02 février 2020

Le Cirque de la Destitution, Suite

En novembre dernier, j'évoquai le Cirque de la Destitution, un magnifique spectacle d'autodestruction organisé par les Démocrates américains dans la (vaine) tentative de retourner, encore une fois, l'élection de 2016. Le spectacle touche à sa fin.

Festival à la Chambre des Représentants

Rappelons-nous! Trump avait volé son élection, parce qu'il était, nous disait-on, une marionnette des Russes. Trois ans de faux dossiers, de barbouzes, de manipulations et de millions de dollars plus tard, le narrative vit sa conclusion dans un Rapport Mueller complètement creux. L'auteur de l'enquête à charge eut beau dire que le rapport "n'exonérait pas Trump", un principe de base du droit est qu'un accusé est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée. Autrement dit, on prouve la culpabilité, non l'innocence. Tous ces politiciens surpayés, ces juristes et ces éditorialistes devraient pourtant le savoir...

Forcer un accusé à prouver son innocence, c'est la façon de faire dans les républiques bananières et les États totalitaires. Les États-Unis sont-ils devenus l'un ou l'autre?

Le Rapport Mueller n'avait pas encore atteint le fond de la corbeille que les Démocrates trouvèrent un nouveau poulain: le coup de fil ukrainien. Trump, ce salaud, aurait forcé une enquête contre un rival politique et futur concurrent, Joe Biden, en marchandant l'aide militaire américaine en Ukraine... Le coup de fil le prouvait.

Depuis des mois l'eau a donc coulé sous les ponts. La nouvelle affaire - la dernière avant les élections de 2020, sans doute - fait long feu. Car, voyez-vous, la Destitution d'un Président en exercice est un processus qui ne laisse pas trop de part à l'improvisation. Il faut suivre quelques règles de base établies dans la Constitution... Règles que les Démocrates devraient bien connaître depuis le temps, eux qui ont lancé des procédures de Destitution contre cinq des six présidents républicains depuis Dwight Eisenhower.

Dans la Chambre des Représentants, les Démocrates majoritaires jouaient sur du velours ; pendant des semaines, les médias se firent complaisamment l'écho de toutes les horreurs racontées sur Trump. Il faut dire que les Démocrates usèrent et abusèrent de leur majorité. Dix-sept témoins à charge se succédèrent ainsi, déballant des heures durant leur fiel contre Trump. Contre combien de témoins de la défense, en face? Zéro. Les Démocrates écrasèrent toute velléité du locataire de la Maison Blanche de tenter de se défendre. Ils allèrent jusqu'à contrôler les questions que la minorité républicaine avait le droit de poser à leurs témoins.

Rien de remarquable pour nos médias, bien entendu. Ni même assez pour que les commentateurs de service qualifient le processus de "partisan". Non, tout était normal... Mais l'écrasant manque d'équité de cette parodie de procédure en destitution fut bel et bien perçu par le grand public.

usa,trump,démocrates,justice
Adam Schiff, grimé avec son maquillage de scène (création d'un artiste de rue)

Les meilleures choses ayant une fin, les Démocrates furent contraints, de mauvaise grâce, d'arriver à une conclusion: la mise en accusation. Donald J. Trump fut accusé d'Abus de Pouvoir et d'Obstruction au Congrès. Après avoir clamé pendant des semaines que Trump était un "danger public", que la destitution était une "urgence absolue" et qu'il n'était pas question qu'il reste "un jour de plus" dans la Maison-Blanche, Nancy Pelosi fut soudainement bien moins empressée de passer la main au Sénat. Elle mit des semaines à transmettre le dossier, alors que le Sénat siège dans l'autre aile du même bâtiment du Capitole... Mais voilà, là-bas, les Démocrates ne sont plus majoritaires.

Les Numéros au Sénat

Les journalistes et la gauche américaine eurent beau gloser que Donald Trump était "destitué", il ne l'a jamais été. Selon la Constitution, la Chambre des Représentants a le pouvoir de mettre le Président en accusation, c'est-à-dire de l'inculper. Il revient au Sénat d'ordonner le procès. Celui-ci s'est donc finalement ouvert.

Plutôt que d'en rendre compte jour après jour, examinons les différents sujets qui y ont circulé.

La nature de l'infraction. Oublions un instant la nature des "preuves" plus que douteuses (témoignages de deuxième voire troisième main et aucun élément matériel) amenées par les Démocrates. Supposons que Trump soit bel et bien responsable d'Abus de Pouvoir et d'Obstruction au Congrès, comme le mentionne l'acte d'accusation transmis par Nancy Pelosi. Problème: il n'existe aucune définition juridique claire de ces notions. Deuxième problème: la Constitution des États-Unis définit explicitement les motifs pour lesquels un Président en exercice peut être destitué ("trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs"). Autrement dit, le motif d'accusation est irrecevable.
Détail d'importance, les Démocrates eux-mêmes ont renoncé au cours de la procédure à utiliser le motif initial, la corruption, qui aurait pourtant justifié une Destitution.

usa,trump,démocrates,justiceEric Ciaramella. Eric Ciaramella est le secret le moins bien gardé du monde. Eric Ciaramella est un démocrate engagé, analyste de la CIA et ex-membre du Conseil National de Sécurité (National Security Council, NSC), qui fit ses armes sous Obama et resta comme taupe gauchiste sous l'Administration Trump. Il participa à l'élaboration du faux dossier servant à lancer "l'affaire russe". Il serait le fameux "lanceur d'alerte" qui aurait dénoncé en premier l'appel ukrainien. Mais, bien que la loi sur les lanceurs d'alerte ne protège nullement leur identité, les Démocrates firent tout pour la garder secrète - allant jusqu'à menacer d'arrestation un Sénateur qui aurait mentionné son nom. Pourquoi? Parce qu'Eric Ciaramella s'est coordonné avec Adam Schiff, le meneur de toute la procédure d'impeachment, bien avant la naissance officielle de celle-ci, pour lui donner corps. Et non seulement c'est illégal, mais cela mettrait Adam Schiff en position de parjure devant le Congrès, puisque Schiff mentit à plusieurs reprises sur ses liens avec le "lanceur d'alerte". Il prétend encore à ce jour ne pas connaître son identité. Eric Ciaramella est donc devenu un nouveau Voldemort, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. S'il est jamais interrogé, toute la procédure de destitution s'effondre et des gens haut placés pourraient bien finir en prison.

usa,trump,démocrates,justice
Un des nombreux mèmes créés sur le thème du "lanceur d'alerte anonyme"

L'esprit partisan. Depuis le début du procès, les médias (et les Démocrates) accusent le Sénat d'être "partisan", c'est-à-dire, dans leur langue, contrôlé par la majorité républicaine. L'accusation est à hurler de rire compte tenu de la façon dont les Démocrates se sont comportés dans la Chambre des Représentants. La notion de vote bipartisan reste très importante dans la vie politique américaine. Elle signifie qu'un sujet réussit à rassembler au-delà des clivages partisans. Les Démocrates auraient ainsi apprécié, par exemple, que des Républicains de la Chambre des Représentants appuient leur mise en accusation de Trump, mais c'est exactement le contraire qui s'est produit. Des Démocrates de la Chambre des Représentants ont voté contre la mise en accusation de Trump. Et tout porte à croire que dans la chambre haute du Sénat, d'autres Démocrates voteront aussi pour l'acquittement de Trump. Autrement dit, le maintien de Trump à la Présidence est devenu bipartisan, alors que la volonté de le destituer est une affaire rassemblant uniquement les Démocrates les plus extrémistes.
Rappelons que selon la volonté des Pères Fondateurs des États-Unis, le vote aux 2/3 du Sénat pour prononcer la Destitution était explicitement prévu pour forcer le processus à être bipartisan. La culpabilité du Président devait être constatée jusque dans les rangs de son propre parti.

John Bolton, le bouquet final

Alors qu'à l'issue du vote de la Chambre des Représentants le dossier d'accusation était soi-disant "parfait", celui-ci s'est effondré devant le Sénat du fait de ses innombrables manquements. Les Démocrates se sont donc condamnés à jouer les pompiers et, aidés par les médias, à amener un flot ininterrompu de révélations fracassantes pour maintenir le processus en vie.

John Bolton fait partie de ce numéro. Malgré ses lunettes d'intellectuel et sa sympathique moustache de grand-père, Bolton est un va-t'en-guerre des plus radicaux. Son credo est qu'il vaut mieux faire la guerre sur le territoire ennemi que sur le territoire américain. Cette doctrine est à l'origine de l'invasion de l'Irak et de la déstabilisation du Moyen-Orient.

usa,trump,démocrates,justice

La carrière de John Bolton est importante puisqu'elle permet de mieux comprendre comment les Démocrates en sont parvenus à s'allier avec ceux qu'ils considéraient hier comme la lie de l'humanité, pourvu qu'ils puissent les aider à faire tomber Trump aujourd'hui.

En guise d'apaisement envers certaines factions néo-conservatrices du Parti Républicain, Donald Trump nomma John Bolton conseiller en mars 2018, avant de se séparer de lui en septembre. Il affirme depuis que s'il l'avait écouté nous en serions "à la sixième guerre mondiale".

Trump utilise le "privilège exécutif" pour interdire à John Bolton de témoigner, si jamais le Sénat en arrivait à le convoquer. L'explication qu'il donne est que son rôle de conseiller du Président l'a amené à connaître "le véritable sentiment" de Trump sur nombre de chefs d'État avec lesquels il est en tractation aujourd'hui, et que le risque est grand que ces informations fuitent au cours de l'interrogatoire, ce qui mettrait toute la démocratie américaine en péril.

Alors que le processus de Destitution était en grande difficultés, le New York Times survint en affirmant que Bolton écrivait dans un livre à venir que Trump avait bien prévu un "donnant-donnant" avec l'Ukraine. Le manuscrit du livre fut bloqué par la Maison Blanche, trois jours avant l'article du NYT, parce qu'il révélait des secrets d'État. Et le responsable de la relecture du manuscrit au NSC n'était nul autre que le frère jumeau du colonel qui témoigna contre Trump devant la Chambre des Représentants!

usa,trump,démocrates,justice

Qui pourrait croire que les deux jumeaux partagent le même biais anti-Trump et que le second fit fuiter des informations au New-York Times?

Même si ce scénario excite beaucoup les journalistes, la piste Bolton est aussi faible que les autres. D'abord, on peut se demander, si les assertions établies par M. Bolton sont exactes, pourquoi il a attendu fin janvier 2020 pour se manifester sur ce point. Il aurait pu le faire dès septembre 2018, libéré de son service à la Maison-Blanche. Il aurait pu le dire lorsqu'il fut interviewé en 2019 sur les relations entre les États-Unis et l'Ukraine...

Ensuite, le témoignage de John Bolton n'est rien de plus qu'une parole contre une autre. Pas de preuve matérielle, comme d'habitude. Or, la parole de Bolton est particulièrement suspecte. Il affirma lui-même dans une interview sur Fox News en 2010 qu'il n'avait "aucun problème à mentir sur les sujets de sécurité nationale". Mieux, il y a même la vidéo d'une interview d'Adam Schiff où ce dernier expliquait que John Bolton avait un problème de crédibilité...

Ceux qui espèrent que John Bolton sera celui-qui-fera-chuter-Trump raccrochent tous leurs espoirs à une branche bien moisie!

Ces sujets que nul n'aborde

La procédure de destitution de Trump va échouer, c'est évident. Pourtant, l'affaire aurait mérité d'aller au fond des choses, même pour les Républicains. Cela n'aurait pas gêné que le procès perce tant d'abcès de la politique étrangère américaine, éclaire toutes les zones d'ombres de la relation entre les Administrations américaines successives et les divers gouvernements étrangers.

Hunter Biden, par exemple, aurait touché un million de dollar de primes en plus de son mirobolant salaire après avoir été placé à Burisma, la société ukrainienne spécialisée dans l'exportation de gaz, par son père, alors vice-président. Et il est loin d'être le seul politicien "fils de" à profiter des largesses de l'influence de ses proches ; pensons à Chelsea Clinton, par exemple. Ou Neil Bush.

Compte tenu de l'historique de la corruption endémique en Ukraine, s'assurer que le versement d'aide militaire américaine ne finisse pas dans les poches d'oligarques corrompus n'aurait-il pas été tout simplement... La meilleure chose à faire? Mais pour les Démocrates, un Président s'inquiétant de la corruption, c'est un délit.

Les mêmes Démocrates qui s'inquiètent d'une possible enquête de corruption contre Hunter Biden, ne se sont jamais inquiétés de l'espionnage de la campagne de Trump par la CIA et le FBI.

Les mêmes Démocrates n'ont pas cligné d'un œil lorsque Obama a donné des milliards de dollars à l'Iran, en faisant livrer par avion une partie de la somme en billets de banque rassemblés en palettes.

La notion de "corruption" ou de "donnant-donnant" est décidément très souple selon le bord de l'échiquier politique.

Avec cette procédure de Destitution, les Démocrates montrent qu'ils sont en-dessous de tout, en attendant que cette expression trouve une signification littérale lors des élections générales d'automne, lorsque Trump sera réélu.

Mise à jour (5 février): Trump vient donc d'être acquitté des deux chefs d'accusation par le Sénat. 52 votes contre 48 l'acquittent pour "l'abus de pouvoir" (le Républicain Mitt Romney, anti-Trump notoire, s'est allié aux Démocrates contre Trump) et 53 votes contre 47 l'acquittent pour "l'obstruction au Congrès" (cette fois-ci il s'agit d'un vote en bloc des Républicains contre les Démocrates). Nous étions donc très loin du compte pour la majorité des deux tiers.

28 novembre 2019

Le Cirque de la Destitution

Suivant les recommandations de la frange la plus extrémiste de leur parti, les Démocrates ont finalement lancé une procédure de destitution - Impeachment en VO - de Donald Trump. Mal leur en a pris, semble-t-il. L'opération vire au désastre.

Pour en parler, rien de mieux que de citer un spécialiste ; voici donc un éditorial de Greg Jarrett sur ce cirque de la destitution, publié la semaine dernière sur FoxNews.

 


 

Trump devrait espérer que le Carnaval de Destitution d'Adam Schiff ne se termine jamais

Le Carnaval de Destitution du Représentant Adam Schiff, Démocrate de Californie, entre dans une nouvelle semaine avec une parade de témoins qui n'ont à offrir que leurs opinions sans fin et des ouï-dire sur un cas de corruption "donnant-donnant" [Quid Pro Quo] d'où la corruption est absente.

Tout comme le titre de la farce comique d'Herman Wouk en 1965, La Fête Continue, le Président Trump peut espérer que cette idiotie de destitution se poursuive éternellement. Ou du moins jusqu'à ce que la saison des élections présidentielles soit bien avancée l'an prochain. Le maintien de sa résidence au 1600 Pennsylvania Avenue lui sera assuré.

Schiff, qui préside le comité du renseignement de la Chambre, représente le Grand Manitou du cirque de destitution, rappelant de manière frappante Norman Paperman, le personnage principal de Wouk. Ses singeries malheureuses sont le matériau du burlesque et de la bouffonnerie. Si quelque chose peut aller mal, ça ira mal. Personne ne semble prendre le pauvre Norman au sérieux. Sauf Norman.

Ainsi en est-il avec Schiff. Il est obsédé, sévère, égocentrique et si puissamment aveuglé qu'il ne semble pas pouvoir reconnaître le lent effondrement de son rêve de destituer Trump de ses fonctions. Les Américains prêtent attention à ses audiences pour la même raison que nous avons tendance à être captivés par des vidéos montrant des bâtiments en train d'imploser. Ou des accidents ferroviaires. Il y a quelque chose d'irrésistiblement attrayant à contempler des catastrophes en gestation.

Il n'y a aucune chance que le Président soit expulsé du bureau ovale par le Sénat. Pourtant, il est presque certain que la Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et son bedeau de carnaval, Schiff, rassemblent leurs forces partisanes pour destituer Trump. Après tout, cette destitution fut préconçue et préprogrammée au moment même de l'élection de Trump. Il ne fallait plus qu'un prétexte. Toute excuse, même fausse, ferait l'affaire.

Pendant très longtemps, les Démocrates et les médias complices dans leur haine de Trump étaient convaincus que le Procureur spécial Robert Mueller les délivrerait de leur mal fantasmé. Ils ont attendu avec impatience pendant 22 mois, tout en condamnant presque quotidiennement le Président dans le tribunal de l'opinion publique, portant contre lui des accusations fabriquées de toute pièce et des récits non vérifiés.

Qu'importe qu'il n'y ait jamais eu aucune preuve crédible d'un complot criminel de "collusion" échafaudé par Trump et le Président russe Vladimir Poutine dans les entrailles du Kremlin. La piste russe de la "chasse aux sorcières" perdura jusqu'au jour où le rapport Mueller confirma qu'il s'agissait d'un canular. Les Démocrates et les médias eurent une crise d'apoplexie, terrassés par le chagrin et l'incrédulité. Ils le sont toujours.

Depuis lors, la cabale de recherche et de destruction de Trump s'est efforcée d'inventer une autre ruse ou un artifice pour se débarrasser de son ennemi politique. La "chasse aux sorcières" de l'Ukraine en est la suite inévitable, bien qu'elle soit deux fois plus ridicule. Les preuves prétendument incriminantes ne sont aucunement des preuves.

Café à thème

La semaine dernière, la caste bavarde des diplomates a pris une place centrale dans le Carnaval. Comme un «klatch» [une réunion à thème] chez Starbuck, ils ont diffusé toutes sortes de rumeurs et d'indices basés sur des ragots de troisième et quatrième main - un type a raconté à un gars, qui me l'a confié ensuite, que le type d'origine "présumait" qu'il y avait un "donnant-donnant". C'était mercredi.

Vendredi, l'abrutissante absurdité évolua en spéculation de degré encore supérieur alors qu'une nouvelle diplomate, qui avoua ne pas avoir de connaissance directe sur la question centrale, raconta en pleurnichant son histoire selon laquelle elle aurait été limogée en tant qu'ambassadrice en Ukraine. Si elle avait un motif sérieux de plainte, elle aurait dû se tourner vers les ressources humaines, non pas s'épancher devant une procédure d'enquête en destitution menée par le Congrès. Elle avoua finalement qu'elle ne savait rien de la corruption ni d'une "quelconque activité criminelle".

Le républicain Devin Nunes, de Californie, se contenta de formuler l'évidence en déclarant: "Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que l'ambassadrice fait ici aujourd'hui." C'est un bon résumé.

Il s'avère que Marie Yovanovitch fut renvoyée à Washington deux mois entiers avant la conversation téléphonique de Trump avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre du prétendu "donnant-donnant". Cela n'a pas empêché le conseil juridique des Démocrates de superposer sur écran vidéo géant la transcription de l'appel et de demander à Yovanovitch son interprétation du contenu et des intentions du Président.

Yovanovitch est typique des personnes imbues d'elles-mêmes qui garnissent le service des Affaires Étrangères de notre pays. Par exemple, elle déclara: "La relation étrangère des États-Unis avec l'Ukraine est la plus importante de toutes".

Sérieusement? Ces diplomates sont convaincus que l'univers tourne autour d'eux. Ils se trompent en croyant que ce sont eux qui dictent la politique étrangère, et non pas le Président.

Si Trump ose faire quelque chose qui ne leur plaît pas, ils cherchent à le saper. Ils sont la force maligne qui hante notre gouvernement.

Cette semaine, huit autres "témoins" présumés monteront au manège du Carnaval Schiff. Eux aussi vont faire tourner des conjectures et des opinions fondées sur du ouï-dire. En tant que témoins, ils sont en grande partie superflus.

La conversation Trump-Zelensky n'a pas besoin d'interprétation. Avec une transcription accessible à tous, elle parle d'elle-même. Nulle part il n'y fait mention d'exigence, de menace, de condition ou de pression sur des "contreparties" liant l'aide militaire américaine à une enquête sur Joe Biden et son fils. Cela a été corroboré par des déclarations de Zelensky.

Un diplomate, Bill Taylor, réussit à offrir quelque chose de pertinent et de concret lorsqu'il déclara au comité qu'il avait eu trois réunions avec le Président ukrainien à la suite de l'appel téléphonique et que le sujet du "donnant-donnant" n'avait jamais été abordé. Cela constitue la preuve la plus solide qu'il n'y ait jamais eu jusqu'ici.

Trump taquine

La semaine dernière, Pelosi demanda à Trump de témoigner dans ce carnaval. Peut-être pensait-elle que cela faisait une bonne phrase toute faite.

Lundi, Trump tweeta une réponse à "Nancy la nerveuse" qu'il pourrait accepter son offre de témoigner "à propos de cette chasse aux sorcières de Destitution".

Les médias partirent instantanément en vrille et commencèrent à saliver de cette perspective. Ils tombèrent dans le piège. Ou dans le panneau.

Trump n'a aucune intention d'accorder ainsi de la dignité à un processus indigne. Il ne faisait que taquiner ou piéger Pelosi, comme il a l'habitude de le faire.

Mais vous pouvez probablement vous attendre à un autre tweet dans lequel le Président proposera de témoigner si Schiff transforme son enquête en débat contradictoire respectant à la fois l'équité fondamentale entre l'accusation et la défense et le respect de la légalité en permettant aux Républicans d'appeler leurs propres témoins et de permettre un contre-interrogatoire des témoins démocrates, sans les coups de marteau [de Schiff].

Nypostcoverwednesday_97265b_7393707.jpg
"COUPABLE! Et Maintenant le Procès..."
La couverture du New York Post du 13 novembre illustre sans doute le sentiment général.
(Cliquez pour agrandir)

Trump sait qu'une telle offre sera rapidement rejetée par Schiff. Cela démolirait le Carnaval. Les Républicans appellent le faux "lanceur d'alerte" à témoigner, ainsi que Schiff lui-même. Leur "complicité" présumée dans la composition de la plainte de dénonciateur (qui ne représente pas une plainte légitime au regard de la loi) pourrait bien impliquer Schiff en tant que force motrice qui conçut le canular de l'Ukraine comme prétexte pour attaquer Trump. Le président des débats ne prendrait jamais le risque d'être exposé ainsi à la vérité.

Voyez-vous, Schiff est un homme désespéré. C'est à la mesure de son désespoir qu'il a lu à Yovanovitch un tweet de Trump la critiquant publiquement, puis lui a presque demandé si elle se sentait intimidée. La réponse était prévisible.

Schiff a alors laissé entendre que le tweet pourrait constituer un motif d'inculpation pour "intimidation de témoin". Oubliez le fait que Schiff a lui-même créé l'incident en informant le témoin du tweet, qui ne répond toujours pas aux critères légaux "d'intimidation de témoin", lesquels impliquent des menaces physiques, de la corruption ou l'emploi d'une contrainte pour le forcer à mentir. Mais ni les faits ni la loi n'ont jamais empêché Schiff d'inventer une bonne histoire.

Comme Brad Blakeman l'a noté dans un récent éditorial de Fox News Opinion, "Les Démocrates cherchent déjà un moyen de sortir de la procédure de destitution". Le représentant Jeff Van Drew, DN.Y., l'un des deux Démocrates à avoir voté contre l'enquête en cours, a déploré que "c'est censé être bipartisan… c'est censé être juste". Lui et d'autres membres de son parti savent que les manigances de Schiff ont démoli le processus.

Cependant, il est peut-être trop tard pour inverser le cap et aménager l'arrêt du Manège de la Destitution. Le chef de la majorité [au Sénat] Mitch McConnell, Républicain du Kentucky, a déclaré à la presse que le Sénat ne condamnerait jamais Trump pour sur des pseudo-preuves aussi fragiles, mais qu'un procès complet semblait inexorable si la Chambre des Représentants votait en faveur de la destitution.

Les Américains ont un sens aigu de l'équité. Ils commencent de plus en plus à se rendre compte que le spectacle de clown de Schiff est l'antithèse d'une procédure juste, équitable et impartiale. Plus il durera longtemps, plus les Démocrates seront susceptibles de subir de graves réactions politiques qui profiteront finalement au Président en exercice.

Pour cette raison, Trump peut espérer que le carnaval ne s'arrête jamais.

 


 

Cet éditorial est intéressant parce qu'il tombe juste, et se retrouve corroboré par les sondages. Les Américains trouvent terriblement ennuyeuses les auditions publiques menées par la Chambre des Représentants.

En Suisse, les médias rapportent fidèlement le point de vue exclusif de la gauche, comme la groupie Valérie de Graffenried pour Le Temps qui évoque des "auditions publiques dévorantes" et ose même prétendre que les  auditions publiques sont "passionnantes" alors que les chiffres d'audience montrent clairement le contraire. Alors que l'enjeu est bien plus important, elles sont encore moins suivies que le processus de nomination du juge Kavanaugh. La journaliste désinforme effrontément en affirmant de l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union Européenne Gordon Sondland qu'il "accuse" Trump, omettant par exemple ce petit échange:

Turner - C'est selon votre témoignage ici aujourd'hui, Ambassadeur Sondland, que vous avez des preuves que Donald Trump a lié la demande d'enquête [contre Burisma] à l'aide [militaire américaine]? Parce que je ne pense pas que vous disiez cela.

Sondland - Je l'ai répété à plusieurs reprises, Monsieur le membre du Congrès, je le présumais.

Turner - Donc personne ne vous l'a dit. Giuliani ne vous l'a pas dit. Mulvaney ne vous l'a pas dit. Personne. Pompeo. Personne d'autre sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête?

Sondland - Je pense que j'ai déjà témoigné.

Turner - Répondez à la question. Est-ce correct? Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête - parce que si la réponse est oui, alors le président de la commission a tort et les gros titres de CNN sont faux. Personne sur cette planète ne vous a dit que Donald Trump liait l'aide à cette enquête. Oui ou non?

Sondland - Oui.


Il ne fait aucun doute que les témoins - uniquement à charge puisque imposés exclusivement par les Démocrates - ont tous en commun de détester Trump. Ils pensent qu'il a organisé un marchandage donnant-donnant avec l'Ukraine, mais, à moins de renverser quelques siècles de tradition juridique, une opinion n'est pas une preuve. Un témoin se doit de rapporter des faits observés. Ses sentiments, pour sincères qu'ils soient, n'ont pas de valeur dans un procès.

Alors que les Démocrates ne font défiler que des témoins acquis à leur cause, mènent les débats, contrôlent les questions que la minorité républicaine a le droit de poser et disposent d'une confortable majorité dans les votes, ils n'arrivent même pas à convaincre le grand public de la culpabilité de Trump. Non seulement l'opinion publique est de plus en plus convaincue de l'innocence du Président, mais ce changement de cap de l'opinion affecte principalement les "indépendants", la grande masse des citoyens qui ne sont affiliés ni aux Démocrates ni aux Républicans.

(Pour ceux qui se demandent comment les médias peuvent affirmer continuellement le contraire, voilà comment: les instituts de sondage "engagés" ont l'habitude de manipuler leurs résultats en y incluant une proportion exagérée de sondés d'obédience démocrate, ce qui permet d'affecter "favorablement" le résultat final.)

Pire, l'ampleur de ce changement pourrait précipiter le basculement de swing states en 2020, ces fameux états fédéraux où ni les Démocrates ni les Républicans ne disposent d'une majorité solide. Et cette perspective inquiète de plus en plus les politiciens démocrates. Brenda Lawrence du Michigan est ainsi la première Démocrate de la Chambre des Représentants à annoncer publiquement le retrait de son soutien à la procédure de destitution, et tout indique qu'elle ne sera pas la dernière.

Les Démocrates sont coincés. Engagés à ce point dans l'hyperbole, renoncer à prononcer la destitution serait une explosion en plein vol du narrative dont ils gavent l'opinion publique depuis des mois. Jouer la montre lasserait encore plus le public qu'il ne l'est déjà aujourd'hui. Mais poursuivre pourrait être encore pire. L'inculpation de Trump par Adam Schiff dans la Chambre des Représentants amènerait le dossier à se poursuivre au Sénat.

Là-bas, les Républicans pourraient se livrer à un procès contradictoire en bonne et due forme - en convoquant des témoins impliqués comme Joe et Hunter Biden, Eric Ciaramella, le pseudo-lanceur d'alerte originel, Devon Archer, le beau-fils de John Kerry et des officiels ukrainiens à des heures de grande écoute. Ils pourraient les amener à discuter du donnant-donnant qui eut lieu sous Obama lorsque Joe Biden fit lui-même un chantage pour faire virer le procureur ukrainien inquiétant son fiston. Tout ça sous l’œil des caméras pendant une année d'élection présidentielle.

Le Cirque de la Destitution est en train de virer au cauchemar pour la gauche américaine, et nous n'en sommes qu'au début.

28 août 2019

Trump et Obama ne croient pas au Réchauffement Climatique

À quelques jours d'intervalle, les deux présidents américains dirigeant les États-Unis d'Amérique depuis onze ans viennent de montrer de façon implacable leur rejet de la théorie du réchauffement climatique.

La première image nous vient du G7 qui s'est achevé il y a deux jours. Donald Trump a réussi son coup en faisant le buzz sans même apparaître sur la photo.

usa,réchauffement climatique,barack obama,donald trump
Trump brille par son absence.

Il s'agissait de la rencontre entre les chefs d'état pour discuter du Réchauffement Climatique - sous l'étiquette consensuelle "climat, biodiversité et océans" - et elle fut boudée par Trump. L'information fut très peu diffusée dans les médias, qui préférèrent tresser les lauriers du président Macron tout au long du sommet ; on argumenta rapidement que si Trump était absent ce n'était pas grave. Pourtant, c'est une gifle, une gifle volontaire. Trump n'était pas seulement absent ; il s'est présenté au début du meeting puis l'a quitté pour ne plus y revenir, empêchant les autres membres d'annuler une réunion qui les place clairement en situation de faiblesse.

Trump a donc commis un crime de lèse-majesté, le genre de chose qui laisse un impact psychologique profond chez des êtres aussi imbus de leur personne que les participants du G7. Au sein de la "famille" de dirigeants amenés à discuter de la répartition d'une manne financière, le principal contributeur désigné explique par son absence qu'il ne la distribuera jamais.

Il faudra encore faire du chemin pour qu'ils comprennent, mais cela ne changera rien. Et pendant qu'ils tenaient conférence, Trump tenait la sienne en affirmant que les États-Unis devenaient le meilleur producteur d'énergie du monde. La manœuvre était donc parfaitement assumée, et les anti-Trump deviennent aphones à force de pousser des cris d'hystérie.

Mais bizarrement, par une coïncidence de l'actualité, on apprend que Barack Obama ne croit plus au réchauffement climatique non plus.

L'ancien président, jamais entré en retraite politique et toujours officiellement apôtre du réchauffisme, ne s'est certes pas fendu d'une déclaration foulant aux pieds toutes ses prises de position précédentes. Il a fait mieux: il s'est engagé financièrement contre la théorie controversée du réchauffement climatique.

Cela mérite quelques explications. Le couple Obama, séduit par sa demeure de vacances proposée par Martha's Vineyard en Nouvelle Angleterre, décida à la fin du séjour d'acheter la maison. La nouvelle tombe le 22 août, soit presque au même moment que le sommet du G7 à Biarritz.

La maison n'est pas un achat anodin: les Obama auraient payé un peu moins de 15 millions de dollars pour s'offrir l'ancienne propriété de Wyc Grousbeck, le propriétaire des Boston Celtics. Ils en ont eu pour leur argent:

Les Obama seront les nouveaux propriétaires d'un vaste manoir de près de 650 mètres carrés et de près de 12 hectares de propriété privée en bord de mer sur laquelle il repose. Conçue par les architectes Bradenburger Taylor Lombardo de San Francisco, la maison comprend sept chambres à coucher et huit salles de bain, ainsi que la cuisine du chef, de multiples espaces de détente et de divertissement, ainsi qu’une grande salle à manger circulaire. La propriété comprend également un jardin, une cheminée extérieure, une piscine et un jacuzzi.


Rien ne vous choque dans le paragraphe précédent? Non, je ne parle pas de l'étalage de richesse d'un ex-couple présidentiel qui a passé l'essentiel de sa carrière à dénigrer et mépriser les gens riches et leur réussite, ni du fait que Barack Obama a gagné toute cette fortune alors qu'il était Président, ce qui n'a évidemment rien à voir avec une quelconque corruption. Non, la séquence choquante est ce petit morceau de phrase: "...propriété privée en bord de mer..."

En bord de mer? Vraiment au bord de la mer, en vérité:

usa,réchauffement climatique,barack obama,donald trump

Maintenant, qu'on m'explique: comment quelqu'un qui croit à la théorie du réchauffement climatique - qui implique que le niveau de l'eau va monter de plusieurs mètres - peut-il acheter une propriété en zone maritime inondable?

Je ne vois pas beaucoup d'explications:

  • Obama envisage de revendre la propriété très vite, mais c'est peu plausible car son ancien propriétaire essayait de s'en débarrasser depuis des années et en a même baissé le prix ;
  • Obama, indécrottable optimiste, pense que toutes les actions entreprises au G7 (voir plus haut) et ailleurs par les grands de ce monde feront en sorte que l'apocalypse climatique prévue soit déjouée ;
  • Obama est un hypocrite conscient que tout ceci est du flan, et passera ses vieux jours dans une splendide maison au bord de la mer en sachant pertinemment qu'à l'échelle humaine il ne se passera absolument rien.

Chacun se fera sa propre opinion.

12 août 2019

L'opportun suicide de Jeffrey Epstein

"J'ai été très surpris du suicide de Jeffrey Epstein, mais peut-être pas autant que Jeffrey Epstein lui-même", déclara sarcastiquement un Internaute au matin de l'annonce de l'événement. Le décès impromptu du milliardaire pédophile déclenche encore d'innombrables réactions - la plupart du temps atterrées, quelquefois humoristiques.

Jeffrey Epstein, 66 ans, aurait été retrouvé mort dans un "suicide apparent" dans sa cellule du Centre Correctionnel de Manhattan samedi matin. Son corps emporté sur une civière à environ 7h30. Jeffrey Epstein avait été mis sous surveillance anti-suicide après avoir été retrouvé dans sa cellule presque inconscient et "avec des marques sur le cou" le 23 juillet. Si deux sources pénitentiaires avaient alors évoqué une tentative de pendaison, une autre rétorqua qu'Epstein aurait pu s'infliger ces blessures lui-même pour favoriser un transfert. Une quatrième déclara en revanche que la possibilité d'une agression n'était pas à exclure, notamment de la part de l'ex-officier de police Nicholas Tartaglione, suspecté d'avoir tué quatre hommes et enterré leurs corps dans une histoire de trafic de cocaïne. Déjà beaucoup de mystères...

Depuis, les informations les plus contradictoires circulent. Jeffrey Epstein n'aurait pas été mis en surveillance dans une cellule anti-suicide, mais dans une cellule simple depuis le 29 juillet. Ou encore, il n'aurait pas bénéficié du niveau de surveillance requis faute de personnel, ramenant les visites toutes les demi-heures à une seule pour la nuit samedi matin. Les images de vidéo-surveillance seraient manquantes, ou il n'y aurait pas eu de caméras là où il était installé.

epstein sui.png

Comme le résume lapidairement un internaute:

  • Le prisonnier Jeffrey Epstein fait une tentative de suicide.
  • Il est mis sous surveillance anti-suicide.
  • Il se suicide avec succès.
  • Circulez, il n'y a rien à voir.

Le suicide d'un suspect aussi important que Jeffrey Epstein, alors même qu'il est incarcéré dans une prison sous surveillance anti-suicide et qu'il a fait une première tentative quelques semaines plus tôt, reste un constat difficile à avaler. Évidemment, les médias romands ne s'étonnent de rien ; pour eux, il n'y a aucun problème, et ceux qui pensent autrement ne sauraient être que des complotistes. Pourtant, même en Europe, Le Figaro évoque un "suicide apparent". Et aux États-Unis, la polémique fait rage dans les médias, y compris au sein des rédactions alignées à gauche.

Les différentes morts de Jeffrey Epstein

combinaison_cornichon.jpgLe suicide est la première cause de mortalité des détenus américains - la deuxième étant l'overdose. D'après un agent de correction américain anonyme, le suicide d'Epstein n'aurait jamais dû être possible dans un milieu carcéral conforme:

Je suis agent de correction. Cela n'aurait jamais dû être possible. Au cours du processus d'admission, en raison de la nature de ses crimes et de sa célébrité, il aurait déjà dû faire l'objet d'une surveillance particulière. Après la première tentative, il aurait été dans une cellule spéciale. Il porterait ce que nous appelons une «combinaison cornichon», c’est une combinaison verte que vous ne pouvez ni déchirer ni attacher à rien. Ses couvertures seraient du même matériau. Il ne recevrait que des produits d'hygiène sous surveillance. La seule chose autorisée dans sa cellule serait un livre et des documents judiciaires. Nous serions alors surveillés au plus près. C'est un énorme échec du système pénitentiaire. Je veux une enquête poussée sur la façon dont cela a pu se produire.


De même, les cellules anti-suicide sont prévues pour empêcher toute accroche, saillie, ou matériau dont on pourrait se servir pour se pendre. Les cellules contiennent un ou deux prisonniers, et font l'objet d'une ronde toutes les demi-heures. Les prisonniers sont délivrés de toute ceinture, ficelle, lacet, cordelette qui pourrait servir à les étrangler ; et même les fournitures présentes dans la pièce sont étudiées pour empêcher qu'on ne puisse se pendre avec - M. Epstein pesait tout de même 90 kilos.

Pour l'instant, aucun détail ne filtre quant à son autopsie. Officiellement, on ne sait donc pas encore de quoi il est mort. S'il s'est pendu, le grand public aimerait sans doute savoir avec quels ustensiles il est parvenu à ses fins dans ce milieu particulier. Il semble difficile à croire qu'il soit parvenu à cacher sur lui de quoi se pendre alors qu'il était déjà incarcéré depuis des semaines.

Il pourrait bien sûr avoir été aidé par un complice. Des journaux expliquent que les caméras - si elles n'ont pas été débranchées - ne filmaient pas les cellules mais les couloirs attenants ; on pourrait donc voir si quelqu'un a apporté quelque chose au prisonnier.

Tout ceci participe de l'idée qu'il ait voulu se donner la mort et qu'un tiers l'ait soutenu dans sa démarche. Mais cette situation ne correspond pas à son comportement jusque-là. Selon le témoignage de gardiens, il s'était peu à peu accoutumé à la vie carcérale, et après sa première "tentative de suicide" il se serait plaint à des collègues de cellule que quelqu'un souhaitait sa mort. Les esprits les moins curieux s'empresseront de défausser tout ces aspects gênants comme des rumeurs sans fondement, mais il reste un détail troublant.

Epstein souhaitait attendre son procès en liberté surveillée, un privilège qui lui avait été refusé compte tenu des risques de fuite. Le jugement d'appel de ce refus de remise en liberté était imminent. Pourquoi s'être suicidé avant de connaître la nouvelle décision?

Une disparition bien commode

Beaucoup de gens très haut placés se sentent sans doute soulagés de la disparition du milliardaire. Au moins il ne parlera pas. Mais se pourrait-il qu'ils aient pris une part plus active dans son suicide?

L'hypothèse est évidemment gênante à notre époque où remettre en question la vérité officielle est de plus en plus un acte de dissidence (il n'y a pas si longtemps la même attitude permettait de gagner des oscars). Il faudrait également que les gens qui veuillent l'éliminer aient le bras très, très long.

Ou peut-être pas tant que ça. Il se trouve par exemple que Colleen McMahon, le juge en chef du SDNY (la cour de district qui contrôle les dossiers et les détenus du centre où était incarcéré Epstein), fut nommé à son poste par un certain Bill Clinton. Et Shirley Skipper-Scott, le gardien du MCC, fut nommé au sien par Colleen McMahon.

Si les médias de gauche doutent de la véracité du suicide, c'est uniquement pour mieux essayer d'en faire porter le chapeau à Trump, dont ils se sont échinés à bâtir l'image de "bon ami d'Epstein" depuis l'arrestation du pédophile, bien qu'elle ne corresponde pas à la réalité. Et d'autres penchent plus pour une élimination par le clan Clinton.

Choisissez votre complot, camarades! Deux hashtag sont tendance en ce moment, #TrumpBodyCount et #ClintonBodyCount. Mais ils ne sont pas équivalents. Le premier semble avoir été inventé précisément pour contrer le second, et on peut le voir selon l'origine du Trend par Google. L'attribution du "suicide" à Trump semble venir uniquement de Calfornie, et des gens font beaucoup d'effort pour obtenir du buzz sur cette version...

Que les Républicains et les Démocrates se renvoient la responsabilité du suicide organisé de Jeffrey Epstein n'a aucune importance, si la dispute peut au moins permettre d'enquêter pour accéder à la vérité. Le grand public - américain tout du moins - ne se laisser plus compter des fables de "dysfonctionnement" qui virent de plus en plus au grotesque. À un certain stade, ce sont ceux qui refusent de douter de la version officielle qui passent définitivement pour des imbéciles.

22 juillet 2019

Nouvelles d'Iran

Que se passe-t-il en Iran? Où en est le régime de Téhéran? Y aura-t-il une guerre dans le Golfe Persique?

Comme il est difficile d'avoir des nouvelles authentiques sur ce qui se passe dans cette zone, autant avoir l'information de première main - auprès d'un ressortissant iranien faisant de fréquents voyages dans ce pays. Voici donc le compte-rendu d'une interview avec Berham (prénom d'emprunt, bien évidemment).


Bonjour Berham. Pour commencer, puisque nous allons parler de l'Iran, quelle est ta connaissance réelle du pays?

Je suis Iranien d'origine, j'en parle la langue. Je travaille avec l'Iran et en Iran depuis des années. Je m'y rends environ une fois toutes les trois ou quatre semaines, à vrai dire j'en reviens à peine.

5237557473_b1dd228485_b.jpg
Vue de Téhéran.

D'accord, mais que vois-tu du pays à chaque fois? Rencontres-tu des membres du régime? Des civils? Te rends-tu hors de Téhéran?

Je suis en contact avec des politiciens et des membres de l'administration - les Gardiens - pour des raisons professionnelles. Je ne fais pas que rester dans la capitale. Je discute avec les locaux, je consulte la presse iranienne, l'opinion de l'homme de la rue, et mes nombreuses connaissances sur place. Et pour finir le tour d'horizon, comme je travaille en lien avec l'industrie pétrolière, je suis très au courant des enjeux du régime iranien de ce côté aussi. Donc autant dire que je vois de façon assez limpide à travers toutes les strates de la propagande, que ce soit en Iran ou en Occident.

Propagande ou pas, les nouvelles ne semblent pas très bonnes du côté du Détroit d'Ormuz. Il y a une escalade visible entre l'Iran et la flotte des États-Unis, des attaques de pétroliers, des combats de drones... L'Iran souhaite-t-il la guerre?

Les Gardiens de la Révolution, oui.

Ils veulent la guerre?!

Oui! Mais ils ne veulent pas qu'on dise que ce sont eux qui ont commencé. Ils veulent faire en sorte qu'on dise que les Américains les ont attaqués en premier. Ils ont l'impression que si une guerre commence, beaucoup d'Iraniens vont se rallier à eux. Alors qu'on n'est plus dans les années 80, contre l'Irak, où les gens se sont vraiment ralliés aux ayatollahs pour faire la guerre. Mais ce n'est plus comme avant. La nouvelle génération est tellement désabusée... C'est une génération qui s'en fout, elle se dit qu'elle ne va sûrement pas se laisser massacrer pour Hassan Rohani.

On n'a pas très envie qu'une guerre éclate juste pour vérifier cette hypothèse.

Les Gardiens de la Révolution pensent qu'une guerre pourrait très bien, comment dire, réunifier le pays, mais même de ça ils ne sont pas sûrs. Le problème qu'ils ont maintenant c'est le manque d'argent.

Ils ont mis un État social en place après la révolution islamique mais ils n'ont plus d'argent...

Un État social, mais pas pour tout le monde! Surtout pour les Gardiens de la Révolution, le Bassiji, etc. Eux ont droit à des appartements, des faveurs, ils sont dans les bonnes grâce de l'État kleptocrate, mais les autres non, et c'est pour ça que ça crée des tensions. Mais ces gens se sont dit "après nous le Déluge!" donc si on commence une guerre, voilà, on y sera. Mais le problème, s'il y a un problème dans le pays, c'est qu'ils n'ont nulle part où aller. S'ils veulent fuir, ils vont aller où? Le seul endroit susceptible de les accueillir ce serait l'Irak. Et encore. Il y a des chiites et des sunnites là-bas, et une fois qu'ils auront dilapidé ce qu'ils ont emporté avec eux, qu'est-ce qui va se passer?

Mais ces tensions ont quand même pour origine le programme nucléaire iranien, non?

Pour moi le programme nucléaire c'est un prétexte - on va dire, une conséquence. La première cause de tension dans le pays c'est sa mauvaise gestion, la corruption, qui est responsable de 95% des difficultés que traverse l'Iran. Ils ont essayé de contourner ça en signant en 2015 les Accords de Vienne, le Traité sur le Nucléaire Iranien, on s'est dit tout va bien, mais en fin de compte rien ne va!

Avec la complicité d'Obama, les Accords de Vienne permettaient surtout aux mollahs d'obtenir légalement la bombe nucléaire au bout de dix ans...

Pour moi, le Traité ignorait un aspect essentiel, la vérification des bases militaires ne prenant pas officiellement part au programme nucléaire. Mais évidemment la corruption persiste, et pour moi, même si Trump ne s'était pas officiellement retiré du Traité nucléaire, les choses en seraient quand même arrivées au point où nous en sommes aujourd'hui. Juste un peu plus lentement. Le retrait des Américains a précipité la chose.

Là où les pays européens sont en totale contradiction avec eux-mêmes, c'est qu'ils disent tous "Oui oui, il faut défendre les Droits de l'Homme" etc., mais ils cherchent tous à préserver le Traité nucléaire iranien, et à travers lui ils perpétuent le régime iranien criminel. En fait cet accord nucléaire n'a rien d'extraordinaire. Ça a simplement permis aux mollahs de recevoir 150 milliards de dollars.

Pour moi les Européens défendent le Traité iranien parce qu'ils ont été payés pour le faire... L'Iran a reçu des milliards de dollars par Obama, dont 150 milliards en cash, ce sont des faits avérés. Et on suppose que l'Iran s'est servi de cette somme pour corrompre des politiciens occidentaux pour qu'ils soutiennent le Traité nucléaire iranien, lever les sanctions, etc. Et l'Iran veut un retour sur investissement. Et comme ces politiciens sont pris à la gorge par leur propre corruption, ils se démènent pour montrer, à défaut d'y parvenir, qu'ils font sincèrement tout ce qu'ils peuvent pour aller dans le sens des Iraniens.

On saura ça si un jour le régime de la République Islamique tombe et on arrive, peut-être, à avoir accès à des documents confidentiels, on verra si les politiciens européens ont été payés... Mais pour le moment on n'a pas de preuves. Personne n'exclut ça mais pour le moment on n'a pas de preuves. Zarif [par le biais de Hossein Jaberi Ansari, porte-parole du Ministère des affaires étrangères iranienne] a dit une fois "si les Européens ne coopèrent pas on dira qui on a payé". Il est possible qu'il y ait eu quelque chose, il ne faut pas croire que les Européens soient plus intègres que les autres...

L'hypothèse expliquerait en tout cas pourquoi les Européens sont allés jusqu'à mettre en place un véhicule financier spécialement conçu pour contourner le système de paiement Swift, et donc les sanctions américaines contre l'Iran.

Oui mais c'est un système qui ne marche pas du tout! Ce truc il est mort. Les Européens disent "Oui oui on va faire quelque chose" mais les Iraniens voient que tous les jours il n'y a rien qui se passe, ils sont financièrement pris à la gorge, et puis ensuite ils sont en train de défaire cet accord nucléaire parce qu'il ne sert plus à rien. Selon moi il va se déliter complètement d'ici un mois et demi.

À l'intérieur du pays, environ 70% à 80% des Iraniens se disent, heureusement qu'il y a eu Trump pour sortir de cet Accord nucléaire parce que comme ça on est d'accord de vivre une période difficile pendant un an et demi, deux ans, mais après on sera débarrassés des ayatollahs.

Et en ce moment, sans vouloir vexer personne ici, le pays le plus détesté en Iran, c'est la France.

La France?

Macron est toujours en train de dire "nous allons faire ceci avec les Iraniens", "nous allons faire cela avec les Iraniens..." La France sera toujours considérée comme le pays qui a hébergé Khomeini et lui a donné la liberté de parole en 1978. Ensuite une fois que Khomeini était de retour on a couru pour signer des traités commerciaux, mais pendant la guerre Iran-Irak la France a pas mal soutenu Saddam en lui vendant des armes. Ensuite après la guerre ils mettent à disposition sous licence la technologie pour les voitures Peugeot, Renault, etc. mais ce sont des modèles inférieurs, avec des pièces pour liquider leurs stocks, des véhicules invendables en Europe... Après vient la période des sanctions internationales, on sort du pays, puis on revient avec les Accords, puis on en ressort... Total a même été condamné par la justice pour avoir payé des bakchichs en Iran. Par la justice française, c'est dire à quel point on en est.

...Finalement, les Iraniens se disent, "qu'est-ce que la France a jamais fait de positif pour nous?"

Les Suisses et les Allemands, eux, gardent une bonne image. Les Allemands ont fait un tour après 2015 et dit "c'est trop compliqué de faire des affaires ici" et ils sont partis, ce sont des gens réglos ; et les Suisses, qui ont fait pareil, représentent toujours l'Arabie Saoudite en Iran et l'Iran en Arabie Saoudite.

Que penses-tu des prises d'otages d'Iraniens binationaux?

L'Iran fait de la prise d'otage de binationaux de toutes nationalités. Il y a pas mal de Canado-iraniens, d'Anglo-iraniens, d'Américano-iraniens, qui sont déjà en prison. On ne sait pas combien ils sont parce qu'on n'entend parler que de certains cas médiatisés mais on ne sait pas combien il y en a au total, peut-être 200...

J'ai entendu que l'Iran ne reconnaissait pas la double-nationalité...

Ils la reconnaissent quand ça les arrange, et ils ne la reconnaissent pas quand ça les dérange. On prend par exemple en otage les binationaux franco-iraniens pour rappeler à M. Macron ses nombreux engagements avec l'Iran, pour lui mettre un peu la pression. Les Allemands et les Suisses, pour l'instant, on leur fout la paix. Jusqu'à quand, on ne sait pas!

Le pire c'est que l'Iran n'a pratiquement plus de relations avec certain de ces pays. L'Iran a brulé les ponts avec les USA donc il n'y a plus trop de possibilité de négociation pour les Américano-iraniens, quant aux relations avec le Canada elles sont loin d'être au beau fixe en ce moment... Les relations avec le Royaume-Uni sont au plus bas ; et les relations avec la France se dégradent. Le régime ignore relativement les Franco-iraniens, comme si c'était des citoyens de seconde zone. Mais Macron se pavane et ne fait rien, et les Français perdent de plus en plus leur réputation.

Pourquoi les Européens s'acharnent-ils à ce point à vouloir faire des affaires avec l'Iran?

Ils en ont gardé une image "romantique" d'un pays extraordinaire avec lequel on pouvait toujours faire des affaires, comme au temps du Shah. Ils ne se rendent pas compte qu'il vaut mieux attendre un changement de régime avant de passer à l'offensive... Commercialement, j'entends.

Revenons à cette perspective de guerre. De toute façon, même si Trump avait mordu à l'hameçon avec des provocations iraniennes, à cause des distances, les Américains et les Iraniens ne pourront jamais être directement en guerre, soldat contre soldat. Les Américains ne vont jamais envoyer des dizaines de milliers de boys comme au Viêt-Nam... Ce ne seront jamais que des campagnes aériennes contre un pays qui ne peut pas répliquer...

Mais la plupart des gens ne se rendent pas compte... À quel point l'Iran est actuellement un pays en faillite, une faillite aussi morale, absolument totale. L'Iran est un pays qui se désintègre. Donc, contrairement à ce qu'on pense, une guerre avec l'Iran, ça ne va pas durer longtemps. On envoie trois bombes à gauche à droite et les gens prennent la fuite. Il y a eu un tremblement de terre il y a quelques années dans le Kurdistan iranien, les gens vivent toujours dans des containers depuis, comme des miséreux.

Il n'y a pas eu de formation décente en Iran depuis trente ans! Les cadres de la compagnie pétrolière iranienne avaient été formés à l'époque par les Américains, maintenant ils sont tous à la retraite. À force de nommer des gens aux postes-clés parce que "lui c'est le fils de..." ou que "lui fait bien ses prières cinq fois par jour" ou "lui sait réciter le coran par cœur", on finit avec un pays grippé, immobilisé, où plus personne n'est capable de prendre une décision. Et maintenant, si on prend juste le secteur du pétrole, même en Iran, on pourrait continuer à exporter encore un million et demi de barils par jour, facilement. Mais ils se jettent tellement de bâtons dans les roues les uns les autres que l'exportation est tombée à 250'000 barils par jour. Parce que si Monsieur X voit que Monsieur Y s'en sort mieux que lui, Monsieur X va tout faire pour le saboter. Ça c'est typique des pays musulmans. Donc moi dans le cas d'une guerre avec l'Iran, moi je dis, il ne faut pas avoir peur... Les gens, dès qu'ils verront un risque crédible de guerre contre les Américains, ils vont s'empresser de changer de camp.

L'État iranien est en faillite.

Oui, complètement. Ils ont beau avoir des Gardiens de la Révolution, le régime n'est même pas un colosse aux pieds d'argile, c'est des pieds en sable en train de s'effriter... Le seul danger que je vois s'il y a une guerre, ce sont les milliers de réfugiés qui vont se mettre en marche en direction de l'Europe par la Turquie. Les Iraniens rêvent d'aller en Europe. 60% des Iraniens le souhaitent. Et entre 15 et 40 ans le taux monte à 90%. C'est énorme!

Comme tout gouvernement aux abois, l'Iran manipule les taux de change officiels pour siphonner des devises étrangères aux gens qui sont obligés d'échanger des rials. Le Hezbollah est fâché parce qu'il ne reçoit plus d'argent, les Palestiniens sont fâchés parce qu'ils ne reçoivent plus d'argent... Toute la construction iranienne se désagrège faute d'argent pour la faire tenir debout.

Ce n'est que de l'argent?

Oui, les Européens ne comprennent pas ça. Si tu prends un paysan suisse d'Appenzell, qui a ses cinquante vaches et qui vit péniblement avec deux mille francs par mois, et que tu lui proposes dix mille balles pour farcir une de ses vaches de bombes et faire un attentat avec devant le Palais Fédéral, il refusera, j'en suis certain. Pas seulement par peur, mais aussi parce qu'il aura une espèce de confiance intrinsèque dans la société dans laquelle il vit et dans ses autorités. Une forme de reconnaissance. C'est pour ça qu'en Occident le prix pour l'espionnage est aussi élevé. En Iran, on peut corrompre facilement n'importe quel fonctionnaire pour avoir des renseignements. Ils n'ont aucune fierté dans le régime. Aucune loyauté.

J'ai eu des Gardiens de la Révolution qui prétendaient être de bons musulmans en public et qui se pointaient chez moi, en plein ramadan, à cinq heures du soir, pour boire un peu d'alcool... Et même manger une omelette au jambon!! Tout ça c'est n'importe quoi.

Mais s'il y avait une guerre et si le régime tombait, qui le remplacerait?

Ça c'est le plus grand problème. On se basait sur les Moudjahidines du Peuple, qui ont pas mal d'immobilier à Paris mais aussi en Albanie et au Kosovo, mais ce sont des communistes. Entre les Moudjahidines du Peuple et les mollahs moi je préfère encore les mollahs! Les Moudjahidines sont communistes-islamistes. Communistes d'abord, et islamistes ensuite.

L'Occident n'a jamais voulu vraiment aider à élaborer une opposition crédible pour l'Iran. Là les Européens ont fait une énorme connerie, ils auraient pu piocher à loisir dans la diaspora avec les services de renseignement pour monter quelque chose...

Oui mais il aurait fallu pour cela que les Européens croient encore en quelque chose, c'est un peu le problème...

Les Européens croient toujours qu'ils ont l'argent, mais l'argent, ils ne l'ont plus. En Europe on est toujours sur la base de "En Europe ça va bien, on a de l'argent donc on peut donner dans le social, dans l'union ceci, dans la subvention de cela, etc." mais je me rends compte de plus en plus fortement que ça ne fonctionne plus.

S'il y a trente ans les Occidentaux avaient dit à l'Iran "ça c'est inacceptable, c'est comme ça que ça marche, on n'est pas d'accord," les choses n'en seraient pas arrivées là à Téhéran. Et en Europe non plus où l'islam règne désormais dans les banlieues, d'ailleurs.

En Iran, si le régime s'effondre, il n'y a même pas de général à poigne pour reprendre le pouvoir, des généraux il n'y en a plus. Il y a les généraux des Gardiens de la Révolution et ce n'est pas vraiment pareil. Et si ceux-là prennent le pouvoir ça va être encore pire.

Pire?

On va passer d'un État islamiste à un État fasciste type nazi, avec une couleur islamique en plus. L'islam c'est le nazisme. Mais là le côté nazi prendra le dessus. On passera d'un régime islamiste avec une pointe de nazisme à un régime nazi avec une pointe d'islamisme.

Comment vois-tu l'évolution des prochains mois?

Je dirais que dans les six prochains mois on va rester comme aujourd'hui, dans une situation assez tendue.

Ça pourrait durer plus longtemps, non? Trump essaye autant que possible de se dépêtrer des guerres de l'Amérique, ce n'est pas pour se lancer dans un nouveau conflit contre un pays de 80 millions d'habitants...

Mais je vois un "mais", c'est qu'à chaque fois qu'il y a une guerre le Président se fait réélire. Donc si les Gardiens de la Révolution voient que la situation est devenue telle pour eux qu'ils ont besoin d'une guerre, c'est la fuite en avant. Ils continueront comme ils le font jusqu'à ce qu'il y ait une réponse des Américains, et là ils pourront déclarer le commencement de la guerre.

Quelle forme prendra cette guerre? Ils vont tirer tous azimuts sur tous les bateaux passant dans le Détroit d'Ormuz? Ils vont bloquer le Détroit? Alors que les Américains sont devenus autosuffisants en pétrole...

C'est la Chine et l'Asie qui vont en pâtir le plus. Donc pour les Américains ce n'est pas un problème. Ils pourraient se dire, finalement pourquoi pas?

Les Russes ont tellement de problèmes intérieurs que malgré toutes leurs déclarations ils ne feront rien. Les Chinois n'osent pas intervenir si loin à l'extérieur de leur zone d'influence, ils se contenteront de proclamer que tout ça est la faute des Américains, comme les Européens dont l'économie souffrira.

Et là les Européens diront "Oh mon Dieu comme c'est grave, faisons des conférences à Davos."

Moi ce que je crains le plus c'est que les services iraniens aient préparé des bombes sales, et à la première occasion qu'ils viennent les faire exploser en Occident.

En Occident?! Et pour obtenir quoi?

Un chien enragé ne se pose pas de questions. Il mord.

18 juillet 2019

Le racisme, moteur politique des anti-Trump

Dans une série de tweets lancés dimanche, Donald Trump fit une nouvelle fois la preuve de son habileté politique en amenant ses adversaires droit dans son piège. Dire qu'ils auraient mordu à l'hameçon est un euphémisme.

Commençons par les mots du Président par qui le scandale arrive:

494745648.jpgTrès intéressant de voir des élues démocrates du Congrès, “progressistes”, qui viennent originellement de pays dont les gouvernements sont des catastrophes complètes et absolues, les pires, les plus corrompus et le plus ineptes du monde (si tant est qu’on puisse parler de gouvernement) et qui maintenant clament férocement au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment notre gouvernement doit être dirigé.
Pourquoi ne retournent-elles pas d’où elles viennent, pour aider à réparer ces lieux totalement dévastés et infestés par le crime ? Puis, qu’elles reviennent et qu’elles nous montrent comment elles ont fait. Ces endroits ont bigrement besoin de votre aide, vous n’y partirez jamais trop vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi serait très heureuse d’organiser rapidement un voyage gratuit !


N'en déplaise aux chiens de garde de la pensée unique, il n'y a rien de choquant dans ce texte. Trump ne critique ni des peuples ni des cultures, mais des gouvernements. Il mentionne des "élues démocrates", mais sans les citer nommément. Quant à ce qu'elles partent à l'étranger redresser ces pays qui sont à les entendre tellement mieux que les États-Unis, il ne s'agit pas d'un exil, puisqu'il mentionne explicitement qu'elles en reviennent.

La seule flèche réelle est à l'encontre de Mme Pelosi, qui a le plus grand mal à tenir les rênes de ses troupes démocrates à la Chambre des Représentants.

L'inénarrable Le Temps rend évidemment son verdict sans hésitation: ces tweets sont "racistes", point barre. Et il s'inquiète même de ce que les médias américains n'osent pas le clamer assez fort au goût du journaliste de service. Il y a pourtant une raison. Les médias américains savent encore qu'en qualifiant ouvertement ces tweets de "racistes" dans les titres de leurs articles, ils assènent au lecteur un jugement de valeur. Ce faisant, ils quittent la sphère de l'information pour celle de la propagande. Ils ont beau être anti-Trump jusqu'au bout des ongles, ils essayent encore de préserver les apparences.

Le Temps, lui, ne s'embarrasse plus de ces détails depuis longtemps...

Les égéries de la gauche

Quatre élues démocrates se sentirent donc indignées par ces tweets: Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). Trois d'entre elles ne correspondent même pas au portrait brossé par Trump puisqu'elles sont nées aux États-Unis, mais qu'importe, les médias se chargent de tous les raccourcis.

the_squad.jpg
Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley

Quand on se sent morveux on se mouche, dit l'adage. Pourquoi ces quatre femmes se sont senties visées?

Ayanna Pressley déclencha une polémique il y a quelques jours par une vision de la société uniquement basée sur l'appartenance raciale, religieuse ou sexuelle, soit l'exact opposé du melting pot américain: "nous n'avons pas besoin de visages basanés qui ne veulent pas être une voix basanée. Nous n’avons pas besoin de visages noirs qui ne veulent pas être une voix noire. Nous n'avons pas besoin de musulmans qui ne veulent pas être une voix musulmane. Nous n'avons pas besoin d'homos qui ne veulent pas être une voix homo. Si vous craignez d’être marginalisé et stéréotypé, ne vous présentez même pas, nous n'avons pas besoin de vous pour représenter cette voix." Pour Mme Pressley, quelqu'un est blanc ou noir avant d'être Américain.

Rashida Tlaib, qui grandit dans le paradis socialiste du Nicaragua, devint la première élue musulmane du Michigan. Ce qui n'est pas en soi un problème, si ce n'est qu'elle se fit remarquer dès son arrivée au Congrès par de nombreuses attaques antisémites. Elle traita également Trump de "fils de pute" dans sa première déclaration officielle, ce qui donne le niveau de finesse de la dame. Sur la carte du monde dans son bureau, elle recouvrit Israël avec un Post-It sur lequel il était marqué "Palestine". Elle soutient l'organisation de promotion de l'islam CAIR, proche des Frères Musulmans. Bref, elle affiche clairement son allégeance:

drapeau_palestinien.jpg
(Bon, techniquement ce n'est pas l'allégeance à un autre pays puisque la Palestine n'en est pas un.)

Ilhan Omar est née en Somalie et avoua en public son allégeance somalienne. Son statut civil est délicat: des rumeurs persistantes affirme qu'aurait pu être mariée à son propre frère pour s'installer aux États-Unis. Elle est en délicatesse avec le fisc américain pour de fausses déclarations fiscales. Politiquement, elle se fit remarquer par son indifférence à l'égard des attentats du 11 septembre 2001 (rien de plus pour elle que "des gens ont fait quelque chose") mais surjoua son émotion à l'évocation de l'opération de secours "Black Hawk Down" où des soldats américains virent libérer un des leurs dans un hélicoptère abattu dans une mission de maintien de la paix. Enfin, elle refuse toujours de condamner publiquement Al-Qaeda, ce qui permet à un internaute de résumer sa dernière interview en utilisant le mème du PNJ:

ip1h8v7lxoa31.jpg

- Tump est raciste en disant que je soutiens Al-Qaeda.
- Vous soutenez Al-Qaeda?
- ...

Alexandria Ocasio-Cortez est la plus souvent mise en avant par les médias, au point d'avoir son abréviation AOC. Issue d'une riche famille de New-York, elle travailla brièvement comme serveuse (permettant de donner corps à ses "humbles débuts" dans son récit personnel) avant d'embrasser la carrière politique. Depuis son élection, son radicalisme de gauche et ses délires utopiques montrent à quel point elle est coupée de la réalité. Ses sorties plongent régulièrement les responsables démocrates dans l'embarras. Elle réussit à faire fuir Amazon qui envisageait de s'installer à New York, perdant ainsi l'opportunité de créer 25'000 emplois, un exploit remarqué. Sans-frontiériste convaincue et imbue de son image, elle se fit aussi photographier dans une poignante séquence où elle pleure face à une clôture grillagée... Le tout étant en fait une mise en scène dans un parking vide.

aoc.jpg

Une belle brochette de championnes, comme on dit. Voilà les "étoiles montantes du parti démocrate" selon nos médias toujours aussi clairvoyants...

Le piège de Trump

Avec des rivales comme celles-ci, Trump pourrait dormir sur ses deux oreilles pour 2020. Leur bêtise et leur extrémisme font fuir les électeurs centristes et provoquent des remous jusque dans le camp démocrate.

Alors, pourquoi ne pas rajouter une bûche au feu?

C'est exactement ce que fit Trump en trois tweets dimanche dernier.

Depuis, la manœuvre - prévisible, prévue et même dénoncée - a réussi au-delà de toute espérance. Trump n'a que faire des accusations de racisme ; il est traité de raciste cent fois par semaine depuis qu'il est Président.

De leur côté, les stratèges démocrates sont on ne peut plus embarrassés par leurs "étoiles montantes". Nancy Pelosi essayait depuis plusieurs semaines de diminuer leur exposition médiatique dans l'espoir de restaurer un semblant de crédibilité au Parti Démocrate pour l'échéance de 2020 ; tout vient de voler en éclat. Les médias ne s'intéressent même plus aux candidats à l'investiture présidentielle. Seules comptent les réactions et les invectives des élues d'extrême-gauche. Pire encore, par réaction, les autres Démocrates ont été contraints de s'aligner avec elles pour prendre leur défense - augmentant encore l'alignement du parti avec ces extrémistes repoussantes pour qui n'est pas un militant d'extrême-gauche.

En poussant le Parti Démocrate dans les cordes de l'extrême-gauche comme il le fait, Trump s'assure que les Démocrates passent pour des fous et des illuminés sans la moindre crédibilité. Les glapissements hystériques d'AOC, la vulgarité antisémite de Rashida Tlaib, l'obsession raciale de Ayanna Pressley et la sympathie affichée d'Ilhan Omar pour les islamistes auront tôt fait de détourner les Américains modérés de se rendre aux urnes pour chasser "l'ignoble Trump" du pouvoir - lui sur lequel il n'y a plus grand-chose à ajouter tant les médias lui envoient quotidiennement du fumier depuis trois ans.

Le site parodique Babylon Bee résume ce qui semble être la stratégie gagnante de Trump:

ov3zaa7a9qa31.jpg
La Campagne Trump 2020 envisage de simplement diffuser des séquences de Démocrates prenant la parole

Mais la réalité dépasse la fiction. Pourquoi payer pour diffuser les pires délires démocrates lorsque les médias s'en chargent gratuitement?