sur les maladies infectieuses", a déclaré Alain Mérieux, qui était membre du comité de pilotage, à la cellule investigation de Radio France. 

Le laboratoire permet de mener des recherches de pointe. Ambition: réagir plus rapidement à l'apparition de maladies infectieuses. Bien que la presse américaine évoque à chaque fois le P4, les germes moins pathogènes comme les coronavirus sont en théorie plutôt étudiés dans les P3, un type de laboratoire dont dispose également l'institut.

D'un coût d'environ 40 millions d'euros, le laboratoire a été financé par la Chine. Les chercheurs y travaillent en confinement absolu. Il existe moins d'une trentaine de P4 dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis. L'Institut de virologie de Wuhan possède par ailleurs la plus grande collection de souches de virus en Asie, avec 1'500 spécimens différents, selon son site internet.

Interrogé, l'institut a refusé de répondre aux questions de l'AFP. Le chercheur français qui y travaille n'a pas voulu non plus s'exprimer, invoquant son "devoir de réserve". Nous ne sommes donc pas en mesure de confirmer formellement que des coronavirus ont bien été étudiés avant l'épidémie dans ces laboratoires.


On notera les tournures de styles venimeuses propres au journalisme à la française, parlant de mesures de sécurité "apparemment" insuffisantes - l'éventualité qu'un virus mortel s'échappe n'est peut-être pas un motif suffisant de remise en question? - ou la vilaine chaîne américaine Fox News "citant des sources anonymes" et "ne donnant pas de preuves précises", avec le gros sous-entendu que tout ceci n'est que pire calomnie... Pas le genre de choses auxquelles un journaliste français oserait s'abaisser! Il n'y a même pas le lien vers l'article incriminé, afin d'éviter qu'un Internaute curieux aille vérifier de lui-même. Le voici donc.

BFMTV passe comme chat sur braise sur le fait que le laboratoire de Wuhan a été financé par la Chine et construit par la France dans le cadre d'une collaboration internationale avec la bénédiction de l'OMS tenue par les Chinois. Son "accréditation niveau P4" est inaugurée en février 2017 par le Premier ministre français de l'époque Bernard Cazeneuve, accompagné de la ministre française des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, ainsi que d'Yves Lévy, président de l’INSERM, et accessoirement conjoint d'Agnès Buzyn, proche d'Emmanuel Macron et candidate LREM pour la Ville de Paris... La même qui expliquait dès janvier au Président la gravité de l'épidémie à venir, à une date où tout pouvait encore être sauvé! L'amère découverte de ce timing a fort logiquement donné naissance au hashtag #ilsSavaient.

La page Wikipédia française de l'Institut de virologie de Wuhan n'ayant pas encore été "rectifiée", elle contient encore de nombreuses informations intéressantes. Il n'est même pas certain d'ailleurs que l'attention portée au secteur P4 de l'Institut de Virologie de Wuhan soit appropriée. Le travail sur les Coronavirus a pu être mené en zone P3, moins sécurisée.

Mais revenons aux vilaines accusations parues dans les médias anglo-saxons.

Quinze pages accablantes

Les services de renseignement de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis collaborent dans le cadre du traité UKUSA et leur alliance est parfois appelée les "Cinq Yeux". Enquêtant sur la source de l'épidémie depuis qu'elle s'est révélée au monde, ils ont rassemblé leurs découvertes dans un document de quinze pages... Qui a forcément fuité dans la presse.

Le Daily Telegraph australien s'en fait l'écho. Si l'entier du document n'est pas encore disponible, il contient nombre d'éléments accablants. Comme une sorte de fil rouge dans le rapport, les auteurs soulignent que la négligence et les mensonges de la Chine ont entraîné la "mise en danger de pays tiers", alors que le Parti Communiste Chinois (PCC) faisait taire ou "disparaître" les médecins qui rompaient le silence:

Les médecins qui ont courageusement parlé du nouveau virus ont été arrêtés et condamnés. Leurs détentions ont été relayées par les médias de l'État chinois avec un appel de la police de Wuhan afin que "tous les citoyens ne fabriquent pas de rumeurs, ne répandent pas de rumeurs, ne croient pas aux rumeurs."

Un tweet du Global Times du 2 janvier déclare: "La police de Wuhan, en Chine centrale, a arrêté 8 personnes répandant des rumeurs sur une épidémie locale de #pneumonie non identifiable. Des articles en ligne précédents disaient que c'était le SRAS. Cela a eu pour effet de faire taire les autres médecins qui pourraient être enclins à s'exprimer."


De plus, des preuves ont été détruites, et la Chine a refusé de fournir des échantillons vivants à des scientifiques internationaux travaillant sur un vaccin.

Le document obtenu par [le quotidien] parle de "suppression et destruction de preuves" et pointe "des échantillons de virus commandés détruits dans les laboratoires de génomique, les cages pour faune animale passées à la javel, le refus de partager au public la séquence du génome, la fermeture du laboratoire de Shanghai pour" rectification", des articles universitaires soumis à un examen préalable par le Ministère des sciences et de la technologie, et les données sur les "porteurs silencieux" asymptomatiques gardées secrètes".


Le dossier pointe du doigt les mensonges continuels de la Chine à propos du virus, notant que les preuves de transmission d'humain à humain existent depuis le début décembre, mais que "les autorités nient cette éventualité jusqu'au 20 janvier", appuyée en cela par l'OMS prenant une posture identique. Pourtant, des officiels de Taïwan soupçonnent cette transmission dès le 31 décembre, et des experts de Hong-Kong le 4 janvier.

Le 23 janvier, alors qu'ils fuient la capitale régionale contaminée, la Chine piège des millions de personne dans la ville. Pendant tout le mois de février, Pékin lance une offensive diplomatique auprès des États-Unis, de l'Inde, de l'Australie, de ses voisins du Sud-Est asiatique et d'autres pays afin qu'ils renoncent à se protéger à travers des restrictions de voyage, alors même que la Chine impose les restrictions de déplacement les plus sévères entre ses propres régions. La Chine bloque ses ressortissants tout en faisant tout pour qu'ils puissent circuler librement à l'étranger. De décembre à février, pas moins de 500'000 Chinois se seront ainsi rendus aux États-Unis.

Un virus naturel ou artificiel?

Bien que le dossier divulgué ne tranche pas sur la question de l'origine naturelle ou artificielle du Covid-19, il mentionne une étude de l'Université de technologie de Chine méridionale datée du 6 février suggérant que "le coronavirus tueur est probablement né d'un laboratoire à Wuhan."

Si le document d'étude a finalement été retiré, officiellement parce que son auteur principal a déclaré être en manque de preuves directes, le savant Yanzhong Huang précise le 5 mars que "nul scientifique n'a confirmé ni réfuté les conclusions de l'article."

Le 16 mars, même le professeur Luc Montagner, prix Nobel déclara que le virus a été fabriqué par l'homme au labo de Wuhan dans l'espoir de trouver un vaccin au virus du SIDA, et qu'il en serait sorti à la suite d'un accident. Les médias tirèrent sur le messager. Mais il n'est pas le seul témoin...

Le consensus actuel - et la position officieuse de nombreux États - est que le virus n'a pas été conçu artificiellement, mais s'est échappé soit de l'Institut de virologie de Wuhan, soit du CDC chinois, qui est situé à moins d'un kilomètre du marché de Wuhan à partir duquel une grappe de premiers cas est apparue. Pour l'heure, on ne sait pas si l'épidémie a commencé par contact avec des animaux infectés ou si elle était le résultat d'un accident dans un laboratoire.

Toutefois, le dossier du renseignement met en évidence les recherches menées par les scientifiques Shi Zhengli et son protégé Peng Zhou, dont les travaux sur le coronavirus de chauve-souris, et qui modifiaient le coronavirus de chauve-souris pour tester sa transmissibilité à d'autres espèces...

Une étude réalisée en novembre 2015 par Zhengli et son équipe, en collaboration avec l'Université de Caroline du Nord, conclut que le coronavirus de type SRAS pouvait passer directement des chauves-souris aux humains, et qu'il n'y a actuellement aucun remède ni traitement.

Le dossier mentionne au sujet de cette étude: "Pour examiner le potentiel d’émergence (c'est-à-dire le potentiel d'infection des humains) des CoV de chauves-souris en circulation, nous avons construit un virus chimérique codant pour une nouvelle protéine de pointe du CoV zoonotique - à partir de la séquence RsSHCO14-CoV qui a été isolé des chauves-souris rhinolophes chinoises - dans le contexte de la charpente du SRAS-CoV adaptée à la souris."

"Ce virus est hautement pathogène et les traitements développés contre le virus du SRAS d'origine en 2002 et les médicaments ZMapp utilisés pour lutter contre le virus Ebola ne parviennent pas à neutraliser et à contrôler ce virus particulier", a déclaré le professeur Ralph Baric de l'Université de Caroline du Nord, co-auteur du document de 2015.

Quelques années plus tard, en mars 2019, le Dr Shi et son équipe, dont Peng Zhou, qui a travaillé en Australie pendant cinq ans, publient une étude intitulée Bat Coronaviruses in China dans la revue médicale Viruses, où ils écrivent qu'ils "visaient à prédire les points chauds des virus et leur potentiel de transmission inter-espèces", décrivant cela comme une "urgence à étudier les coronavirus de chauves-souris en Chine pour comprendre leur potentiel à provoquer une autre épidémie." Leur étude conclut: "Il est très probable que les futures épidémies de SRAS ou de MERS comme les coronavirus proviendront de chauves-souris, et il y a une probabilité accrue que cela se produise en Chine."


Tant Shi et Zhou passèrent trois ans au Laboratoire de Santé Animale d'Australie, géré par l'agence nationale scientifique CSIRO. Entre 2011 et 2014, Zhou organisa la capture et le transport de chauve-souris sauvages depuis la région du Queensland jusqu'au laboratoire en Victoria, où les animaux furent euthanasiés, disséqués et étudiés dans le but d'y dénicher des virus mortels.

Est-il à ce point impensable que des chercheurs manipulant des virus soient à l'origine du Coronavirus? Chacun croira ce qu'il veut ; mais à ce stade, même si elle est entièrement responsable de la pandémie, il paraît certain que la Chine ne plaidera pas coupable.

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Le Daily Telegraph australien rappelle enfin le cas de Huang Yan Ling, une chercheuse de l'Institut de Virologie de Wuhan dont on pense qu'elle serait le "patient zéro", ayant été la première diagnostiquée avec la maladie.

Puis vinrent les nouvelles de sa disparition, et la biographie et sa photo effacées du site web de l'Institut de Virologie de Wuhan.

Le 16 février, l'Institut nia qu'elle fut le patient zéro et qu'elle était vivante et en bonne santé, mais il n'y a plus eu la moindre nouvelle de son existence depuis, suscitant de nombreuses spéculations.


Le 9 novembre 2015, l'Institut de Virologie de Wuhan publiait une étude révélant la création artificielle d'un virus en laboratoire à partir du SARS-CoV. Était-ce un galop d'essai?

21 janvier 2020

Trump à Davos, sans filtre

L'événement du jour était évidemment la venue de Donald Trump au forum de Davos.

Qu'en dit la presse romande?

  • "Trump et Greta étaient à Davos ce 21 janvier", explique 24 Heures.
  • "Trump qualifie son procès en destitution de farce", précise 20 Minutes. Le chapeau de l'article rappelle que "le Forum de Davos s'ouvre mardi avec le président américain et la militante écologiste Greta Thunberg, aux visions diamétralement opposées sur les défis environnementaux." L'éventuelle rencontre entre Trump et Greta préoccupait le quotidien au plus haut point il y a une dizaine de jours encore.
  • "Greta Thunberg-Donald Trump: une non-rencontre au sommet", annonce Le Temps.
  • "Trump et Thunberg vedettes du 50e WEF" se réjouit Le Matin.

Trump et Thunberg, Thunberg et Trump, sans cesse, comme si les deux avaient la moindre équivalence. Dans tous ces articles, les journalistes mettent sur le même plan le président élu du plus puissant pays du monde, et une adolescente mineure, pur produit de marketing médiatique, dont le père écrit ses messages sur Facebook et qui n'a strictement rien à proposer.

Et donc, face au gratin le plus prestigieux de la planète (le terme n'est plus galvaudé aujourd'hui puisque la porteuse de couettes suédoise faisait partie des invités) Donald Trump a prononcé un discours.

Le discours n'était pas très bon, forcément. Les commentateurs sont unanimes sur ce point. Pour la RTS, par exemple, il était "clairement destiné à son électorat". Alors que les électeurs américains n'ont que faire du forum de Davos? Et qu'il y avait tant d'entrepreneurs et de politiciens non-américains parmi le public?

Et comme ce discours n'était pas très bon, "bourré d'auto-promotion", "un véritable discours de campagne", on évitera évidemment d'en donner la teneur.

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Copie d'écran YouTube

Hors des selected few de Davos, le grand public sera donc préservé des mots prononcés par le Président américain. Grand bien lui fasse, car il risquerait alors d'entendre quelques détails dérangeants. Mais des vidéos existent, en attendant une transcription officielle. On peut par exemple découvrir ce passage:

L'avenir de l'Amérique... Je savais que nous étions à la veille d'une profonde renaissance économique si nous faisions bien les choses, qui génèrerait une vague d'investissement historique, la croissance des salaires et la création d'emplois. Je savais que si nous libérions le potentiel de notre peuple, si nous réduisions les impôts et la règlementation, et nous l'avons fait à un niveau jamais atteint auparavant dans l'histoire de notre pays dans un laps de temps aussi court, à corriger les accords commerciaux déséquilibrés et à exploiter pleinement l'énergie américaine, que la prospérité reviendrait à un rythme record.

Et c'est exactement ce que nous avons fait.

Et c'est exactement ce qui s'est passé depuis mon élection.

L'Amérique a gagné plus de sept millions d'emplois, un nombre impensable. Plus de trois fois les prévisions du gouvernement. Le taux de chômage est désormais inférieur à 3,5%, c'est le chiffre le plus bas depuis plus de 50 ans. La moyenne du taux de chômage de mon administration est la plus basse jamais enregistrée par un président américain.


Ah, l'économie américaine qui se porte si bien, la bourse au beau fixe (et finance ainsi les retraites des travailleurs américains, les Suisses ne peuvent pas en dire autant avec leur minable BNS et ses taux négatifs!) mais les journalistes diront toujours que c'est grâce à Obama...

Mais entrons dans le vif du sujet - les minorités, par exemple, que ce raciste de Trump piétine de son talon, n'est-ce pas? Ou les riches, pour qui il travaille exclusivement? Poursuivons donc avec cet extrait:

Pour la première fois depuis des décennies, nous ne concentrons plus simplement la richesse entre les mains de quelques-uns, nous concentrons et bâtissons l'économie la plus inclusive jamais créée. Nous élevons des Américains de toutes les religions, de toute couleur de peau. Les taux de chômage chez les Afro-américains, les Américains hispaniques et les Américains d'origine asiatique ont tous atteint des niveaux records. Le chômage des jeunes Afro-américains a atteint le plus bas niveau dans l'histoire de notre pays. La pauvreté afro-américaine a chuté au plus bas taux jamais enregistré.

Le taux de chômage des femmes a atteint son plus bas niveau depuis 1953, et les femmes représentent désormais une majorité de la main-d'œuvre américaine. Pour la première fois, le taux de chômage des anciens combattants a chuté à un niveau record. Le taux de chômage pour les Américains handicapés a atteint le meilleur chiffre de tous les temps. Les travailleurs les plus faibles, sans diplôme d'études secondaires, ont atteint le taux de chômage le plus bas enregistré dans l'histoire des États-Unis. Les salaires augmentent de manière générale et ceux au bas de l'échelle des revenus bénéficient de la plus grosse augmentation de pourcentage de leurs gains, et de loin.

Les salaires de ces travailleurs augmentent plus rapidement que la croissance des salaires des gestionnaires. Les 10% des salaires les moins élevés croissent plus que les 10% des salaires les plus élevés, quelque chose qui ne s'est jamais produit. Les chèques de paie des diplômés du secondaire augmentent plus rapidement que pour les diplômés des universités.

Le simple fait d'entrer sur le marché du travail participe également à l'extraordinaire prospérité de l'Amérique. Depuis que j'ai pris mes fonctions, plus de 2 millions de Millenials ont trouvé un emploi et leurs salaires ont augmenté de près de 5% par an, un chiffre qui était impensable, que personne n'aurait jamais osé articuler il y a trois ans. Un nombre record d'Américains âgés de 25 à 34 ans travaille maintenant. Au cours des huit années qui ont précédé ma prise de fonction, plus de 300'000 personnes en âge de travailler ont quitté le marché du travail. En seulement trois ans de mon administration, 3,5 millions de personnes ont rejoint la population active.

10 millions de personnes ont vu leur bien-être social s'élever en moins de trois ans en célébrant la dignité du travail, un pilier fondamental de notre société. (...) Le Rêve Américain est de retour, plus grand et plus fort que jamais auparavant. Nul n'en profite plus que la classe moyenne américaine. (...) L'Amérique a maintenant gagné en très peu de temps 12'000 nouvelles usines sous mon administration et ce nombre qui augmente rapidement battra le chiffre des 60'000 que nous avons perdues [sous l'administration Obama...]


Voilà ce que dit ce président raciste/fasciste/extrémiste/suprémaciste de son propre peuple et des catégories les moins favorisées.

Voilà ce que les médias européens ne veulent pas que les gens entendent. Que l'Amérique fonctionne, remporte des victoires économiques, se relève, et que le peuple américain en profite. Que les nominations de juges par Trump garantissent que son héritage perdure bien après qu'il a quitté la Maison Blanche. Imaginez! Ils pourraient se mettre à penser que les recettes de Trump fonctionnent! Qu'il est compétent! Qu'il mène son pays vers le succès!

On aimerait un dirigeant européen avec la moitié du bilan de Trump...

Les journalistes ont beau être aux premières loges, ils ne comprennent rien à Trump. Contrairement à ce qu'ils écrivent, Trump n'a pas fait un discours de campagne à destination des citoyens américains, les yeux rivés sur le Cirque de la Destitution. Trump n'est pas venu à Davos pour discutailler des défunts Accords de Paris ni des autres chamailleries climatiques, pas plus que de leurs courtisans affamés de subventions.

Trump est un homme d'affaire et il est venu à Davos pour parler affaires, battant Klaus Schwab à son propre jeu. Ce faisant, il s'est adressé à un parterre d'hommes d'affaire de premier ordre. Il les a avertis de ce qui était en train de se passer aux États-Unis. Et ceux-ci l'ont entendu, soyez-en sûrs. S'il s'est jamais éloigné de son approche analytique, c'est pour livrer un message d'espoir et d'optimisme au lieu des sermons des "prophètes de l'Apocalypse" érigés en messie par des médias complices.

Les moins idiots des invités de Davos - et ne prenez pas pour des idiots les gens qui ont mérité leur place dans ce forum - auront compris au cours de cette demi-heure de Trump sans filtre que celui-ci sera réélu à la fin de l'année. S'ils en doutaient, ils savent désormais pourquoi. Et ils devinent désormais que pour rester dans le coup, il faut investir aux États-Unis, et vite.

"La peur et le doute ne sont pas de bons modes de pensée", rappela Trump, louant "l'innovation technologique plutôt que la régulation." Qui oserait lui donner tort? En attendant, ici, dans un Vieux Continent qui n'a jamais aussi bien porté son nom, on manie la peur et le doute matin et soir, et on régule à tour de bras.

20 décembre 2019

Les jouets des militaires

Une petite touche de désinformation nous vient du 20 Minutes, comme ça, en passant:

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Photo d'écran 20 Minutes

Notez bien la photo d'illustration de l'article: une maquette en plastique entre les mains d'un personnage vêtu de ce qui semble être une tenue militaire.

L'article remonte au jeudi 19 décembre. Il contient sa propre galerie d'images, où cette photo ne figure évidemment pas. Cela signifie que si la rédaction de 20 Minutes avait souhaité une photo d'illustration, elle n'avait qu'à se servir, sans fournir le moindre effort.

La photo d'illustration présentée sur les pages qui renvoient à l'article est donc le résultat d'une volonté de présenter le sujet sous un certain jour.

Pour ceux qui se demanderaient pourquoi on choisit de représenter des avions de combat sous la forme de maquette en plastique entre les mains d'un militaire, je les renvoie à la campagne qui eut lieu en 2014 pour l'achat d'avions Gripen. La campagne des socialistes, dont on connaît l'aversion pour toute armée qui n'est pas rouge, avait constamment dénoncé des "jouets de luxe pour les pilotes militaires".

L'argument des jouets avait été mentionné à d'innombrables reprises au cours de la campagne. Il est encore ressorti aujourd'hui alors que le besoin de remplacement de la maigre flotte aérienne vieillissante helvétique se fait de plus en plus ressentir.

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Une affiche de la campagne de 2014 où là encore l'avion de combat était présenté comme un jouet - un simple pliage de billet de banque.

Il ne s'agit donc absolument pas d'une "image d'illustration". Elle n'a rien d'anodin. Elle vise à imprégner l'esprit du lecteur à un niveau quasiment subconscient en lui faisant associer le jouet et l'appareil militaire, de façon à mieux orienter son choix lorsqu'il lui faudra prendre parti lors du prochain débat public sur le sujet.

La propagande, ça se travaille, et comptons sur les médias suisses pour la travailler quotidiennement.

10 décembre 2019

Une histoire de banane...

La Banane collée au mur d'Art Basel à Miami Beach est devenue un phénomène mondial. Mais cette histoire recèle encore bien des surprises.

Marché de l'art devenu fou, gaspillage de nouveau riche, blanchiment d'argent devant tout le monde, les commentaires ont fusé lorsque la nouvelle "œuvre" de Maurizio Cattelan - une banane scotchée à un mur, intitulée "Comedian" - a trouvé preneur pour 120'000 dollars.

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Le buzz s'accentua encore dimanche lorsque la banane fut mangée. Comme le relate 20 Minutes:

[David Datuna], qui se décrit comme un artiste américain d'origine géorgienne installé à New York, décolle la banane du mur blanc, la pèle et la mange devant une foule de curieux. Il y voit une «performance artistique» qu'il intitule «Hungry Artist» («Artiste ayant faim»), avant de se faire escorter à l'abri des regards par la sécurité.

Le préjudice n'est que très relatif, selon la galerie Emmanuel Perrotin, qui a vendu "Comedian». «Il n'a pas détruit l’œuvre. La banane, c'est l'idée», a expliqué son directeur des relations avec les musées Lucien Terras, au quotidien «Miami Herald». (...) Toute la valeur réside en effet dans le certificat d'authenticité, le fruit étant censé se faire remplacer régulièrement plutôt que de pourrir. D'ailleurs, au bout d'un quart d'heure une nouvelle banane était scotchée au mur.


Tout est bien qui finit bien, on rigole (et on se demande pourquoi Maurizio Cattelan n'a pas directement vendu un certificat d'authenticité pour un mètre-cube d'air en suspension, s'épargnant ainsi la recherche d'un fruit et d'une section de ruban adhésif).

Quelle audace! Quelle folie! Quel homme!

Mais il y a davantage en termes de prise de risques.

Alors que la banane scotchée fut remplacée plusieurs fois et finit par quitter son emplacement, plus tard, un autre artiste, Rod Webber, vit une opportunité. Il traversa la foule jusqu'au mur blanc le plus célèbre de l'exposition, et commença à griffonner un message avec un doigt enduit de rouge à lèvres: "Epstien (sic) didn't kill himself" (Epstein ne s'est pas suicidé).

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Photo via Twitter/@GiancarloSopo | Capture d'écran via Facebook/Rod Webber

La réaction de la galerie fut immédiate: la sécurité s'empressa de couvrir le graffiti pour en cacher la vue au public, alors que Rod Webber fut arrêté. Voilà pour la liberté artistique! Voilà pour la liberté d'expression!

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Une réaction sur Twitter

La sécurité lui avait intimé d'arrêter mais il refusa de s'exécuter, arguant que David Datuna, le mangeur de banane, n'avait pas été puni pour son acte (Art Basel exprima dans un communiqué qu'il avait "violé le règlement du festival et fut escorté à l'extérieur" mais il ne fut pas autrement inquiété.)

Rod Webber fut accusé de vandalisme mineur mais passa tout de même la nuit de dimanche à lundi en prison. Il en fut libéré à cinq heures du matin. Il témoigna dans un des rares journaux à évoquer l'histoire qu'il avait été à son avis injustement traité, alors qu'il tentait seulement de "perpétuer l'esprit du week-end."

Pourquoi a-t-il été traité différemment? Selon lui, "c'est parce que je ne suis pas assez célèbre", explique-t-il, "ou je ne fais pas partie d'une opération de comm' planifiée d'avance, ce qui était probablement le cas, et je les ai mis en face de leurs foutaises."

Ironiquement, Webber n'a pas d'avis particulier sur la mort d'Epstein. Mais il défend une approche culturelle du pouvoir des mèmes, et reconnaît que celui d'Epstein est particulièrement saisissant. Il essaya même de se présenter comme candidat à une élection locale sous le nom de Rod "EspteinDidntKillHimself" Webber sur les bulletins de vote, mais sans succès.

Cette histoire de banane est finalement très instructive, puisqu'elle permet de situer le curseur sur ce qui constitue aujourd'hui une "transgression".

La transgression n'est pas dans la vente hors de prix d'une banane scotchée à un(e) parvenu(e) avec plus d'argent que de bon sens. Elle n'est pas dans la pseudo-destruction de cette œuvre par un autre "artiste". Elle l'est dans un message polémique griffonné sur un mur.

On peut mesurer la transgression au silence soudain des médias principaux sur ce qui s'est passé à Art Basel. Les reportages s'enchaînaient avec force envoyés spéciaux et sondages, et puis soudain, rideau. Notez par exemple que 20 Minutes accordait encore un article lundi - donc après cet épisode - au mangeur de banane, mais sans piper mot du slogan sur Epstein. Même Fox News botta en touche en évoquant une "foule incontrôlable" autour de la banane scotchée, et rien de plus.

Epstein s'est-il réellement suicidé? De nombreux indices tendent à faire penser que non (oh, j'oubliais, son banquier s'est aussi suicidé). En fait, il n'y a guère de faits prouvant la version officielle du suicide - seulement les conclusions contestées du médecin légiste qui examina le corps.

La mort d'Epstein est donc l'inverse d'une théorie du complot. Dans une théorie du complot, l'illuminé parvient à "croire" malgré tous les indices contraires ; mais dans le cas d'Epstein, c'est le grand public qui est invité à "croire" malgré tous les indices contraires. La version officielle est donc particulièrement fragile, et les médias deux fois plus vigilants - quelqu'un a-t-il dit irritables? - sur le sujet. Il est instructif de constater à quel point les autorités artistico-politico-médiatiques agissent de concert, sur un sujet aussi banal qu'un graffiti sur un mur dans une exposition d'art moderne, afin d'empêcher le grand public de voir un message discordant.

À la force de frappe des médias de masse s'oppose la guérilla des mèmes ; "Epstein ne s'est pas suicidé" se retrouve à la télévision, dans des arrangements de chaussettes, dans des panneaux de commerce ou sur des canettes de bière.

Epstein a beau s'être "suicidé", on ne parvient pas à le faire disparaître.

05 décembre 2019

Manipulation idéologique, un cas d'école

Dans le Canton de Vaud, un professeur d'école "dérape": il invite ses élèves à encourager leurs parents à voter pour son candidat favori à l'élection complémentaire pour la Municipalité de Rolle, explique 24Heures.

"Difficile de s’imaginer la scène tellement elle paraît surréaliste", prétend le journaliste de service. Au contraire, bien au contraire.

L'affaire remonte à 2016.

[Un enseignant de français] a fait la promotion de son candidat favori à des élèves du secondaire pendant un cours de français. Comme ceux-ci n’ont pas le droit de vote, le prof les a invités à encourager leurs parents à glisser dans l'urne la liste du socialiste Philippe Blaser. Il aurait même promis des carambars en guise de récompense.


Que tous ceux qui s'étonnent que le candidat favori du professeur soit socialiste lèvent la main... L'histoire se finit "bien" puisque le candidat PLR l'a quand même emporté avec 160 voix d'avance. Et puis le professeur s'est excusé dans une lettre envoyée aux parents. L'antenne locale du parti en profite pour étaler sa magnanimité - ou sa pusillanimité, on ne sait pas:

"Nous ne voulions pas faire toute une histoire pour des carambars", assure Christian Hay, [président] de la section locale. (...) Nous nous étions mis d’accord de la laisser couler. Nous ne voulions pas attaquer l’enseignant mis en cause car il est excellent, d’une qualité supérieure à la moyenne."


...Et honoris causa en sciences politiques, sans doute.

Aujourd'hui, on "s'étonne" du bruit autour de cette affaire lorsqu'une élue PLR, Josephine Byrne Garelli, se permet de relater les faits devant l’Exécutif communal. M'est avis que cette histoire n'a rien d'une anecdote si elle termine entre les pages d'un quotidien.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse du PLR si son candidat avait été battu d'une dizaine de voix.

On eut aimé découvrir la réaction généreuse des autorités, des médias et de l'administration scolaire si le professeur avait fait ainsi campagne pour un candidat de l'UDC.

Rien de bien grave, apparemment, à ce qu'un individu politiquement engagé profite de la relation de pouvoir dont il dispose de par son poste de professeur pour imposer son idéologie à ses élèves. Rien de grave à ce qu'il essaye d'acheter des votes, fut-ce avec des bonbons. Rien de grave à ce qu'il encourage des enfants à influer sur les choix politiques de leurs parents.

Le professeur n'a pas été autrement inquiété. Il a juste compris qu'il devrait désormais se montrer un peu plus subtil dans sa démarche. Mais ce n'est qu'un excès de plus entre un autre prof de français à Genève ou la manifestation obligatoire pour le climat... Sans que les responsables n'aient à souffrir de la moindre conséquence.

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Rares sont les affaires qui parviennent à franchir le brouillard médiatique ; mais intéressez-vous aux livres scolaires et aux cours de vos enfants, c'est édifiant.